Banques africaines : la bataille pour la crédibilité et la compétitivité

Dans les capitales financières d’Afrique — de Dakar à Abidjan, de Douala à Lagos — une question cruciale traverse les conseils d’administration : comment maintenir la crédibilité et assurer la compétitivité face à des marchés en pleine recomposition ?
La confiance comme monnaie d’échange
Les régulateurs, de la BCEAO à la COBAC, renforcent la pression sur les établissements bancaires. Ils exigent plus de transparence, des mécanismes de contrôle renforcés et une conformité stricte aux normes internationales. Dans ce climat, la confiance devient la véritable monnaie d’échange. Sans elle, impossible d’attirer les investisseurs institutionnels ou de lever des fonds sur les marchés internationaux.
La compétitivité sous pression
Les fintechs et néobanques grignotent des parts de marché grâce à leur agilité et leur offre digitale. Les banques traditionnelles, souvent perçues comme lourdes et bureaucratiques, doivent accélérer leur transformation. La compétitivité ne se joue plus seulement sur les taux d’intérêt ou les frais de gestion, mais sur la capacité d’innovation, la cybersécurité, la qualité des données et la rapidité d’exécution.
L’équilibre fragile des banques africaines
Les analystes avertissent : les établissements qui échouent à moderniser leurs mécanismes d’audit, de contrôle et de gouvernance risquent d’être marginalisés. À l’inverse, ceux qui alignent rigueur réglementaire et innovation technologique pourraient devenir des champions régionaux. Dans un continent où l’accès au financement reste un levier majeur de croissance, la crédibilité et la compétitivité ne sont plus des choix stratégiques mais une condition de survie.
Patrick Tchounjo



