BIIC Financial Services nomme Joël HOUNKANRIN DIRECTEUR GENERAL : un signal fort pour la BRVM

Une nomination qui dépasse le simple “changement de tête”
Dans l’espace UEMOA, où la même place boursière régionale structure l’épargne et le financement des économies, les nominations à la tête des sociétés de gestion et d’intermédiation ne sont jamais anodines. BIIC Financial Services (BFS), filiale de la Banque Internationale pour l’Industrie et le Commerce (BIIC), annonce la nomination de Monsieur Joël Hounkanrin en qualité de Directeur Général.
Pourquoi cela compte aussi pour le Mali ? Parce que BFS se présente comme une SGI “acteur majeur de la zone UEMOA”, active dans tous les pays de l’Union, offrant aux États, entreprises, institutions financières et au grand public un accès au marché régional des capitaux. Autrement dit, derrière un visage, c’est un outil de mobilisation de ressources et d’orientation de l’investissement qui se repositionne, à l’échelle d’un marché où le financement long reste une obsession et où la confiance se gagne au millimètre.
Joël Hounkanrin, un profil façonné par la BRVM et la salle des marchés
Le parcours annoncé dessine une trajectoire nette : celle d’un professionnel des marchés de capitaux qui a appris le terrain avant de passer à la stratégie. Spécialiste reconnu en actuariat, finance de marché et gestion des risques, Joël Hounkanrin s’est d’abord forgé dans l’exécution au cœur de l’écosystème BRVM-UEMOA. Avant sa nomination à la tête de la SGI BFS, il a exercé comme analyste-broker chez SGI Africabourse S.A. au Bénin, puis a consolidé son profil avec plus de sept années à la tête du trading chez SGI-BÉNIN, où la discipline de marché et la gestion de la liquidité deviennent une culture quotidienne.
Il a ensuite élargi son champ d’action en occupant le poste de Directeur Marché des Capitaux chez Everest Finance à Dakar, une étape qui l’installe davantage dans la structuration, la relation investisseurs et la lecture des cycles. Sa trajectoire récente s’accompagne d’un renforcement académique, avec un passage à ESLSCA Business School Paris (2024-2025), qui vient consolider l’ossature “marchés + stratégie” de son profil.
Le message implicite est simple et puissant : BFS met à sa tête un dirigeant pour qui la liquidité, la gestion du risque, la discipline de marché et la lecture des cycles ne sont pas des concepts, mais une pratique. Dans une sous-région où l’investisseur exige de la transparence et où l’émetteur cherche de la profondeur, ce type de leadership est souvent choisi pour une raison précise : transformer un “potentiel” en volumes, un réseau en transactions, et une marque en confiance.
BFS, une SGI née en 1997, aujourd’hui bras marché de capitaux du groupe BIIC
BIIC Financial Services n’est pas un nouveau venu. La société se présente comme une société de gestion et d’intermédiation boursière créée en 1997, agréée par l’Autorité des Marchés Financiers de l’UMOA (AMF-UMOA), et détenue majoritairement par la BIIC. Son positionnement revendiqué est clair : donner un accès “facile” au marché régional des capitaux, à travers un réseau de partenaires, avec l’ambition de devenir une référence africaine des solutions d’investissements boursiers et de financement des acteurs économiques.
Pour un média bancaire, c’est un point important : on ne parle pas uniquement d’une maison de bourse. On parle d’un maillon entre l’épargne, la dette publique, les opérations de marché, et la capacité des économies à financer leurs transformations sans tout faire reposer sur le crédit bancaire classique.
La bataille du financement se joue aussi sur les titres publics
Un détail souvent ignoré du grand public, mais décisif pour les États et les banques : BFS met en avant une activité de Spécialiste en Valeurs du Trésor. L’entreprise explique que cette activité lui permet d’entretenir des relations avec des Trésors publics partenaires, afin d’accompagner la structuration des émissions de titres publics par adjudication, l’analyse du marché de la dette, les prises fermes aux enchères et l’animation du marché secondaire.
C’est là que l’information prend une dimension “virale” pour les lecteurs maliens. Parce que la dette publique, dans l’UEMOA, n’est pas une abstraction : elle influence le coût de l’argent, les taux, l’appétit des banques et des investisseurs institutionnels, et parfois même la vitesse à laquelle l’économie réelle respire. Mettre un spécialiste des marchés à la tête d’une SGI, c’est aussi dire : nous voulons être plus utiles, plus présents, plus crédibles sur ces mécanismes où se décide une partie du financement régional.
Une nouvelle phase de croissance et d’innovation, annoncée noir sur blanc
L’annonce est explicite : cette nomination “ouvre une nouvelle phase de croissance et d’innovation” pour la SGI. Traduction : BFS se projette, et elle le fait au moment où le marché régional impose de plus en plus de sophistication. Plus de pédagogie pour attirer l’épargne individuelle, plus d’ingénierie pour structurer des opérations, plus de digital pour fluidifier l’accès, plus de rigueur pour rassurer.
Sur son site, BFS met en avant un spectre large de métiers, allant de l’ingénierie financière à la négociation de valeurs mobilières, en passant par la tenue de compte et la conservation de titres, ainsi que des services d’accès en ligne au marché. Derrière ces mots, il y a une réalité très simple : celui qui dirige une SGI doit être capable de parler à la fois aux investisseurs, aux États, aux entreprises, et aux régulateurs, sans perdre le fil de l’exécution.
Ce que le marché attend maintenant
Une nomination est un début, jamais une fin. Le marché jugera sur des signaux concrets : la capacité à renforcer la recherche et le conseil, la qualité de l’expérience client, la vitesse de traitement, la transparence des informations, et la capacité à mobiliser davantage de capitaux au service des entreprises et des projets.
BIIC Financial Services, de son côté, adresse déjà la conclusion attendue : elle souhaite à son nouveau Directeur Général plein succès dans une mission “au service du financement de l’économie régionale”. Pour l’UEMOA, et donc pour le Mali, c’est précisément là que la barre est placée : transformer l’architecture des marchés en financement utile, lisible, accessible.

Patrick Tchounjo



