Arsène Dansou, Abdel Mumin Zampalegre et Jean-Jacques Golou : le trio de tête de la banque béninoise en 2025
En 2025, la hiérarchie bancaire béninoise raconte davantage qu’une bataille de taille. Derrière les 7 607,6 milliards de FCFA de total de bilan accumulés par le secteur, trois établissements concentrent à eux seuls 3 703,76 milliards de FCFA, soit 48,7 % du marché. Et derrière ces trois banques, trois dirigeants : Arsène Dansou à la BIIC, Abdel Mumin Zampalegre à Bank of Africa Bénin et Jean-Jacques Golou à Coris Bank International Bénin.
Le classement met surtout en évidence une réalité : alors que le secteur bancaire béninois continue de croître, la puissance bilancielle reste fortement concentrée entre quelques acteurs capables de mobiliser des ressources importantes et de financer des volumes croissants d’activité.
Arsène Dansou : la BIIC creuse un écart spectaculaire avec 1 886,83 milliards FCFA

À la tête de la Banque Internationale pour l’Industrie et le Commerce (BIIC) depuis juillet 2022, Arsène Mahougnon Dansou s’est installé au cœur de la nouvelle hiérarchie bancaire béninoise. Haut dirigeant du secteur bancaire et financier national, il pilote aujourd’hui l’établissement qui affiche, de très loin, le premier total de bilan du marché béninois.
À fin 2025, la BIIC atteint 1 886,83 milliards de FCFA d’actifs, soit environ 24,8 % du bilan bancaire national. Une taille qui place l’institution dans une catégorie à part : son bilan est presque deux fois supérieur à celui de Bank of Africa Bénin, deuxième du classement avec 966,61 milliards de FCFA.
Cette avance ne constitue pas seulement un indicateur de taille. Elle traduit le poids qu’a progressivement acquis la BIIC dans le financement de l’économie béninoise, notamment auprès du secteur privé et dans les opérations nécessitant d’importantes capacités de mobilisation de ressources. Sous l’impulsion d’Arsène Mahougnon Dansou, la banque s’est ainsi affirmée comme l’un des piliers stratégiques du système financier national.
La position est d’autant plus significative que la BIIC concentre à elle seule près d’un quart des actifs bancaires du pays. Dans un marché de plus en plus concurrentiel, cette profondeur bilancielle lui donne une capacité d’intervention supérieure sur les financements d’entreprises, les besoins d’investissement et les opérations structurantes.
Mais cette domination appelle aussi une lecture plus exigeante. La taille du bilan mesure la puissance financière, pas automatiquement la rentabilité ni la qualité de l’exécution. Pour Arsène Dansou, l’enjeu consiste donc désormais à transformer cet avantage d’échelle en création de valeur durable, en maîtrise du risque et en capacité renforcée à accompagner la transformation économique du Bénin.
En trois ans à la direction générale, son mandat coïncide ainsi avec une montée en puissance spectaculaire de la BIIC. En 2025, cette progression place clairement la banque au sommet du système bancaire béninois.
Abdel Mumin Zampalegre : BOA Bénin conserve une puissance historique

Avec un total de bilan de 966,61 milliards de FCFA en 2025, Bank of Africa Bénin occupe la deuxième place du marché bancaire national et représente environ 12,7 % du bilan sectoriel.
À sa tête, Abdel Mumin Zampalegre pilote la filiale béninoise depuis septembre 2023. Sa nomination s’inscrivait dans une logique de mobilité interne au sein du groupe panafricain Bank of Africa, à travers une permutation de fonctions avec Sadio Cissé, illustrant la volonté du groupe de faire circuler ses profils dirigeants entre plusieurs marchés.
Sous sa direction, BOA Bénin conserve une position de poids lourd dans le paysage bancaire local. L’établissement reste solidement installé au deuxième rang, même si l’écart avec la BIIC est désormais important : près de 920 milliards de FCFA séparent les deux banques en termes de total bilan.
Cette deuxième place demeure néanmoins stratégique. BOA Bénin bénéficie d’un ancrage historique, d’une forte présence commerciale et de l’appui d’un groupe bancaire panafricain disposant d’une expérience profonde des marchés africains. Autant d’atouts qui lui permettent de conserver une capacité significative de mobilisation de ressources et de financement de l’économie.
Pour Abdel Mumin Zampalegre, l’enjeu est désormais double : préserver cette position de premier challenger tout en réduisant l’écart avec la BIIC, dans un marché béninois où la croissance du bilan ne suffit plus à elle seule à garantir le leadership.
Sa position à la tête de BOA Bénin traduit ainsi une réalité claire : malgré la domination actuelle de la BIIC, Bank of Africa demeure l’un des acteurs capables de peser durablement sur la structure du marché bancaire béninois.
Jean-Jacques Golou : Coris Bank Bénin s’installe dans le premier cercle

