De Citibank à MANSA Bank, le parcours d’un bâtisseur de finance africaine

Un banquier de terrain, pas un banquier de vitrine
Dans la banque ouest africaine, il y a les dirigeants qui gèrent. Et il y a ceux qui transforment. El Hassana KABA appartient à cette deuxième famille, celle des profils capables de passer d’une carrière internationale à une mission de redressement, puis de convertir cette expérience en construction d’un outil financier africain.
Son fil rouge est clair : rigueur, exécution, puis projection. Et c’est ce qui rend son parcours naturellement “viral” dans la sphère financière, parce qu’il parle de rsultats, pas de slogans.
Formation, une trajectoire académique pensée pour la performance
El Hassana KABA est présenté comme diplômé d’Oxford, avec un ancrage également à Paris Dauphine et à l’Université d’Abidjan.
Sa formation est enrichie par un Master en Management des Entreprises à l’Université Paris IX Dauphine, un Master en Management et une Licence en Économie d’Entreprise à l’Université d’Abidjan, ainsi qu’un certificat « Creating Shared Value » de la Harvard Business School, qui renforce une lecture moderne de la création de valeur, entre performance et impact.
Citibank, l’école de la discipline et du corporate
Sa carrière débute en 1997 chez Citibank, au poste d’auditeur interne. Un an plus tard, il est promu Relationship Manager Corporate Banking. Son rôle est clair : conseiller et accompagner les entreprises clientes sur les différents produits et services de la banque.
Cette séquence installe deux réflexes rares. Le réflexe de contrôle, hérité de l’audit interne, qui apprend à lire la banque par ses risques et ses points de rupture. Et le réflexe de solution, hérité du corporate banking, qui met le banquier au contact direct des besoins réels des entreprises.
Standard Chartered, la rampe d’accélération internationale
En janvier 2004, il rejoint Standard Chartered Bank au poste de Senior Relationship Manager. Un an plus tard, il est promu Director, Head of Sales, avant de s’installer à Douala au Cameroun. Nommé Director, Head of Origination and Client Coverage, il est affecté à court terme à Standard Chartered Bank Nigeria en janvier 2010 puis, en mars 2010, à Standard Chartered Bank Shanghai en Chine, au rang de Director Metal & Mining.
Cette partie de parcours raconte une chose simple : la montée en responsabilité sur des dossiers lourds, où les cycles, la volatilité et la structuration financière demandent une vraie maîtrise technique.
Le tournant qui forge une réputation
En mai 2010, il arrive à Dakar comme Directeur général de Banque Atlantique Sénégal avec une mission réputée difficile : remettre l’institution sur les rails après une période de pertes successives. Le résultat, relayé par plusieurs sources, est spectaculaire : en cinq ans, le total bilan passe de 36 milliards FCFA à 300 milliards FCFA.
Mais la séquence qui a le plus marqué les observateurs est ailleurs.
Expertise financière, le deal qui résume un style
Avant l’aventure entrepreneuriale, El Hassana KABA s’illustre par la structuration et la levée en 45 jours d’un financement de 250 milliards FCFA au profit de l’État du Sénégal, présentée comme l’une des transactions majeures du marché dakarois.
Ce type d’opération raconte une compétence rare : savoir structurer vite, sécuriser les partenaires, aligner les intérêts, et livrer sous contrainte de temps.
Distinctions, une reconnaissance publique de la trajectoire
En septembre 2023, il reçoit le Prix National de l’Excellence en Côte d’Ivoire, distinction qui consacre son parcours, notamment dans la catégorie Champion National selon les communications liées à la cérémonie.
Dans la perception du marché, cette récompense agit comme un sceau : ce n’est plus seulement un dirigeant performant, c’est un profil officiellement “référencé”.

MANSA Financial Group, puis MANSA Bank, la bascule entrepreneuriale
En août 2015, il cofonde le Groupe Financier MANSA, avant de devenir founder et CEO de MANSA Bank (qu’il a fondé en 2018 avec un capital entièrement détenu par des investisseurs de l‘UEMOA). La banque, inspirée par la figure historique de Mansa Musa, se structure comme une institution régulée et capitalisée. Des sources sectorielles rappellent un capital de 15 707 650 000 FCFA et une autorisation d’exercer en tant que banque depuis le 07 février 2019, avec un démarrage effectif des activités en janvier 2020.
Positionnement affiché : financer à forte valeur ajoutée, avec une lecture très “économie réelle”, tout en portant une ambition d’inclusion financière soutenue par le digital.
MANSA Capital, l’extension vers l’intermédiation et le courtage
En novembre 2025, il étend ses activités en lançant MANSA Capital, une structure dédiée à l’intermédiation financière et au courtage. Cette montée en gamme se matérialise ensuite sur le plan réglementaire : début 2026, MANSA Capital est agréée en qualité de Société de Gestion et d’Intermédiation sur le marché financier régional de l’UMOA, marquant son entrée officielle dans l’intermédiation boursière.
La lecture est simple : après la banque commerciale, le groupe ajoute un bras “marchés”, pour capter l’épargne, structurer des opérations, accompagner des levées et élargir les canaux de financement des entreprises.
Son impact dans la finance ouest africaine, une méthode qui bouscule les habitudes
Le parcours d’El Hassana KABA est impactant pour une raison : il met la performance au centre, puis la transforme en plateforme.
D’abord une légitimité par les résultats, avec le redressement de Dakar et la capacité à structurer très vite une opération souveraine majeure.
Ensuite une logique d’écosystème, avec MANSA Bank, puis MANSA Capital, qui étend le champ d’action du groupe à la fois sur le crédit et sur les marchés.
Dans un espace UEMOA où le financement reste souvent concentré, cette stratégie porte une promesse : multiplier les voies de mobilisation des capitaux, et rendre le financement plus fluide pour les projets et les entreprises.
Le style KABA en une phrase
El Hassana KABA incarne un profil de banquier bâtisseur : il a prouvé sa capacité à redresser, à structurer vite, puis à construire une architecture financière africaine qui ambitionne de financer plus large, plus sophistiqué, et plus durablement.
Patrick Tchounjo



