UMOA-Titres : le Sénégal lève 154 milliards FCFA, la signature Dakar reste très recherchée

Le marché régional a parlé. Et il l’a fait sans ambiguïté.
Le 16 janvier 2026, le Trésor sénégalais est venu chercher 140 milliards FCFA sur le marché des titres publics de l’UMOA. Il est reparti avec 154 milliards FCFA, au terme d’une adjudication où les investisseurs ont proposé 169,68 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 121,2%. Dakar n’a pas tout pris : le Trésor a retenu 154 milliards, ce qui correspond à un taux d’absorption de 90,76% un choix qui dit une chose : le Sénégal veut des fonds, mais pas à n’importe quel prix.
Derrière ce succès, il y a un signal plus profond que les chiffres : quand plusieurs souverains de la zone subissent une pression sur les taux, la signature sénégalaise continue d’attirer, et elle le fait sur plusieurs maturités.
Trois maturités, un message : le court terme domine, mais le long terme reste prenable
L’opération a combiné un BAT 364 jours et deux OAT à 3 ans et 5 ans. Le marché a clairement privilégié le court terme, reflet d’un environnement où la liquidité reste une obsession pour beaucoup d’investisseurs, mais sans fermer la porte au moyen terme.
Le BAT 364 jours concentre la plus grande part des montants levés (71,45 milliards FCFA) avec un rendement moyen pondéré de 6,96%. Les OAT 3 ans ont mobilisé 65,89 milliards FCFA à 7,28%, tandis que les OAT 5 ans ont levé 16,65 milliards FCFA à 7,69%.
Une courbe cohérente, des niveaux lisibles : le Sénégal se finance plus cher qu’il y a quelques années, mais sans rupture de confiance et c’est exactement ce que recherchent les investisseurs sur un marché régional où les écarts de perception entre signatures se creusent.
Une demande portée par le domestique : la confiance se fabrique aussi “à la maison”
Autre fait marquant : l’opération confirme le rôle central de la base locale. Les investisseurs sénégalais ont apporté 118,41 milliards FCFA, soit 76,88% du montant retenu. Cette dominance domestique est un indicateur double : profondeur croissante du marché national, mais aussi dépendance car, sur les dettes locales, la stabilité tient souvent à la capacité des acteurs nationaux à absorber les émissions
Patrick Tchounjo