La troisième place du marché bancaire béninois revient à Coris Bank International Bénin, dirigée par Jean-Jacques Golou, avec un total de bilan de 850,32 milliards de FCFA en 2025, soit environ 11,2 % du marché.
Jean-Jacques Golou a pris la direction générale de la filiale béninoise en juin 2019. Depuis sa nomination, son mandat s’est inscrit dans une dynamique de transformation numérique, d’innovation technique et de renforcement de l’accompagnement des PME, trois leviers devenus centraux dans la compétition bancaire au Bénin.
La position de Coris est d’autant plus significative qu’elle reste extrêmement disputée. Avec 850,32 milliards de FCFA de bilan, la banque ne devance NSIA Banque Bénin que d’environ 14,8 milliards de FCFA. Contrairement à la première place, largement dominée par la BIIC, la bataille pour le troisième rang se joue donc dans un mouchoir de poche.
Cette situation donne une lecture particulière du mandat de Jean-Jacques Golou : il ne s’agit plus seulement de consolider la croissance de Coris Bank International Bénin, mais de défendre une position stratégique dans un environnement où quelques dizaines de milliards de FCFA peuvent suffire à modifier la hiérarchie du marché.
Sa fonction de président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Bénin renforce par ailleurs son poids institutionnel. Elle le place au croisement des enjeux de concurrence, de régulation, de modernisation du secteur et de financement de l’économie.
Depuis 2019, Jean-Jacques Golou a ainsi accompagné Coris dans une phase de montée en puissance qui l’a installée parmi les trois plus grands bilans bancaires du pays. Le défi, désormais, est clair : transformer cette troisième place en avantage durable, dans un marché où la taille, la digitalisation et la capacité à servir efficacement les PME deviennent les principaux marqueurs de puissance bancaire.
Top 10 des banques béninoises par total de bilan en 2025
| Rang | Banque | Total bilan 2025 | Part approximative du marché |
|---|---|---|---|
| 1 | BIIC | 1 886,83 Mds FCFA | 24,8 % |
| 2 | Bank of Africa Bénin | 966,61 Mds FCFA | 12,7 % |
| 3 | Coris Bank International Bénin | 850,32 Mds FCFA | 11,2 % |
| 4 | NSIA Banque Bénin | 835,5 Mds FCFA | 11,0 % |
| 5 | Ecobank Bénin | 720,9 Mds FCFA | 9,5 % |
| 6 | UBA Bénin | 467,4 Mds FCFA | 6,1 % |
| 7 | BSIC Bénin | 466,5 Mds FCFA | 6,1 % |
| 8 | Société Générale Bénin | 337,6 Mds FCFA | 4,4 % |
| 9 | Orabank Bénin | 327,1 Mds FCFA | 4,3 % |
| 10 | BGFIBank Bénin | 316,0 Mds FCFA | 4,2 % |
À eux seuls, ces dix établissements concentrent environ 94,3 % du bilan bancaire béninois. Les cinq premiers en représentent déjà près de 69,1 %. Le marché apparaît donc profondément concentré.
Un secteur plus gros, mais pas nécessairement plus rentable
Le paradoxe de 2025 se trouve ici. Le bilan bancaire progresse de 9 %, les crédits à la clientèle de 8,3 %, à 3 690,7 milliards de FCFA, et les dépôts de 6,2 %, à 4 669,4 milliards. Les crédits à long terme bondissent même de 20,1 %.
La croissance est donc réelle.
Mais elle ne se traduit pas automatiquement dans les résultats. Le ROE recule de 17,8 % à 15,2 %, le rendement des actifs passe de 1,5 % à 1,2 % et la marge nette tombe de 41,6 % à 35,1 %.
C’est probablement le principal enseignement stratégique du millésime 2025 : la prochaine bataille bancaire béninoise ne se jouera plus uniquement sur la taille du bilan.
Elle portera sur la qualité des actifs, le coût des ressources, la productivité, le digital et surtout la capacité à transformer les volumes en rentabilité durable.
Dans cette compétition, Arsène Dansou dispose aujourd’hui de l’avantage de masse. Abdel Mumin Zampalegre conserve une position de challenger de premier plan. Jean-Jacques Golou, lui, a installé Coris dans un troisième fauteuil particulièrement disputé.
Le bilan mesure la puissance accumulée. Les prochaines années diront qui sait le mieux la convertir en création de valeur.
Patrick Tchounjo
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