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BGFI 2030 en action : Aline Yonta Kengne prend les rênes au Sénégal

BGFIBank Sénégal ne change pas de cap, mais elle change de rythme. Et dans une place bancaire comme Dakar, où la compétition se joue autant sur la rapidité d’exécution que sur la qualité de service, le choix du tempo est une décision stratégique. Selon des informations rapportées par Financial Afrik, Aline Yonta Kengne a été nommée Directrice générale de BGFIBank Sénégal, en remplacement de Khady Boye Hanne, à la tête de la filiale depuis 2020.

Derrière la nomination, un signal : BGFIBank veut une dirigeante qui sait tenir les deux extrémités de la chaîne. La vision et l’exécution. La stratégie et le terrain. Le produit et le client. Parce qu’aujourd’hui, les banques ne gagnent plus seulement avec un bilan : elles gagnent avec une organisation qui va vite, une conformité qui tient, et une expérience client qui ne laisse pas de place au “à peu près”.

Une dirigeante “Groupe” pour un marché qui exige du concret

Le parcours d’Aline Yonta Kengne illustre celui d’une dirigeante construite au carrefour de la stratégie et du business. Depuis août 2019, elle occupe, au sein de BGFI Holding Corporation à Libreville, la fonction de Directeur du Développement Commercial du Groupe. Ce poste central est consacré au développement des métiers du Groupe et à l’animation de ses relais de croissance, notamment le corporate banking, le retail banking, le crédit-bail, le crédit à la consommation, la microfinance et l’assurance. À ce niveau, il ne s’agit plus seulement de “faire fonctionner une banque”, mais de concevoir l’architecture de la performance, de détecter les potentiels et d’orchestrer la montée en puissance des métiers dans un dispositif multi-pays.

En parallèle, depuis janvier 2019, elle exerce également comme Directeur adjoint de la Stratégie et du Développement. Ce double ancrage, entre développement commercial et stratégie, met en évidence une marque de fabrique : relier vision et exécution, décider rapidement, aligner les équipes et convertir les objectifs en résultats mesurables.

Avant d’assumer ces responsabilités structurantes, Aline Yonta Kengne a renforcé son expérience de banque de groupe au plus près des grands clients et des filiales. Entre octobre 2018 et janvier 2019, elle a occupé le poste de Senior Banker à la Holding, avec une mission clé : assurer le suivi et la gestion des clients transfrontaliers et des grands comptes, tout en suivant la performance des filiales et en les accompagnant dans la mise en œuvre d’axes de remédiation lorsque des écarts étaient constatés. Une fonction qui affine les réflexes de pilotage, de contrôle de performance et d’amélioration continue, indispensables pour diriger une filiale dans un environnement concurrentiel.

Le contexte : BGFI 2030 (B30), la performance comme méthode

Impossible de lire cette nomination sans la connecter à la séquence stratégique en cours au niveau du Groupe. BGFIBank a officiellement lancé son projet d’entreprise 2026–2030, baptisé BGFI 2030 (B30).

Sur le site du Groupe, l’objectif principal est posé sans détour : renforcer l’efficacité opérationnelle, structurée autour de quatre piliers.
Autrement dit, la croissance version 2030 ne se racontera pas uniquement en parts de marché : elle se prouvera par la qualité des processus, la discipline d’exécution, l’optimisation des ressources et une performance commerciale plus fine.

Dans ce cadre, une direction générale “à l’aise avec le siège et le terrain” devient un choix logique : BGFIBank Sénégal est appelée à jouer une partition plus dense, plus exigeante, plus métrique.

Après Khady Boye Hanne : continuité, mais accélération

Une transition bancaire n’est jamais neutre : elle doit préserver la stabilité tout en créant un nouveau souffle. Khady Boye Hanne a incarné ces dernières années une direction visible et institutionnelle, notamment aussi à travers son rôle dans l’écosystème bancaire sénégalais.

Avec Aline Yonta Kengne, le message ressemble à une consigne interne : consolider la base, puis accélérer là où le marché rémunère l’effort. La banque de détail qui doit être plus fluide. Le corporate qui exige plus d’ingénierie. La conformité qui doit être impeccable. Et la qualité de service qui n’a plus droit à l’approximation.

Son parcours donne un indice : elle n’a pas seulement travaillé “dans la stratégie”. Elle a aussi dirigé des activités de détail et piloté des réseaux. À BGFIBank Gabon, elle a été Directeur général délégué en charge de la Banque de Détail entre mai et octobre 2017, avec la responsabilité de l’animation d’un réseau de 23 points de vente et d’un portefeuille de plus de 23 000 clients, ainsi que le développement de produits monétiques et digitaux. Cette expérience de terrain, dans un univers où la performance se joue au quotidien, complète son profil groupe et renforce sa capacité à agir vite sur les opérations, la distribution et l’expérience client.

Ce qui peut changer à Dakar : la vitesse, la précision, la proposition de valeur

Dans un marché comme le Sénégal, les clients corporate et PME ne demandent plus seulement du crédit. Ils veulent des banques capables de proposer des solutions transactionnelles robustes, des délais de décision réalistes, des montages plus intelligents, et une capacité à accompagner sur la durée.

C’est là qu’une DG avec une culture “produit + performance + déploiement” peut imprimer une différence. Parce que la bataille se joue sur des détails très concrets : la réactivité sur les ouvertures de compte corporate, la qualité des engagements, la fluidité des parcours digitaux, la solidité des dispositifs KYC/AML, la capacité à “tenir” la promesse commerciale sans créer de friction opérationnelle.

Et au fond, c’est exactement la philosophie de B30 : rendre la performance reproductible, pas exceptionnelle.

L’angle viral : le “nouveau tempo” est devenu l’avantage concurrentiel

Pourquoi ce sujet peut faire du bruit ? Parce qu’il touche une vérité que tous les clients bancaires connaissent, et que toutes les banques redoutent : aujourd’hui, la guerre se gagne sur le tempo.

Une banque peut avoir de bons produits, de bons taux, une belle marque… mais si l’exécution est lente, si les process bloquent, si la qualité varie selon les agences, la confiance s’érode. À l’inverse, une banque qui va vite, qui répond bien, qui livre proprement, devient une habitude. Et dans la banque, l’habitude vaut de l’or.

Aline Yonta Kengne arrive donc à Dakar avec une attente implicite : faire de BGFIBank Sénégal une banque plus “tactile”, plus régulière dans la qualité, plus rapide dans la décision. En clair, une banque qui ne promet pas seulement, mais qui délivre.

Patrick Tchounjo

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