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Banques africaines : la course aux talents IT et digitaux s’intensifie

Dans les couloirs feutrés des grandes banques africaines, le profil le plus recherché n’est plus forcément l’analyste crédit ou le directeur d’agence. Aujourd’hui, ce sont les ingénieurs IT, experts cybersécurité et développeurs d’applications bancaires qui attisent toutes les convoitises.


Une digitalisation accélérée du secteur

De la Côte d’Ivoire au Cameroun, en passant par le Sénégal et le Maroc, la digitalisation des services financiers est devenue un levier stratégique de compétitivité. Applications mobiles, wallets numériques, plateformes de paiement instantané, open banking : autant d’innovations qui reposent sur des compétences techniques pointues.

Les banques traditionnelles, longtemps dominantes, se retrouvent en concurrence directe avec les fintechs et les géants du mobile money. Résultat : une véritable guerre des talents s’installe sur le continent.


Les métiers les plus prisés

Selon des cabinets de recrutement spécialisés, les postes les plus demandés dans l’IT bancaire incluent :

  • Spécialistes Core Banking Systems (Temenos, Flexcube, Sopra Banking) ;
  • Ingénieurs cybersécurité pour contrer la montée des fraudes numériques ;
  • Développeurs web et mobile dédiés au digital banking ;
  • Data scientists et data analysts, capables de transformer les données en valeur business ;
  • Product owners pour piloter les nouveaux services digitaux.

« Le marché africain connaît une mutation accélérée : une banque sans stratégie digitale est une banque condamnée », souligne un consultant en stratégie basé à Casablanca.


Cybersécurité : priorité absolue

La cybercriminalité financière figure parmi les premières préoccupations des directions générales. Attaques par ransomware, fraudes aux paiements, vols de données : les pertes se chiffrent déjà en centaines de millions de dollars chaque année.
Les banques renforcent donc leurs Security Operations Centers (SOC) et recrutent à tour de bras des experts en sécurité informatique, souvent rares et chers sur le marché africain.


Un défi continental : retenir les talents

Si la demande explose, l’offre reste limitée. De nombreux jeunes diplômés africains formés à la cybersécurité, au cloud ou au développement choisissent de s’expatrier vers l’Europe ou l’Amérique du Nord, attirés par des rémunérations plus attractives.

Pour contrer cette fuite des cerveaux, certaines banques misent sur :

  • des programmes de formation interne ;
  • des partenariats avec les universités locales ;
  • une meilleure politique de rémunération et de carrière.

Conclusion : un enjeu de souveraineté numérique

La montée en puissance des talents IT bancaires ne relève pas seulement de la transformation digitale : c’est aussi un enjeu de souveraineté numérique et financière. Dans un continent où l’inclusion financière repose de plus en plus sur le digital, la maîtrise de ces compétences devient un facteur clé pour l’avenir du secteur bancaire africain.
Patrick Tchounjo

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