Henri-Claude Oyima maintient BGFI Assurances au sommet du marché gabonais avec 22,6 milliards de FCFA de chiffre d’affaires
Être numéro un tout en reculant de près de 17 % résume à lui seul le paradoxe de BGFI Assurances en 2025. La compagnie, nouvelle dénomination d’Assinco, conserve la première place du marché gabonais avec 22,656 milliards de FCFA de chiffre d’affaires et 15,67 % de parts de marché sur le périmètre Dommages et Vie. Mais derrière cette domination se dessine une bataille beaucoup plus exigeante : défendre une position historique dans un marché où plusieurs concurrents avancent rapidement.
Cette situation prend une dimension particulière dans l’écosystème porté par Henri-Claude Oyima, PDG du groupe BGFIBank, figure centrale de la finance gabonaise et régionale. Le changement d’identité d’Assinco vers BGFI Assurances rapproche désormais plus explicitement la compagnie d’une marque bancaire devenue l’une des principales signatures financières d’Afrique centrale. Dès lors, le maintien du leadership ne suffit plus : il faut convertir la puissance de marque en dynamique commerciale.
22,656 milliards FCFA, mais un recul qui change la lecture
Le premier chiffre à retenir est naturellement celui du leadership : 22,656 milliards de FCFA de chiffre d’affaires, soit 15,67 % du marché global.
Ces données permettent d’estimer la taille du marché concerné autour de 145 milliards de FCFA.
Mais la donnée la plus stratégique est ailleurs : l’activité de BGFI Assurances a reculé de 16,89 % en 2025. À performance comparable, son chiffre d’affaires de l’exercice précédent se situait autour de 27,3 milliards de FCFA. La contraction représente donc approximativement 4,6 milliards de FCFA de revenus en moins.
La compagnie reste première, mais son avance n’est plus synonyme d’immobilité concurrentielle.
Sanlam Allianz suit avec 18,651 milliards de FCFA et 12,90 % de parts de marché. L’écart avec BGFI Assurances demeure de près de 4 milliards de FCFA et 2,77 points de parts de marché.
Plus loin, SUNU Assurances Vie Gabon atteint 16,913 milliards de FCFA, soit 11,70 % du marché, avec surtout une progression de 12,62 %.
Le contraste est clair : le leader recule pendant qu’un de ses principaux poursuivants accélère.
L’IARD reste le véritable rempart de BGFI Assurances
La solidité de BGFI Assurances apparaît beaucoup plus nette dans les activités dommages.
Avec 21,95 % de parts de marché en IARD, la compagnie reste largement installée en première position devant Sanlam Allianz, à 18,07 %.
C’est probablement sur ce terrain que se jouera une grande partie de la défense de son leadership.
Mais la compétition se durcit. OGAR réalise l’une des performances les plus remarquables de l’exercice : 16,865 milliards de FCFA de chiffre d’affaires, en hausse de 28,18 %, et une remontée spectaculaire de la cinquième à la troisième place.
NSIA Assurances détient 16,25 % du marché et AXA Gabon 14,96 %.
Le message adressé aux leaders est limpide : les positions sont solides, mais elles ne sont plus figées.
La Vie montre à quel point le marché se recompose
Sur le segment Vie, la hiérarchie est encore différente.
SUNU Assurances Vie domine avec 40,92 %, suivie d’OGAR Vie à 38,48 %. NSIA Vie atteint 19,50 %, portée par une croissance de 21,86 %.
Cette structure montre que le leadership global de BGFI Assurances repose fortement sur sa puissance dans les dommages plutôt que sur une domination homogène de tous les métiers.
C’est une donnée importante pour comprendre la prochaine phase stratégique de la compagnie.
Pourquoi Henri-Claude Oyima compte dans cette nouvelle séquence
Le repositionnement intervient alors que la marque BGFI occupe déjà une place centrale dans l’architecture financière régionale.
Henri-Claude Oyima, à la tête du groupe BGFIBank, préside également la Fédération des Entreprises du Gabon et le conseil d’administration de la BVMAC. Cette position au croisement de la banque, du financement des entreprises et du marché des capitaux donne une résonance particulière à l’évolution de BGFI Assurances.
Le changement de nom d’Assinco intervient donc au moment où l’enjeu dépasse la seule conservation d’une première place : il s’agit de savoir jusqu’où une marque financière puissante peut créer davantage de valeur entre banque, assurance et services financiers.
Mais le principal risque serait de confondre leadership de marché et dynamique de croissance.
Une baisse de 16,89 % reste significative, surtout lorsque des concurrents progressent de plus de 20 % ou 28 %. Pour BGFI Assurances, la priorité sera donc de stopper l’érosion tout en préservant son avantage en IARD.
Le leadership doit désormais être défendu par la croissance
L’exercice 2025 ne raconte donc pas le déclin d’un leader. Il raconte plutôt le début d’une bataille pour la consolidation.
BGFI Assurances dispose encore de l’avantage de la taille, de la première place et d’une forte position sur les dommages. Mais OGAR, SUNU, Sanlam Allianz et NSIA montrent que la concurrence se réorganise rapidement.
Pour l’écosystème financier auquel est associé Henri-Claude Oyima, la prochaine étape sera déterminante : faire du passage d’Assinco à BGFI Assurances autre chose qu’un changement d’identité.
À 22,656 milliards de FCFA, le leadership est encore acquis. La véritable mesure de puissance sera désormais la capacité de BGFI Assurances à renouer avec la croissance sans céder les parts de marché qui font aujourd’hui sa force.
Patrick Tchounjo
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