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Attijariwafa Bank : 753,3 milliards FCFA de bénéfice en 2025, le risque recule

Attijariwafa Bank boucle 2025 sur une séquence qui parle le langage des grands groupes bancaires africains : croissance, rentabilité et maîtrise du risque. Au titre de l’exercice 2025, le bénéfice consolidé progresse de 14,4 % à 12,4 milliards de dirhams, soit environ 753,3 milliards de FCFA. Le résultat net part du groupe s’établit à 10,6 milliards de dirhams (643,95 milliards de FCFA), en hausse de 16,2 %.

Cette dynamique, selon la direction, s’inscrit dans la trajectoire du plan stratégique Ambitions 2021-2025, construit autour de trois axes : renforcer le positionnement panafricain du groupe, consolider une banque relationnelle et citoyenne, et s’aligner sur les meilleurs standards internationaux de gouvernance, durabilité, gestion des risques et performance opérationnelle.

Ambitions 2021-2025 : la promesse, puis la preuve

Le vrai sujet n’est pas seulement la hausse du bénéfice. C’est ce qu’elle raconte : une banque qui cherche à verrouiller sa croissance par la qualité d’exécution. “Ambitions 2021-2025” n’était pas un slogan : c’était une mécanique. Renforcer le statut de groupe bancaire africain de référence, industrialiser la banque relationnelle (plus proche, plus digitale, plus agile) et monter d’un cran sur les standards de gouvernance et de conformité.

En 2025, le top management estime ces ambitions globalement atteintes. Et les chiffres viennent appuyer le récit : l’institution ne se contente pas de croître, elle cherche à croître “propre”.

Le moteur : plus de revenus, moins de risque

Le bénéfice consolidé ne grimpe pas par magie : il est porté par une amélioration simultanée du cœur d’activité et du coût du risque. Le résultat d’exploitation augmente de 10 % à 18 milliards de dirhams (1 093,5 milliards de FCFA), notamment grâce à un recul de 13 % du coût du risque, qui ressort à 3,7 milliards de dirhams (224,8 milliards de FCFA).

La banque précise que ce coût du risque représente 0,77 % des encours clientèle à fin décembre 2025, contre 0,95 % en 2024. Dans le vocabulaire bancaire, c’est un signal de qualité : quand le risque coûte moins cher, la rentabilité respire mieux.

Le produit net bancaire dépasse 2 120 milliards FCFA

Le produit net bancaire (PNB) progresse de 5,6 % à 34,9 milliards de dirhams, soit 2 120,18 milliards de FCFA. Selon la direction, cette hausse reflète une dynamique commerciale “favorable”, en particulier sur la collecte de l’épargne et le financement de l’économie au Maroc et dans les autres pays de présence.

Dans une banque panafricaine, c’est souvent là que la performance se joue : la capacité à garder le rythme dans plusieurs zones, en absorbant des cycles économiques différents, sans casser la qualité du portefeuille.

Dépôts et crédits : la croissance se mesure aussi au terrain

Sur l’activité, la banque met en avant une progression à la fois des ressources et des financements. Les dépôts clientèle atteignent 527,2 milliards de dirhams au 31 décembre 2025, en hausse de 9,7 %. Les crédits accordés ressortent à 447,9 milliards de dirhams, soit +8,3 % par rapport à 2024.

Ces chiffres donnent une lecture très simple : l’institution collecte davantage… et finance davantage. Une banque ne gagne durablement que si cette double dynamique reste équilibrée.

Une solidité renforcée : 80,5 milliards de dirhams de fonds propres

Attijariwafa Bank clôture l’exercice 2025 avec une base de solidité renforcée : les fonds propres consolidés augmentent de 11 % pour atteindre 80,5 milliards de dirhams au 31 décembre 2025.

Et parce qu’une performance bancaire se lit aussi en redistribution, le Conseil a décidé de convoquer l’Assemblée générale pour proposer un dividende de 22 dirhams par action.

Ce que ces résultats disent de la banque africaine “nouvelle génération”

Au fond, 2025 met en scène une ambition nette : faire cohabiter croissance commerciale, transformation digitale, discipline du risque et standards de gouvernance. C’est exactement la trajectoire que vise un groupe panafricain qui veut durer : financer plus, servir mieux, digitaliser sans fragiliser, et tenir la rentabilité sans s’exposer inutilement.

Patrick Tchounjo

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