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vers la création de hubs financiers pour stimuler l’investissement en infrastructures

Alors que les besoins en infrastructures dépassent les 130 milliards de dollars par an en Afrique, les capitales ouest-africaines accélèrent la réflexion autour de nouveaux hubs financiers régionaux, capables de canaliser l’épargne locale vers les projets structurants.

Objectif : renforcer l’écosystème de financement de long terme, en s’appuyant sur des outils de marché innovants et des mécanismes de mutualisation régionale.

L’enjeu : transformer l’épargne dormante en capital utile

Malgré une croissance soutenue de la bancarisation, près de 80 % de l’épargne africaine reste à court terme ou hors circuit formel. Pour les États comme pour les banques, cela limite drastiquement la capacité à financer routes, ponts, hôpitaux ou réseaux énergétiques.

Solution envisagée : créer des hubs financiers interconnectés entre Abidjan, Lagos, Lomé, Dakar ou Accra, capables de :

  • fluidifier les investissements croisés,
  • renforcer les marchés de capitaux domestiques,
  • et structurer des instruments d’épargne longue dédiés aux infrastructures.

Abidjan, Lomé, Lagos : les capitales en tête de pont

  • Abidjan : en lien avec la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), la Côte d’Ivoire envisage un marché secondaire pour les green bonds et les obligations de développement régional.
  • Lagos : déjà pôle financier majeur, la capitale économique nigériane prépare des réformes fiscales pour attirer les investisseurs institutionnels vers les infrastructures vertes.
  • Lomé : le gouvernement togolais, appuyé par des partenaires multilatéraux, étudie la création d’un fonds souverain panafricain dédié aux infrastructures stratégiques.

Trois leviers stratégiques en cours de structuration

1. Green bonds africains

Des obligations vertes libellées en CFA ou en naira, adossées à des projets durables (énergie solaire, transport propre, gestion des déchets), pour attirer à la fois :

  • les investisseurs institutionnels locaux (caisses de retraite, assurances),
  • les partenaires internationaux sensibles à la finance verte.

2. Fonds régionaux d’investissement en infrastructures

Inspirés des modèles asiatiques, ces fonds mutualisés viseraient à :

  • cofinancer des projets transfrontaliers (autoroutes, corridors logistiques),
  • mutualiser le risque entre États,
  • et garantir un rendement stable aux souscripteurs.

3. Renforcement des marchés de capitaux domestiques

  • Révision des réglementations boursières,
  • Incitations fiscales à l’épargne longue,
  • Création de plateformes numériques pour l’émission et la gestion d’obligations.

Vers une souveraineté financière régionale

Pour les pays de l’UEMOA et de la CEDEAO, cette stratégie vise à réduire la dépendance aux bailleurs étrangers et à développer une capacité d’autofinancement régional.

« Sans marché de capitaux solide, il n’y a pas d’indépendance économique possible. Il faut canaliser l’épargne africaine vers les projets africains », estime un haut responsable de la BRVM.

Mots-clés optimisés

  • hubs financiers Afrique de l’Ouest
  • financement infrastructures Afrique
  • green bonds Afrique francophone
  • BRVM obligations vertes
  • marchés de capitaux Afrique
  • fonds souverains ouest-africains
  • Lagos financial hub
  • Abidjan financement infrastructure

Une dynamique à institutionnaliser

La mise en place de hubs financiers ouest-africains ne sera pas un processus spontané. Elle nécessite :

  • une harmonisation des régulations financières,
  • un engagement des banques centrales,
  • et une coopération politique forte entre les États.

Mais le potentiel est immense : transformer l’Afrique de l’Ouest en espace intégré d’investissement structurant, où les ressources africaines financent les besoins africains.

Patrick Tchounjo

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