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1 791 milliards FCFA de bilan : Rachid El Bouzidi défend la première place de CBAO au Sénégal

Par patrick tchounjo4 min de lecture
1 791 milliards FCFA de bilan : Rachid El Bouzidi défend la première place de CBAO au Sénégal

Être numéro un est une position. Le rester est une stratégie. Au Sénégal, cette équation est désormais celle de Rachid El Bouzidi, Directeur général de CBAO Groupe Attijariwafa bank. Le dernier état du secteur bancaire dressé par la Commission bancaire de l’UMOA, portant sur l’exercice clos au 31 décembre 2025 et publié en août 2026, confirme la banque à la première place nationale avec 1 791 milliards de FCFA de total bilan. Mais derrière cette stabilité apparente, le marché sénégalais est en train de changer de nature.

Avec 29 banques, 4 établissements financiers et 15 681 milliards de FCFA d’actifs cumulés, le Sénégal représente 19,2 % des actifs bancaires de l’Union, derrière la Côte d’Ivoire. C’est un marché devenu suffisamment profond pour attirer des stratégies de conquête très différentes : puissance de bilan, finance islamique, financement des PME, spécialisation corporate et banque digitale.

Pour Rachid El Bouzidi, le véritable défi commence précisément là.

CBAO domine encore, mais la concurrence se rapproche

La CBAO conserve une avance significative. Son bilan atteint 1 791 milliards de FCFA, devant Société Générale Sénégal et ses 1 615,3 milliards. La banque dispose également d’un avantage opérationnel majeur : 88 agences, le réseau le plus dense du pays, et plus de 433 000 comptes.

Cette combinaison donne à Rachid El Bouzidi une plateforme difficile à répliquer rapidement : taille, distribution, base clientèle et puissance d’un groupe bancaire régional.

Mais son mandat ne consiste plus seulement à préserver cet héritage. Pur produit d’Attijariwafa bank, où il a construit plus de trente années de carrière, le banquier marocain doit désormais empêcher que la domination historique de CBAO ne se transforme en simple avantage de taille face à des concurrents plus mobiles.

Car derrière le duo CBAO–Société Générale, la hiérarchie bouge.

BIS et BNDE montrent que le marché n’est plus figé

La Banque Islamique du Sénégal réalise l’une des progressions les plus significatives du secteur en accédant à la troisième place avec 1 291,3 milliards de FCFA de bilan. Elle devance désormais Ecobank Sénégal, quatrième avec 1 248,3 milliards.

Cette évolution est importante : elle montre qu’une stratégie différenciée peut désormais déplacer des acteurs historiquement installés.

Même signal du côté de la BNDE, passée de la huitième à la cinquième position grâce à un positionnement davantage orienté vers le financement des PME, des entrepreneurs et des priorités économiques nationales.

Pour CBAO, ces mouvements imposent une lecture nouvelle de la concurrence. Le danger ne vient plus uniquement d’une autre grande banque universelle. Il peut venir d’un établissement spécialisé capable de mieux capter un segment précis du marché.

Le prochain adversaire est aussi digital

La progression d’Orange Bank ajoute une deuxième rupture.

Alors que les banques traditionnelles ont construit leur puissance sur le bilan, les agences et la collecte des dépôts, les nouveaux acteurs numériques peuvent accélérer autrement : distribution mobile, ouverture rapide des comptes et exploitation d’écosystèmes technologiques déjà massifs.

Rachid El Bouzidi doit donc défendre simultanément deux frontières : la taille financière face aux grands concurrents et la relation client face aux nouveaux entrants digitaux.

C’est probablement là que se joue la prochaine étape pour CBAO.

Du leadership de taille au leadership d’usage

La première banque du Sénégal dispose encore des attributs classiques de la domination : un bilan supérieur à ses concurrents, un réseau physique considérable et une base de clientèle importante.

Mais les chiffres du secteur montrent également que ces avantages ne sont plus irréversibles.

La montée de la BIS, l’accélération de la BNDE, la recomposition de BICIS sous le contrôle de SUNU et la percée d’Orange Bank dessinent un marché où les positions peuvent désormais évoluer beaucoup plus rapidement.

Pour Rachid El Bouzidi, maintenir CBAO au sommet nécessitera donc davantage que préserver 1 791 milliards de FCFA de bilan. Il lui faudra convertir cette puissance en innovation, qualité d’expérience, rapidité d’exécution et profondeur commerciale.

La CBAO reste aujourd’hui la banque à battre au Sénégal. Mais dans un marché qui se fragmente et se digitalise, le véritable test de son Directeur général sera de faire en sorte que le leadership historique demeure un leadership d’avenir.

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