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Joliba Capital : la méthode Hamada Touré pour transformer les PME en leaders régionaux

Il y a des investisseurs qui font du bruit. Et il y a ceux qui font du solide. Hamada Touré appartient à cette seconde famille : une finance sans effets de manche, centrée sur la discipline, l’exécution et le temps long. Dans l’univers du private equity africain, où l’enjeu n’est pas seulement de trouver du capital mais de bien l’absorber, il a construit un profil rare : une trajectoire internationale, puis un retour assumé sur l’Afrique francophone avec une thèse simple et exigeante, aider des PME à devenir des champions régionaux, en misant autant sur la gouvernance et la méthode que sur l’argent.

Depuis 2021, il co-pilote Joliba Capital, plateforme de capital-investissement dédiée à l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale francophones, conçue en partenariat avec LBO France.

Une école de rigueur : Dauphine, là où la finance devient méthode

Derrière cette trajectoire, il y a une formation qui éclaire la solidité de son raisonnement. Hamada Touré est diplômé de l’Université Paris Dauphine-PSL, Master Finance – Audit and Financial Advisory (1999–2002). À Dauphine, on apprend à penser comme un investisseur avant même de devenir investisseur : modéliser, argumenter, structurer, tester les hypothèses jusqu’à ce qu’elles tiennent. Dans le private equity, où une décision doit résister aux cycles et survivre au temps, cette capacité à marier rigueur analytique et intuition maîtrisée devient un avantage décisif.

L’école de la preuve : audit, due diligence et discipline des détails

Le premier temps fort de sa trajectoire, c’est l’apprentissage de la preuve. Dans l’audit et la due diligence, on ne “sent” pas une entreprise : on la lit, on la teste, on vérifie. C’est là que se forgent des réflexes clés du private equity : repérer les signaux faibles, comprendre les zones grises, distinguer une performance structurelle d’un pic conjoncturel. Cette étape ancre une conviction qui reviendra souvent : sur des marchés où l’information est parfois asymétrique, la qualité de la décision dépend de la qualité de la vérification.

Dubaï, puis l’international : quand la finance devient pilotage

Ensuite vient un environnement international plus opérationnel. Dans une grande entreprise, la finance n’est plus seulement une fonction de contrôle, elle devient une fonction de pilotage : lecture des cycles, arbitrages, gestion des priorités, discipline de performance. C’est le moment où l’on apprend que la stratégie se juge au quotidien, dans la capacité à tenir une trajectoire malgré les contraintes.

Cette exposition à des standards internationaux compte particulièrement pour l’Afrique : elle crée un “réflexe de système” process, reporting, indicateurs, gouvernance qui fait souvent défaut quand une PME croît trop vite.

Le basculement vers l’investissement : décider, structurer, accompagner

Dans la partie investissement de son parcours, l’enjeu change. Il ne s’agit plus seulement de comprendre une entreprise. Il faut décider d’entrer au capital, structurer une opération, puis accompagner la transformation. C’est là que se cristallise une conviction : en Afrique, la création de valeur se joue moins dans le “coup” que dans l’exécution. Les meilleurs deals ne sont pas ceux qui brillent en comité, ce sont ceux qui tiennent dans la durée : cash sécurisé, gouvernance renforcée, chaîne de valeur fiabilisée, management outillé.

Amethis : l’apprentissage institutionnel du private equity africain

Une autre étape structurante de sa trajectoire passe par une plateforme majeure du private equity africain. Dans un univers institutionnel, les standards sont non négociables : gouvernance, conformité, suivi, ESG, discipline de portefeuille. On n’investit pas “une fois” : on gère, on arbitre, on améliore. C’est souvent là qu’un investisseur devient réellement un bâtisseur.

Cette séquence institutionnelle donne au profil Touré sa tonalité “patiente” : la transformation d’une entreprise ne se décrète pas, elle s’organise. Et, dans le private equity, la vérité d’un investissement se mesure surtout après la signature, quand commence le travail invisible.

Joliba Capital : une thèse très lisible, un terrain très francophone

Janvier 2021 marque un tournant : la création et la mise en mouvement de Joliba Capital, plateforme de private equity pensée pour l’Afrique francophone, avec une présence ancrée à Abidjan et une ambition régionale.

Le fonds se construit en partenariat avec LBO France, ce qui installe un cadre clair : ancrage local, standards internationaux, et capacité à mobiliser une ingénierie de création de valeur éprouvée.
Joliba cible explicitement les pays francophones de l’UEMOA et de la CEMAC, avec l’objectif de transformer des PME locales en champions régionaux.

Et la plateforme a rapidement matérialisé cette ambition : le premier closing de Joliba Capital Fund I a été annoncé à 55 millions d’euros, avec des investisseurs de référence dont Proparco, IFC et FMO, aux côtés de LBO France.

La méthode comme boussole : investir, structurer, durer

Ce qui se dégage du parcours de Hamada Touré, c’est une signature nette : une préférence assumée pour la méthode, une confiance profonde dans la gouvernance, et une vision très concrète de la création de valeur. De Paris à Dubaï, de Lagos aux standards institutionnels du private equity, puis à la co-construction d’un fonds dédié aux PME africaines, son itinéraire raconte une même conviction : les fondamentaux comptent, l’exécution tranche, et la transformation se gagne dans la durée, pas dans l’effet d’annonce.

Dans un écosystème africain où l’on recherche de plus en plus des capitaux “intelligents”, capables d’apporter autant de discipline que de financement, ce type de profil devient stratégique. Dans cette logique, Joliba Capital n’est pas seulement un véhicule d’investissement : c’est une thèse, une méthode et une promesse claire, celle d’aider les entreprises du quotidien à franchir un cap pour devenir des références régionales.

Patrick Tchounjo

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