Congo : Tabangoli, l’homme qui relie banque, PME et gouvernance

Une figure qui compte dans le système bancaire congolais
Dans une économie où la confiance financière se construit autant par la solidité des bilans que par la capacité à toucher le plus grand nombre, Calixte Médard Tabangoli occupe une position rare. Il est Directeur général de la Banque Postale du Congo (BPC) et, en parallèle, Président de l’APEC Congo, l’association professionnelle qui regroupe les établissements de crédit et porte la voix de la place bancaire.
Ce double rôle le place à un carrefour stratégique : piloter une banque publique à mission, tout en animant les débats structurants du secteur dans un espace CEMAC marqué par les exigences prudentielles, la digitalisation accélérée et la pression sur la rentabilité bancaire.
Banque Postale du Congo : une banque publique née pour “bancariser”, pas seulement pour exister
Créée en octobre 2012 et opérationnelle depuis janvier 2013, la Banque Postale du Congo (BPC) a été pensée comme un outil public au service de deux priorités : accélérer l’inclusion financière et soutenir le financement de l’économie congolaise.
Cette vocation a été rappelée lors d’une visite de travail du ministre des Finances à la direction générale de l’établissement, au cours de laquelle la banque a présenté des éléments sur sa réalité opérationnelle et son positionnement, confirmant son rôle de banque de proximité tournée à la fois vers les particuliers et le tissu productif.
La banque postale est un outil de masse, mais qui cherche aussi à accompagner le tissu productif. Et c’est dans cette tension volume et économie réelle que se mesure un dirigeant de banque publique.
APEC Congo : être président, c’est être “interlocuteur système”
L’APEC Congo présente Calixte Médard Tabangoli comme son Président et rappelle sa fonction de DG de la BPC.
Ce rôle est décisif, parce qu’il transforme un DG en porte-voix de place : gouvernance bancaire, relation avec la BEAC, conformité COBAC, liquidité, financement des PME, sécurité des paiements, risques et transformation numérique.
D’ailleurs, la gouvernance bancaire n’est pas un thème périphérique dans son agenda : l’APEC a porté des colloques sur la gouvernance en zone CEMAC, où sa présence est explicitement relevée.
Fonctions et réalisations actuelles : une direction installée, une banque en mouvement
Depuis l’agrément de la Banque Postale du Congo par arrêté en octobre 2012, Calixte Médard Tabangoli dirige cette institution financière, avec une continuité de gouvernance rare dans un secteur où les cycles sont souvent courts. Cette stabilité lui a permis d’inscrire la BPC dans une trajectoire progressive d’expansion et de consolidation.
Sous sa direction, la banque a franchi des étapes stratégiques majeures, dont la signature d’un accord de financement de 15 millions d’euros avec Afreximbank en avril 2025, présenté comme un levier destiné à soutenir les entrepreneurs locaux et l’activité économique.
Sa marque de fabrique, elle, est très lisible : la recherche d’outils concrets pour financer les PME au-delà du crédit classique. Il est ainsi présenté comme un promoteur actif de l’affacturage comme solution de financement, thème sur lequel il intervient régulièrement dans les médias spécialisés, notamment Africa 24, où il a été invité à en décrypter les enjeux pour les entreprises africaines.
La méthode Tabangoli : moderniser les outils pour financer mieux
Le fil conducteur qui ressort des signaux publics autour de la BPC est clair : faire entrer la banque congolaise dans une logique plus moderne de financement, au-delà du crédit classique.
En mars 2025, un séminaire organisé par la BPC a été consacré au financement du commerce international, à l’affacturage et au crédit-bail, avec Calixte Médard Tabangoli identifié comme DG de la banque.
Ces choix thématiques sont cohérents : dans des économies où les PME manquent de garanties et où la trésorerie dépend fortement des cycles de paiement, les financements alternatifs deviennent un levier de bancabilité.
Influence sectorielle : une empreinte qui dépasse le Congo
Sa présence dans les réseaux de gouvernance financière régionaux confirme son rôle de “banquier de place”. Le DG de la BPC a intégré le Club des Dirigeants de Banques et Établissements Financiers d’Afrique en février 2025, avec un rôle de vice-présidence selon la communication de la banque.
Ce type d’ancrage renforce la crédibilité institutionnelle : il connecte la banque congolaise à des standards, des échanges et des opportunités de partenariat qui dépassent le cadre national.
Inclusion, mais aussi capital humain : un partenariat PNUD qui révèle une autre ambition
La BPC a également communiqué sur un partenariat avec le PNUD, signé en mars 2024, visant notamment la promotion de l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes dans le secteur financier, avec des actions concrètes (stages, employabilité, gouvernance interne).
C’est un angle souvent sous-estimé dans les portraits bancaires : l’inclusion ne se joue pas uniquement côté clients, elle se joue aussi dans les organisations (recrutement, parité, culture d’entreprise, standards).
Une banque publique, un test permanent
Le portrait de Calixte Médard Tabangoli se résume à une équation simple : faire d’une banque publique un outil efficace, sans perdre la discipline prudentielle, tout en portant une vision de place à travers l’APEC. La Banque Postale du Congo a une mission visible (inclusion et financement de l’économie), mais elle a aussi un défi silencieux : transformer cette mission en résultats durables, mesurables, et compatibles avec les contraintes d’un système bancaire CEMAC de plus en plus normé.
Patrick Tchounjo



