Assurances

FANAF 2026 : Ascoma et l’ESA Paris scellent un partenariat stratégique pour former l’élite de l’assurance

Dans l’assurance africaine, la bataille ne se joue plus seulement sur les produits. Elle se joue sur le niveau d’expertise. Gouvernance, conformité, pricing, gestion des sinistres, data, distribution, risques climatiques… Le marché devient plus technique, plus surveillé, plus exigeant. Et c’est précisément sur ce terrain que Cheddid Capital, détenteur du courtier Ascoma, vient de poser un marqueur stratégique en officialisant un partenariat avec l’École supérieure d’assurances (ESA) de Paris, le 10 février 2026, en marge de la 50e assemblée générale de la FANAF.

Le symbole est fort : au moment où le secteur se rassemble autour du thème « Bâtir le futur de l’assurance », la réponse choisie n’est pas un slogan, mais un levier dur : former.

« Bâtir le futur de l’assurance » : et si la clé, c’était le capital humain ?

Le message du partenariat est direct : structurer une offre de formation d’excellence dédiée aux cadres supérieurs, capable de répondre aux exigences croissantes de gouvernance et de technicité du marché africain. Dans un secteur où la confiance est un actif, l’expertise devient la meilleure garantie.

Cette alliance n’arrive pas par hasard. Elle s’inscrit dans une logique de transformation : faire monter en puissance les compétences locales, consolider les standards, et construire une profondeur managériale qui permette aux acteurs africains de rivaliser sans complexe.

Ascoma : 22 pays, 850 collaborateurs… et une nécessité de “muscler” l’expertise

Pour Ascoma, premier réseau indépendant de courtage en Afrique subsaharienne, l’accord n’est pas cosmétique. C’est un levier de croissance interne. Avec 850 collaborateurs dans 22 pays, le groupe, représenté par son directeur général Mohamed Khalife, mise sur la montée en compétences comme pilier de performance.

L’enjeu est simple : dans un marché où les clients deviennent plus sophistiqués et les risques plus complexes, l’avantage concurrentiel ne se limite pas à la présence géographique. Il repose sur la capacité à produire du conseil de haut niveau, à structurer des solutions sur mesure, à comprendre les standards internationaux… tout en restant ancré dans les réalités africaines.

En intégrant les parcours pédagogiques de l’ESA Paris, Ascoma cherche donc à sécuriser un double objectif : pérenniser son avantage et garantir une expertise locale de niveau international.

ESA Paris : une alliance pensée pour durer, pas pour communiquer

Du côté de l’ESA Paris, la portée est assumée. Par la voix de Sophie Tardy, directrice de la formation à distance, l’école présente cette collaboration comme un chantier de long terme. Ici, l’idée dépasse la transmission de savoirs : il s’agit d’une fusion d’expertises visant à consolider le rôle de l’assurance comme moteur de résilience économique et sociale.

Dit autrement : former, c’est aussi transformer la manière dont les entreprises et les ménages se protègent, investissent, se relèvent après un choc. Et sur un continent où les risques évoluent vite, l’architecture de la protection dépend directement de la qualité des compétences.

L’État ivoirien y voit un outil d’insertion… et de compétitivité

Autre dimension révélatrice : la lecture politique de ce partenariat. Le ministre ivoirien de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Mamadou Touré, y voit une parfaite adéquation avec la vision gouvernementale pour 2026, placée sous le signe de l’insertion professionnelle.

Dans sa logique, le raisonnement est clair : l’assurance sécurise l’investissement, protège les actifs, réduit l’incertitude donc elle soutient la transformation structurelle de l’économie. Et si le secteur se professionnalise, il devient aussi un vecteur d’employabilité, de mobilité sociale et de compétitivité nationale.

Ainsi, ce programme de formation est présenté comme une réponse concrète au défi de l’emploi des jeunes et au besoin d’un tissu économique plus robuste.

Pourquoi ce partenariat est un “signal marché”

Ce que révèle cet accord, c’est une réalité que le secteur connaît mais n’énonce pas toujours : la croissance de l’assurance en Afrique dépend moins de la multiplication des agences que de la montée en gamme des compétences. Car le marché bascule vers des problématiques qui exigent du niveau : gouvernance, technicité, digital, nouveaux risques, conformité, expérience client.

Dans ce contexte, Cheddid Capital et ESA Paris posent une ligne : l’excellence ne sera pas importée, elle sera construite par la formation.

Signé le 10 février 2026 en marge de la 50e AG de la FANAF, le partenariat entre Cheddid Capital (Ascoma) et l’ESA Paris marque une inflexion stratégique : faire de la formation un levier de transformation du marché africain de l’assurance. Pour Ascoma, c’est une arme de compétitivité à l’échelle de ses 22 pays. Pour l’ESA, c’est une alliance structurante sur le long terme. Et pour les États, c’est un outil d’insertion professionnelle et de montée en puissance économique. Dans l’assurance africaine, le futur pourrait bien se jouer… sur les bancs de l’excellence

Patrick Tchounjo

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