Marchés & Financements

La Guinée-Bissau lève 15 milliards de FCFA sur le marché de l’UMOA et séduit massivement les investisseurs

La Guinée-Bissau continue de trouver preneur sur le marché régional. À l’issue d’une adjudication organisée sur le marché des titres publics de l’UMOA, l’État bissau-guinéen a levé 15 milliards de FCFA dans le cadre d’une émission simultanée de bons assimilables du Trésor et d’obligations assimilables du Trésor. L’opération, structurée sur des maturités de 12 mois et 3 ans, portait précisément sur un montant mis en adjudication de 15 milliards de FCFA.

Ce qui frappe, dans cette opération, ce n’est pas seulement le montant levé. C’est surtout le niveau d’intérêt qu’elle a suscité. Selon le compte-rendu publié lundi par Umoa-Titres, les soumissions globales ont atteint 51,203 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 341,35 %, traduisant un appétit marqué des investisseurs pour la signature souveraine bissau-guinéenne.

Dans le détail, l’émission combinait des BAT à 358 jours et des OAT à 3 ans, une structure cohérente avec les caractéristiques de l’opération publiées par Umoa-Titres pour l’émission du 16 mars 2026. Le site de l’institution régionale confirme en effet un montage simultané portant sur un BAT de 12 mois et une OAT de 36 mois, avec une date d’opération fixée au 16 mars 2026.

Toujours selon le compte-rendu relayé, sur les 51,203 milliards de FCFA proposés par le marché, les autorités ont retenu 15 milliards de FCFA, soit un taux d’absorption de 29,30 %. Les BAT à 358 jours auraient enregistré 10,789 milliards de FCFA de soumissions, dont 4,976 milliards retenus, avec un rendement moyen pondéré de 6,71 %. Les OAT à trois ans, elles, auraient attiré 40,414 milliards de FCFA de demandes, pour 10,024 milliards acceptés, avec un rendement moyen pondéré de 8,69 %.

Au-delà des chiffres, cette levée raconte quelque chose de plus profond : la capacité croissante de la Guinée-Bissau à mobiliser l’épargne régionale. La participation d’investisseurs venus de plusieurs pays de l’Union, notamment du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Togo, illustre la solidité du marché régional des titres publics comme espace de financement partagé.

Pour Bissau, le message est clair : malgré un environnement budgétaire souvent exigeant, le marché continue de répondre présent. Et dans l’espace UMOA, cette confiance est loin d’être anodine. Elle montre qu’au-delà des besoins immédiats de trésorerie, les États qui savent structurer leurs émissions peuvent encore capter efficacement des ressources régionales.

Au fond, cette opération envoie un signal puissant : la Guinée-Bissau ne vient plus seulement chercher des fonds sur le marché de l’UMOA, elle y consolide progressivement sa crédibilité.

Patrick Tchounjo

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page