Audit et contrôle bancaire : un impératif stratégique pour les banques africaines

Dans un environnement financier marqué par une digitalisation accélérée et une surveillance réglementaire renforcée, l’audit et le contrôle bancaire s’imposent comme des piliers de la résilience du secteur bancaire africain.
Alors que les autorités monétaires — de la BCEAO à la COBAC, en passant par la BEAC — multiplient les directives pour aligner les pratiques locales sur les standards internationaux (Bâle II/III, normes IFRS, LCB-FT), les établissements doivent investir massivement dans leurs dispositifs de contrôle interne et de conformité.
Une fonction en pleine mutation
Traditionnellement perçu comme une vérification a posteriori, l’audit interne devient désormais un outil de pilotage stratégique. Les banques les plus avancées en Afrique de l’Ouest et centrale intègrent l’analyse de données, l’intelligence artificielle et des solutions RegTech pour détecter en temps réel les anomalies et anticiper les risques opérationnels ou de liquidité.
De son côté, le contrôle bancaire — permanent et périodique — s’étend au-delà des ratios prudentiels. Il couvre la cybersécurité, la protection des données clients, la gouvernance et la conformité ESG, des domaines devenus sensibles pour les investisseurs institutionnels.
Des enjeux de crédibilité et de compétitivité
L’émergence de fintechs et de néobanques accentue la pression : sans un contrôle robuste, les banques traditionnelles risquent de perdre la confiance des marchés. À l’inverse, celles qui renforcent leur gouvernance peuvent lever plus facilement des capitaux internationaux et nouer des partenariats stratégiques.
Selon plusieurs régulateurs, les prochaines années verront une judiciarisation accrue du risque bancaire en Afrique : sanctions pour défaut de conformité, restrictions d’activité, voire retraits de licences. L’audit et le contrôle deviennent ainsi non seulement une obligation réglementaire, mais un avantage compétitif.
Un marché de la conformité en expansion
Cette dynamique alimente un marché en plein essor pour les cabinets spécialisés en audit et conseil, locaux et internationaux. Au-delà du suivi réglementaire, ils accompagnent désormais les banques dans la transformation digitale des fonctions de contrôle, avec un potentiel estimé à plusieurs centaines de millions de dollars sur le continent d’ici 2030.
Patrick Tchounjo



