Les deux banques de développement ont approuvé 2,65 milliards de dollars d’opérations dans leur cadre de coopération 2024–2029, soit environ 66 % de l’objectif de 4 milliards. Réunis à Djeddah le 29 octobre, Sidi Ould Tah et Muhammad Al Jasser ont placé la préparation et la réalisation des projets au centre de la prochaine étape.
Par Nora Kémi
Réunir deux financeurs autour d’une infrastructure ne suffit pas à raccourcir son calendrier. Encore faut-il que leurs interventions arrivent au bon moment, répondent à une même préparation et puissent être exécutées ensemble. C’est cette capacité de coordination que la Banque africaine de développement et la Banque islamique de développement cherchent à renforcer dans les 27 pays africains membres des deux institutions.
Un objectif engagé aux deux tiers
Le bilan examiné lors de la rencontre porte sur un dispositif déjà en cours, et non sur une nouvelle enveloppe de 4 milliards de dollars annoncée en novembre. Les approbations de 2,65 milliards laissent un écart de 1,35 milliard avec la cible du cadre 2024–2029. Le périmètre comprend les opérations souveraines et non souveraines.
La réunion est datée du 29 octobre dans le compte rendu de la BID ; la BAD a publié son propre bilan le 1er novembre. Les chiffres communs décrivent des approbations. Ils ne mesurent pas les sommes déjà versées aux projets, dont le calendrier de décaissement n’est pas détaillé.
Pour les États comme pour les entreprises, cet écart de nature compte. Une approbation rend compte d’une décision de financement ; l’avancement d’un chantier dépend ensuite des accords applicables, des conditions de mobilisation et de la capacité à réaliser les dépenses prévues.
La préparation devient un enjeu financier
Énergie, transports, eau, santé, agriculture et sécurité alimentaire figurent parmi les domaines examinés. Les échanges ont également porté sur Mission 300 et sur les zones spéciales de transformation agro-industrielle. Aucune ventilation exhaustive des 2,65 milliards par secteur ou par pays n’accompagne le bilan rendu public.
Le cofinancement peut permettre de réunir des ressources plus importantes autour d’un même projet. Son intérêt économique dépend aussi de la façon dont les financeurs articulent leurs exigences. Un dossier technique insuffisant ou un calendrier mal synchronisé peut reporter les investissements alors même que les capacités financières existent.
Ce chantier prolonge le rapprochement entre la BAD et le Groupe de coordination arabe. L’enjeu consiste à faire fonctionner les partenariats à l’échelle des opérations, avec des responsabilités et un suivi identifiables.
Garanties et ressources concessionnelles dans la discussion
Les deux groupes ont examiné les complémentarités entre financement du commerce, secteur privé, assurance et garanties. Une coopération plus étroite entre le fonds concessionnel de la BID et le Fonds africain de développement a aussi été discutée. Ces pistes ne constituent pas, à ce stade, l’annonce d’un instrument nouveau déjà accessible à tout porteur de projet.
La perspective d’élargir le partenariat et d’en relever la cible a été abordée, sans nouveau montant commun arrêté dans le compte rendu de la BID. Pour les décideurs, les prochains éléments utiles seront la liste des opérations, leur montage et leur progression effective. Cette exigence rejoint celle des débats sur la conversion de l’épargne en investissement productif : la puissance financière se juge aussi à la qualité de son déploiement.
Photo d’archives : siège de la BAD à Abidjan, janvier 2016. Citizen59 / Wikimedia Commons, CC BY 3.0. Cette photographie ne représente pas la réunion de Djeddah.




