Omar Dioum : le DG panafricain qui veut muscler FBNBank Sénégal

À Dakar, la banque corporate ne se raconte pas : elle se prouve. Elle se mesure à la qualité des dossiers, à la solidité des risques, à la confiance des institutions et à la capacité d’ouvrir des corridors de financement là où l’économie réelle en a besoin. Depuis avril 2020, Omar Dioum incarne cette exigence à la tête de FBNBank Sénégal. Un dirigeant de la nouvelle génération : agile, panafricain, et surtout rompu aux réalités de plusieurs marchés. Près de vingt ans d’expérience dans le corporate banking et la stratégie, avec une trajectoire construite de filiale en filiale, de zone monétaire en zone monétaire, du Sénégal au Mozambique, en passant par le Gabon, la Guinée-Bissau, le Cameroun et le Nigeria.
Son profil dit quelque chose de simple et de puissant : dans une Afrique qui cherche des capitaux longs, des financements structurés et des banques capables de suivre les grandes entreprises dans la durée, les dirigeants les plus utiles sont ceux qui comprennent l’économie régionale… et savent la financer.
Une nomination au bon moment : FBNBank Sénégal mise sur le “panafricain opérationnel”
Nommé à la tête de FBNBank Sénégal en 2020 (sa désignation par le Conseil d’administration est mentionnée en juin 2020), Omar Dioum arrive avec un atout décisif : une crédibilité accumulée sur des marchés où la banque se fait sous pression, entre volatilité, risque pays, exigences de conformité et impératif de rentabilité. Le corporate banking n’est pas un univers d’effets d’annonce. C’est un monde de détails : covenants, cash-flows, structuration, garanties, risques sectoriels, trade finance, et arbitrages permanents.
C’est précisément là que sa réputation s’est construite : sur l’exécution et la gouvernance, à travers des fonctions de leadership assumées au sein d’un des groupes bancaires les plus implantés du continent : Ecobank.
Du pétrole à la finance : une trajectoire qui commence chez Shell
Avant les salles de comités de crédit et les stratégies de portefeuille corporate, Omar Dioum commence dans le secteur pétrolier. Il débute sa carrière chez Shell Sénégal en tant que Helpdesk Administrator puis Helpdesk Analyst Trainee. Un détail qui n’en est pas un : cette entrée par un univers “process”, technique et très normé, forge souvent une discipline rare, utile ensuite en banque — là où la rigueur opérationnelle et le respect des standards font partie de la performance.
En 2008, il rejoint Ecobank. Et la trajectoire s’accélère.
L’école Ecobank : apprendre le corporate banking en multi-pays
Chez Ecobank, Omar Dioum gravit rapidement les échelons et multiplie les responsabilités sur des géographies variées.
Il occupe notamment les fonctions de Head of Corporate Banking au Gabon, en Guinée-Bissau et au Mozambique. Il devient ensuite Regional Head Corporate Bank CEMAC, puis Deputy Managing Director d’Ecobank Cameroun. Il est également cité comme Administrateur et Directeur Général Adjoint désigné en charge de la Banque des Grandes Entreprises pour le Cameroun et l’Afrique centrale.
Ce parcours multi-zones est une école à part entière. Il oblige à comprendre des marchés aux profils économiques différents, des régulateurs différents, des cycles sectoriels contrastés, des risques de change, et une diversité de clients corporate : énergie, infrastructures, commerce international, import-export, logistique. À la fin, il reste ce qui compte vraiment : une capacité à “lire” une économie et à structurer des solutions bancaires compatibles avec le risque.
Une formation orientée finance et leadership
Le socle académique d’Omar Dioum renforce cette lecture “corporate + stratégie”.
Il est diplômé en Accounting & Finance de l’Institut Supérieur de Management (ISM) – Dakar, avec mention bien, et titulaire d’un Diplôme Supérieur de Gestion du même institut. Il complète son profil par une certification en communication d’entreprise à Georgetown University (Washington DC) et une formation mentionnée au Helpdesk Institute of London.
Ce mix est cohérent : finance, management, communication stratégique. Dans le corporate banking, savoir structurer un deal ne suffit pas : il faut aussi savoir convaincre, négocier, aligner les parties prenantes et porter une vision.
Sa marque de fabrique : rentabilité, risques, et intelligence régionale
Ce qui ressort de son parcours, c’est une force centrale : une compréhension fine des dynamiques économiques régionales, associée à une approche orientée rentabilité et gestion rigoureuse des risques. Dans les banques corporate, la croissance n’est jamais “gratuite”. Elle doit rester compatible avec les ratios, les limites sectorielles, la qualité des contreparties, et les exigences de conformité.
C’est dans cette logique qu’Omar Dioum s’inscrit : faire du financement des grandes entreprises un levier de performance, mais aussi un outil utile à l’économie, en accompagnant les secteurs structurants et le commerce international.
À la tête de FBNBank Sénégal : renforcer le corporate, construire du sur-mesure
Sous sa direction, FBNBank Sénégal a l’ambition claire de renforcer sa présence auprès des grandes entreprises et des institutions, tout en développant des solutions sur mesure. C’est une posture stratégique : dans un marché où les grandes entreprises cherchent des banques capables de suivre leurs cycles, de structurer des financements adaptés, et d’offrir des instruments de trade finance sécurisés, la différenciation se joue sur la qualité du service, la rapidité de décision, et l’ingénierie financière.
Son action s’inscrit aussi dans une dynamique plus large : celle du Groupe First Bank of Nigeria, fondé en 1894, présenté comme l’un des groupes historiques de services financiers en Afrique subsaharienne. Une filiation qui impose un standard : solidité, réputation, continuité.
Un dirigeant “intégration” : capital humain, innovation, scène panafricaine
Polyglotte, fin négociateur, passionné par l’intégration économique, Omar Dioum appartient à cette génération de leaders bancaires pour qui la banque ne doit pas seulement être une institution de bilan, mais un catalyseur de développement. Sa vision s’articule autour d’un objectif simple : positionner les banques africaines comme des plateformes capables de rivaliser sur la scène panafricaine et internationale, grâce au capital humain, à l’innovation utile, et à une meilleure capacité à financer l’économie réelle.
La banque corporate comme levier de souveraineté économique
Le portrait d’Omar Dioum raconte une idée forte : l’Afrique n’a pas seulement besoin de capitaux, elle a besoin de banquiers capables de transformer ces capitaux en croissance finançable. Depuis avril 2020 à la tête de FBNBank Sénégal, avec près de vingt ans d’expérience dans le corporate banking et une trajectoire panafricaine construite à haute intensité, il incarne cette banque de rigueur et d’impact : celle qui finance les grands projets, sécurise le commerce, accompagne les champions, et participe à faire monter le continent en gamme.
Patrick Tchounjo



