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Fitch Ratings confirme la robustesse des banques africaines face aux chocs extérieurs

Malgré un environnement mondial incertain, les banques africaines devraient afficher une résilience notable en 2025, selon une récente analyse de Fitch Ratings. L’agence de notation souligne que, même dans les pays confrontés à la baisse des taux d’intérêt — facteur susceptible de réduire la rentabilité des titres de dette souveraine —, les établissements financiers du continent conservent des fondamentaux solides.

Cette robustesse s’explique en grande partie par la diversification des portefeuilles et le maintien d’une discipline prudentielle imposée par les régulateurs régionaux. Dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) comme dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), les ratios de liquidité demeurent confortables, au-dessus des normes internationales.

Cependant, Fitch alerte sur des vulnérabilités persistantes. L’inflation structurelle — nourrie par la dépendance aux importations alimentaires et énergétiques — continue de peser sur le pouvoir d’achat des ménages et sur la qualité des actifs bancaires. L’endettement croissant des États, qui mobilise une part importante des ressources bancaires via l’achat d’obligations souveraines, représente également un risque en cas de tensions budgétaires.

Pour autant, les indicateurs de financement restent globalement rassurants. Les banques africaines maintiennent une capacité d’accès aux marchés régionaux et bénéficient de l’essor des solutions digitales, qui soutiennent la bancarisation et élargissent la base clientèle. Plusieurs groupes panafricains, tels qu’Attijariwafa Bank, Ecobank ou BGFIBank, poursuivent leurs stratégies d’expansion, renforçant leur capacité à absorber les chocs.

En définitive, si les pressions inflationnistes et les risques liés aux finances publiques imposent de la vigilance, la stabilité du secteur bancaire africain en 2025 confirme son rôle central dans la résilience économique du continent. Les banques apparaissent non seulement comme des amortisseurs face aux chocs extérieurs, mais aussi comme des vecteurs de transformation et d’intégration régionale.

Patrick Tchounjo

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