Djogana Pay lance Peya Pay Express, le service financier qui vient au client

Djogana Pay veut rapprocher les services financiers des usages réels des populations. Avec Peya Pay Express, l’établissement de monnaie électronique agréé par la BCEAO poursuit son offensive dans le paiement digital en Côte d’Ivoire, avec une promesse simple : rendre les opérations financières plus accessibles, plus rapides et plus proches des clients, notamment ceux qui restent encore éloignés des circuits bancaires classiques.
La finance digitale ivoirienne entre dans une nouvelle phase. Après avoir obtenu son agrément de la BCEAO en qualité d’établissement de monnaie électronique, sous l’identifiant EME.CI.025/2025, Djogana Pay avance désormais sur un terrain décisif : la proximité. L’entreprise, présentée comme le quatrième établissement de monnaie électronique en Côte d’Ivoire, a lancé son portefeuille électronique Peya Pay, une solution pensée pour répondre aux besoins du quotidien des commerçants, artisans, transporteurs, agriculteurs, salariés urbains et acteurs de l’économie réelle.
Avec Peya Pay Express, la fintech franchit une étape supplémentaire. Le service repose sur une idée forte : ne plus attendre que le client se déplace vers un point de service, mais amener le service financier vers lui. Dans un marché où les paiements mobiles progressent rapidement, cette approche peut devenir un avantage concurrentiel majeur.
Un service conçu pour les réalités du terrain
La promesse de Peya Pay Express est directe : rapprocher les opérations financières des clients. Dans les marchés, les quartiers, les zones périurbaines ou les localités moins bien couvertes par les réseaux bancaires traditionnels, le besoin reste le même : envoyer de l’argent, recevoir des fonds, effectuer des paiements, régler des services et accéder à des solutions simples.
C’est précisément sur ce terrain que Djogana Pay veut se positionner. Son portefeuille électronique Peya Pay permet déjà les dépôts, transferts d’argent, retraits, paiements marchands et règlements de factures ou services locaux. Les dépôts et transferts sont annoncés sans frais, tandis que les retraits sont facturés à 0,5 %.
Ce modèle répond à une demande claire : réduire le coût d’accès aux services financiers, simplifier les usages et donner aux clients une alternative locale dans un secteur dominé par de grands acteurs du mobile money.
L’inclusion financière comme bataille centrale
En Côte d’Ivoire et plus largement dans l’UEMOA, l’inclusion financière ne dépend plus seulement de l’ouverture de comptes bancaires. Elle se joue aussi dans la capacité des acteurs digitaux à capter les petits flux, les paiements de proximité, les transferts familiaux, les achats marchands et les services quotidiens.
Peya Pay Express s’inscrit dans cette logique. En allant vers les clients, Djogana Pay cherche à lever une partie des obstacles qui freinent encore l’usage des services financiers formels : distance, manque de confiance, coûts, complexité, faible familiarité avec les outils numériques.
Le service peut donc intéresser plusieurs profils : commerçants qui veulent encaisser plus facilement, travailleurs indépendants qui veulent gérer leurs flux, ménages qui veulent transférer de l’argent, petits opérateurs économiques qui cherchent un outil simple et sécurisé.
Une fintech ivoirienne avec une ambition régionale
Djogana Pay ne se présente pas seulement comme un nouvel acteur local. L’entreprise affirme une ambition plus large : construire un écosystème de paiement africain, inclusif et durable. Selon les informations disponibles, la société veut renforcer sa présence en Côte d’Ivoire avant de s’étendre progressivement dans l’espace UEMOA.
Cette ambition régionale est importante. Le marché ouest-africain des paiements reste fragmenté, mais il offre un potentiel considérable. Les besoins sont massifs : paiements marchands, transferts, factures, services publics, micro-transactions, digitalisation du commerce informel et intégration des petites activités économiques.
Pour réussir, Djogana Pay devra toutefois convaincre sur trois points : la fiabilité technologique, la sécurité des transactions et la densité du réseau. Dans la monnaie électronique, la confiance reste aussi importante que l’innovation.
Un marché plus concurrentiel, mais encore ouvert
Le lancement de Peya Pay Express intervient dans un environnement très disputé. Les opérateurs télécoms, les banques, les fintechs et les établissements de monnaie électronique cherchent tous à capter les flux de paiement. Mais le marché reste loin d’être saturé.
La différence peut se jouer sur la proximité, la simplicité, les tarifs et la capacité à comprendre les usages locaux. En misant sur un service qui vient au client, Djogana Pay tente de se distinguer par une approche plus terrain, moins centrée sur l’application seule et davantage tournée vers l’expérience réelle de l’utilisateur.
Cette orientation peut faire la différence dans les zones où la confiance se construit par le contact, la présence et la répétition du service.
Peya Pay Express, un signal pour la finance digitale ivoirienne
Avec Peya Pay Express, Djogana Pay veut installer une nouvelle promesse dans le paiement digital : un service financier disponible, accessible et plus proche des besoins concrets des populations.
L’enjeu dépasse le lancement d’un produit. Il touche à la transformation du rapport entre les citoyens et les services financiers. Si la banque traditionnelle a longtemps demandé aux clients de venir à elle, la finance digitale inverse progressivement la logique : le service doit être mobile, flexible, simple et présent là où se trouve l’activité économique.
Patrick Tchounjo



