Standard Chartered et l’IFC injectent 300 millions $ dans le commerce africain

Un nouveau levier pour le commerce africain
Standard Chartered et l’International Finance Corporation, IFC, renforcent leur offensive sur le financement du commerce en Afrique. Les deux institutions ont annoncé, mercredi, le lancement d’une facilité de partage de risques de 300 millions de dollars, destinée à soutenir les chaînes d’approvisionnement et la croissance des entreprises sur le continent.
L’opération vise un enjeu central pour les économies africaines : améliorer l’accès au financement des fournisseurs, accélérer les paiements et fluidifier les transactions dans des secteurs essentiels.
Huit marchés ciblés sur le continent
La facilité couvrira jusqu’à 300 millions de dollars d’actifs de financement du commerce et des chaînes d’approvisionnement originés par Standard Chartered dans la région. L’objectif est de garantir des paiements plus rapides aux fournisseurs et de renforcer leur capacité à maintenir leurs opérations.
Le programme sera déployé dans huit marchés africains : Côte d’Ivoire, Égypte, Ghana, Kenya, Nigeria, Afrique du Sud, Tanzanie et Zambie. Il ciblera notamment l’agriculture, la santé et l’industrie manufacturière, trois secteurs où les besoins de trésorerie et de financement opérationnel restent déterminants.
Une garantie IFC jusqu’à 150 millions $
Dans le cadre de cet accord, l’IFC fournira des garanties pouvant atteindre 150 millions de dollars afin de soutenir des transactions en dollars américains et dans certaines devises locales. Ce mécanisme permet de partager le risque, tout en donnant à Standard Chartered une capacité accrue pour financer les entreprises et leurs fournisseurs.
À travers cette structure, le financement des chaînes d’approvisionnement devient un outil direct de soutien à l’économie réelle : il ne s’agit pas seulement de financer des transactions, mais de réduire les délais, stabiliser les flux et donner de l’oxygène aux entreprises engagées dans les échanges.
1,9 milliard $ de transactions attendues
Sur les trois prochaines années, le partenariat devrait permettre de réaliser environ 1,9 milliard de dollars de transactions de financement de la chaîne d’approvisionnement. Plus de 500 fournisseurs devraient être soutenus à travers ce dispositif.
Cette initiative intervient dans un contexte où les entreprises africaines restent confrontées à des contraintes de liquidité, à des délais de paiement élevés et à un accès encore limité aux instruments modernes de financement du commerce.
Une dynamique plus large du financement du commerce
Ce nouvel accord s’inscrit dans une stratégie plus large de l’IFC visant à élargir les mécanismes de partage de risques sur les marchés émergents. En décembre 2024, l’institution avait déjà lancé avec HSBC un programme de 1 milliard de dollars dédié au financement du commerce extérieur, couvrant l’Afrique, l’Asie, l’Amérique latine et le Moyen-Orient
Patrick Tchounjo



