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BOAD Market Solutions nomme Adji Sokhna M’Baye Directrice Générale : la BOAD muscle son bras “marchés” pour jouer plus grand sur les financements structurés

Dans l’UEMOA, le financement du développement change de tempo. Les besoins explosent, les chantiers d’infrastructures s’empilent, les États et les entreprises cherchent des ressources plus longues, plus stables, mieux sécurisées. Et dans un environnement marqué par la volatilité des taux, la sensibilité au risque de change et la nécessité de rassurer des investisseurs internationaux de plus en plus exigeants, une conviction s’impose : le financement ne se résume plus à lever des fonds, il faut aussi savoir structurer, couvrir, optimiser.

C’est dans ce contexte que BOAD Market Solutions (BOAD MS) franchit une nouvelle étape : l’entité, pensée comme un bras opérationnel dédié au conseil et aux solutions de marchés, annonce la nomination de Madame Adji Sokhna M’Baye au poste de Directrice Générale. Une décision qui sonne comme un message au marché : la BOAD veut accélérer et gagner en sophistication sur un segment encore peu exploité dans la sous-région, celui des financements structurés et de l’ingénierie de solutions de marchés.

BOAD MS : l’outil qui veut faire le pont entre besoins locaux et capitaux internationaux

BOAD Market Solutions se positionne sur un terrain stratégique : relier la demande massive de financement des économies ouest-africaines à des investisseurs internationaux en quête d’opportunités mieux structurées. L’ambition est clairement affichée : concevoir des montages capables d’améliorer l’attractivité des émissions, de sécuriser les transactions, et d’ouvrir la voie à des mécanismes de couverture et d’optimisation.

Sur le papier, les fondamentaux de la structure affichent déjà une densité significative. Constituée sous forme de société anonyme unipersonnelle, BOAD MS est dotée d’un capital social de 2,3 milliards FCFA. Son objet est explicite : au sein de l’UEMOA et à l’international, accompagner États et entreprises sur des opérations de structuration, d’appui à la levée de fonds, d’arrangement et de montage de financements, ainsi que la facilitation d’opérations de couverture via des intermédiaires agréés.

Derrière la description, une réalité : la sous-région a besoin d’outils capables de transformer des projets “finançables” en projets “financés”, en améliorant le couple risque/rendement et la lisibilité des opérations pour les investisseurs.

Une pièce manquante : la culture des produits structurés et la gestion du risque

Plusieurs analyses sectorielles soulignent que la création de BOAD MS vise aussi à poser les bases d’un marché des produits structurés et dérivés dans l’Union, encore embryonnaire mais potentiellement décisif pour la gestion des risques : taux, change, matières premières. Dans des économies où le coût de la volatilité se répercute très vite sur les budgets publics et les chaînes de valeur privées, cette dimension devient centrale.

L’enjeu est simple : quand les risques sont mieux identifiés, mieux répartis, mieux couverts, les financements peuvent devenir plus “bancables”, plus compétitifs, et surtout plus attractifs pour des investisseurs qui exigent des cadres techniques solides.

Adji Sokhna M’Baye : un profil “marchés” pour une ambition d’exécution

Le choix d’Adji Sokhna M’Baye s’inscrit dans une logique de crédibilité technique et d’exécution. Dirigeante reconnue sur les sujets d’ingénierie financière, elle conserve parallèlement ses fonctions de Directrice Générale de BOAD Titrisation, assurant une continuité stratégique entre la titrisation et les activités de marchés que BOAD MS entend développer. La BOAD avait annoncé sa nomination à la tête de BOAD Titrisation avec prise d’effet au 4 avril 2022.

Ce double ancrage n’est pas un détail : il installe une passerelle naturelle entre deux univers qui, dans les marchés matures, se parlent en permanence. La titrisation structure, transforme, reconditionne des actifs. Les solutions de marchés couvrent, optimisent, rendent l’ensemble plus lisible et plus “investissable”. En concentrant la gouvernance autour d’un profil qui maîtrise ces logiques, la BOAD affiche une intention : passer de l’outil à l’impact, plus vite.

Ce que BOAD MS peut changer, concrètement, pour les États et les entreprises

Dans un environnement où les besoins d’infrastructures sont massifs, où le risque de change pèse, et où les marchés sont sensibles aux signaux, l’émergence d’un acteur dédié au conseil et aux produits structurés pourrait renforcer plusieurs leviers clés.

D’abord, la sophistication des levées de fonds. Structurer mieux, c’est parfois obtenir de meilleures conditions, allonger des maturités, ou rendre des émissions plus attractives.

Ensuite, la gestion des risques dans les émissions et financements. Même si BOAD MS facilite les opérations de couverture via des intermédiaires agréés, l’impact peut être majeur : réduire l’incertitude, sécuriser, rassurer.

Troisième point, l’attractivité des projets auprès des investisseurs internationaux. Les capitaux internationaux ne fuient pas l’Afrique par principe ; ils fuient l’opacité, l’imprévisibilité, et l’absence de mécanismes de mitigation du risque. Les montages structurés, lorsqu’ils sont bien conçus, peuvent réduire ce mur.

Enfin, plus largement, la profondeur du marché financier régional. Un marché se renforce quand il diversifie ses instruments, professionnalise ses pratiques et élargit son “menu” pour répondre à des besoins variés.

Une étape clé dans la stratégie de diversification de la BOAD

Ces derniers mois, la BOAD a multiplié les signaux en faveur d’outils innovants de financement, notamment via l’annonce d’injections de capital dans BOAD Market Solutions, présentée comme une entité en cours de déploiement. La nomination d’Adji Sokhna M’Baye s’inscrit dans cette dynamique : industrialiser la capacité de conception, accélérer le passage à l’exécution, et porter une ambition internationale plus lisible.

Avec Adji Sokhna M’Baye aux commandes, BOAD Market Solutions affiche désormais une promesse simple, mais puissante : mettre la rigueur des marchés au service du développement, en construisant des solutions structurées capables de mobiliser davantage de capitaux, tout en améliorant la qualité et la sécurité des financements. Dans l’UEMOA, c’est exactement le type d’outil qui peut faire basculer une intention en financement, et un financement en transformation.

Patrick Tchounjo

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