Côte d’Ivoire : un marché bancaire dynamique mais encore sous-bancarisé

La Côte d’Ivoire s’impose comme le moteur du secteur bancaire de l’UEMOA, avec une croissance soutenue des crédits, une concurrence accrue entre acteurs locaux et internationaux, et une demande croissante de services financiers. Pourtant, malgré cette effervescence, le pays affiche encore un taux de bancarisation d’environ 25 %, ce qui laisse entrevoir un potentiel considérable pour les années à venir.
Un hub bancaire régional en pleine expansion
Abidjan concentre le siège ou les filiales de nombreux groupes panafricains et internationaux, parmi lesquels Société Générale, Ecobank, NSIA Banque, Orabank ou encore BGFIBank. Le marché ivoirien se distingue par son dynamisme, porté par la croissance économique nationale (plus de 6 % par an) et par un tissu entrepreneurial en pleine transformation. Les banques locales et régionales y voient une opportunité stratégique pour consolider leur présence dans l’UEMOA.
Une inclusion financière encore limitée
Malgré cette vitalité, l’accès aux services bancaires demeure restreint. Un quart seulement de la population adulte détient un compte bancaire. Les obstacles restent nombreux : insuffisance des infrastructures dans les zones rurales, faible culture financière et prédominance du cash dans les transactions quotidiennes. Cette situation favorise l’essor du mobile money, devenu une alternative incontournable, qui capte une part importante des flux financiers hors du circuit bancaire classique.
La digitalisation comme levier de croissance
Conscientes de cet écart, les banques multiplient les initiatives pour élargir leur clientèle. Les solutions de banque digitale et de paiement instantané se développent rapidement, intégrant les plateformes de mobile money dans un système bancaire en pleine modernisation. La BCEAO, de son côté, accélère le projet d’interopérabilité des paiements numériques afin de fluidifier les transactions dans l’ensemble de l’Union.
Un marché à fort potentiel pour les années à venir
La marge de progression est considérable : chaque point gagné en taux de bancarisation représente des millions de nouveaux clients potentiels pour les banques. Les institutions qui sauront combiner innovation, proximité et éducation financière seront les grandes gagnantes de cette transformation. La Côte d’Ivoire se trouve ainsi à un tournant, entre consolidation de son rôle de hub bancaire régional et défi de l’inclusion financière de masse.
Patrick Tchounjo



