Banques africaines : l’expérience, facteur déterminant pour accéder aux directions

Dans un paysage bancaire africain marqué par la transformation digitale, la montée en puissance des fintechs et un durcissement des régulations, l’expérience professionnelle demeure un élément clé pour accéder aux postes de direction. Les trajectoires des principaux dirigeants révèlent une constante : la diversité des parcours constitue un avantage décisif.
La valeur de la polyvalence
Les banques recherchent des profils capables de maîtriser plusieurs métiers stratégiques. La gestion des risques, l’audit interne, le crédit, les marchés financiers et la banque de détail forment autant de terrains d’apprentissage indispensables. Ces expériences permettent aux futurs dirigeants de comprendre les rouages complexes du secteur, d’anticiper les vulnérabilités et de saisir les opportunités de croissance.
Un capital technique et managérial
Les candidats les plus valorisés sont ceux qui allient une expertise technique pointue à une réelle capacité managériale. Diriger une équipe multiculturelle, répartie sur plusieurs pays, exige plus qu’une connaissance des chiffres : c’est une aptitude à fédérer, à motiver et à bâtir une vision partagée. Dans un continent où les banques opèrent souvent dans des environnements hétérogènes, cette double compétence devient un atout différenciant.
La mobilité comme accélérateur de carrière
La mobilité professionnelle constitue un autre levier essentiel. Passer d’un marché à un autre — de Dakar à Abidjan, de Douala à Kinshasa ou de Lagos à Nairobi — expose les cadres bancaires à des réalités différentes et enrichit leur capacité d’adaptation. Cette polyvalence géographique renforce la crédibilité des futurs dirigeants et leur confère une vision panafricaine, de plus en plus recherchée par les conseils d’administration.
Une exigence croissante des régulateurs et actionnaires
Dans un secteur soumis à une surveillance accrue des autorités monétaires, l’expérience opérationnelle devient un gage de confiance. Les régulateurs comme les actionnaires privilégient des profils aguerris, capables de garantir la stabilité des bilans et la conformité aux standards internationaux. L’expérience apparaît alors non seulement comme un différenciateur, mais comme une condition indispensable à la pérennité des établissements bancaires.
Patrick Tchounjo



