Marchés & Financements

Côte d’Ivoire : la BOAD injecte 146,7 milliards FCFA dans les projets qui comptent

Parfois, un financement dit bien plus qu’un montant. Il raconte une priorité, une méthode, une ambition. En Côte d’Ivoire, la nouvelle vague d’engagements validée par la BOAD lors de sa 150e session ordinaire, tenue les 25 et 26 mars 2026 à Dakar sous la présidence de Serge Ekué, appartient à cette catégorie. L’institution a approuvé 17 nouvelles opérations pour 501,57 milliards FCFA, portant le cumul de ses financements à 10 387,2 milliards FCFA depuis le démarrage de ses activités en 1976.

Dans cet ensemble, la Côte d’Ivoire capte 146,7 milliards FCFA, selon les éléments que vous avez fournis. Et ce chiffre n’a rien d’anodin. Il montre que le pays reste l’un des terrains majeurs de déploiement de la banque sous-régionale, avec une logique claire : financer des actifs concrets, visibles, capables d’avoir un effet direct sur la vie économique.

Le premier signal fort vient du logement social. La BOAD accompagne la phase 4 du programme de construction de 840 logements sociaux et économiques à Bouaké, pour 42 milliards FCFA, dans la continuité de son soutien récurrent à l’habitat abordable en Côte d’Ivoire. La banque avait déjà financé des programmes de logements sociaux à Bouaké et Yamoussoukro, preuve que ce sujet reste structurant dans sa lecture du développement ivoirien.

Deuxième levier, plus stratégique encore : le transport aérien et l’industrie de maintenance. Avec 35 milliards FCFA annoncés pour la mise en place d’un centre de maintenance aéronautique (MRO) à Abidjan par Air Côte d’Ivoire, l’enjeu dépasse la seule compagnie nationale. Il s’agit de réduire les coûts de maintenance, de renforcer l’autonomie technique locale et de positionner Abidjan comme un hub régional pour l’entretien aéronautique en Afrique de l’Ouest et du Centre. L’existence du projet MRO est déjà documentée par la BOAD, ce qui confirme la portée structurante de cette infrastructure.

Troisième axe : la route Yabayo-Buyo, financée à hauteur de 30 milliards FCFA. Là encore, le message est clair. Désenclaver les zones agricoles, fluidifier les corridors économiques et améliorer la sécurité routière, ce n’est pas seulement construire une route. C’est reconnecter des bassins de production à la croissance nationale. La BOAD relie explicitement ce projet au désenclavement et à l’amélioration de la sécurité routière, tandis que les autorités locales rappellent depuis longtemps le poids de l’enclavement sur cet axe stratégique.

Ce que révèle au fond cette séquence, c’est la nature du pari ivoirien : miser sur des projets qui structurent durablement l’économie, plutôt que sur des financements dispersés. Habitat, mobilité, logistique, connectivité territoriale : la BOAD et la Côte d’Ivoire semblent parler le même langage, celui des investissements qui changent l’échelle d’un pays.

Et dans une Afrique de l’Ouest où la compétition se joue de plus en plus sur la qualité des infrastructures et la capacité à exécuter vite, 146,7 milliards FCFA ne représentent pas seulement une enveloppe. Ils ressemblent déjà à une accélération.

Patrick Tchounjo

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page