Finance islamique : Addis-Abeba accueille le 6e Forum africain en juillet 2026

AlHuda Centre of Islamic Banking and Economics organise le 22 juillet 2026, à Addis-Abeba, la 6e édition du Forum sur la banque islamique et l’assurance takaful. Placé sous le thème “Mettre l’expertise mondiale au service des marchés émergents de la finance islamique en Afrique”, l’événement s’inscrit dans une dynamique de montée en puissance d’un segment financier encore sous-exploité sur le continent.
La finance islamique poursuit son avancée sur les marchés africains. Le 22 juillet 2026, Addis-Abeba accueillera la 6e édition du Forum sur la banque islamique et l’assurance takaful, organisée par AlHuda Centre of Islamic Banking and Economics, société émiratie spécialisée dans la recherche et le conseil en finance islamique.
Le choix du thème donne la tonalité de l’événement : « Mettre l’expertise mondiale au service des marchés émergents de la finance islamique en Afrique ». Derrière cette formulation, une ambition claire se dessine : connecter les savoir-faire internationaux aux besoins financiers d’un continent où l’inclusion, la diversification des produits et la mobilisation de capitaux alternatifs deviennent des priorités.
Un rendez-vous africain pour un marché en construction
La banque islamique et l’assurance takaful restent encore des segments en développement dans plusieurs pays africains. Pourtant, leur potentiel est significatif. Ils offrent des mécanismes financiers fondés sur le partage des risques, l’adossement à l’économie réelle et des principes de gouvernance compatibles avec une demande croissante pour des produits plus éthiques, plus inclusifs et mieux adaptés à certains profils de clientèle.
En réunissant acteurs financiers, experts, régulateurs, institutions et investisseurs, le forum d’Addis-Abeba veut contribuer à structurer cette dynamique. L’objectif n’est pas seulement de promouvoir la finance islamique, mais de l’inscrire dans les réalités des marchés africains.
La banque islamique, un levier de diversification financière
Pour les économies africaines, l’intérêt de la banque islamique tient d’abord à sa capacité à diversifier les sources de financement. Dans un environnement marqué par des besoins élevés en infrastructures, en financement des PME, en inclusion financière et en développement social, l’élargissement des instruments financiers devient stratégique.
Les produits de finance islamique peuvent répondre à des besoins variés : financement d’actifs, crédit aux entreprises, épargne, investissement, sukuk, microfinance islamique ou financement structuré. Leur développement peut permettre d’attirer de nouveaux investisseurs et de toucher des populations encore éloignées du système bancaire classique.
Le takaful, une réponse à la faible pénétration de l’assurance
L’assurance takaful constitue l’autre volet central du forum. Sur le continent, la pénétration de l’assurance reste faible dans de nombreux marchés, alors même que les besoins de protection augmentent.
Le takaful repose sur une logique mutualiste, dans laquelle les participants contribuent à un fonds commun destiné à couvrir les risques. Cette approche peut trouver un terrain favorable en Afrique, où les mécanismes communautaires de solidarité sont déjà profondément ancrés dans les pratiques sociales.
Pour les assureurs, le takaful représente une possibilité d’élargir leur base clientèle, de développer de nouveaux produits et de répondre à une demande spécifique en matière de protection conforme aux principes de la finance islamique.
Addis-Abeba, symbole d’une ambition continentale
Le choix d’Addis-Abeba n’est pas neutre. Capitale diplomatique africaine, siège de plusieurs institutions continentales, la ville offre une plateforme stratégique pour discuter de l’avenir de la finance islamique en Afrique.
En y organisant cette 6e édition, AlHuda CIBE positionne l’événement dans une logique continentale. Il ne s’agit pas uniquement de parler aux marchés déjà avancés, mais d’ouvrir la discussion aux économies émergentes où les cadres réglementaires, les produits et les modèles d’affaires sont encore en cours de structuration.
Un enjeu de réglementation, de confiance et d’expertise
Le développement de la finance islamique en Afrique dépendra de plusieurs conditions : des cadres réglementaires adaptés, des compétences techniques, une supervision crédible, une bonne compréhension des produits et une pédagogie auprès des clients.
C’est précisément là que l’expertise internationale peut jouer un rôle utile. Les marchés africains n’ont pas seulement besoin de produits nouveaux ; ils ont besoin de standards, de formation, de gouvernance et de capacités institutionnelles.
Le forum du 22 juillet 2026 pourrait ainsi servir de passerelle entre l’expérience accumulée dans les places financières plus matures et les besoins spécifiques des marchés africains en construction.
Un signal pour les banques, assureurs et régulateurs africains
La tenue de ce forum confirme que la finance islamique devient un sujet de plus en plus stratégique pour l’Afrique. Elle intéresse les banques, les compagnies d’assurance, les institutions de microfinance, les marchés de capitaux, les États et les régulateurs.
Dans un continent où les besoins de financement restent massifs et où l’accès aux services financiers demeure inégal, la banque islamique et le takaful peuvent devenir des instruments complémentaires de croissance, d’inclusion et de résilience.
Patrick Tchounjo



