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Finance de développement

Café-cacao : avec 300 milliards FCFA mobilisés, Youssouf Fadiga place la BNI au cœur du financement de la campagne 2026-2027

Par patrick tchounjo3 min de lecture
Café-cacao : avec 300 milliards FCFA mobilisés, Youssouf Fadiga place la BNI au cœur du financement de la campagne 2026-2027

Dans le café-cacao, la bataille ne se joue pas seulement dans les plantations. Elle se joue aussi dans les bilans bancaires. À l’approche de la campagne principale 2026-2027, la Banque Nationale d’Investissement (BNI) veut renforcer sa capacité à financer l’une des chaînes de valeur les plus structurantes de Côte d’Ivoire. Son Directeur général, Youssouf Fadiga, a annoncé la mobilisation d’une enveloppe de 300 milliards de FCFA, en progression de 6 %, destinée à accompagner les différents acteurs de la filière.

L’annonce, faite dans le prolongement de la 8ᵉ édition du Networking Café-Cacao BNI, organisée le 20 août à Abidjan, dépasse la seule communication commerciale. Elle traduit un choix stratégique : augmenter les capacités de financement au moment où producteurs, coopératives et entreprises doivent simultanément mobiliser d’importantes ressources pour acheter, collecter, stocker et commercialiser la production.

300 milliards FCFA : derrière le montant, une question de liquidité

Une campagne agricole de cette dimension exige des besoins considérables en fonds de roulement. Avant même que les recettes liées à la commercialisation ne soient encaissées, les opérateurs doivent financer une succession d’opérations qui mobilisent rapidement la trésorerie.

C’est précisément là que la décision portée par Youssouf Fadiga prend tout son sens.

En augmentant de 6 % son enveloppe de financement, la BNI ne cherche pas simplement à distribuer davantage de crédit. Elle renforce sa capacité à intervenir comme fournisseur de liquidité d’une chaîne économique stratégique, dans laquelle une insuffisance de financement peut ralentir la collecte, fragiliser les coopératives ou limiter les capacités d’achat des opérateurs.

L’enjeu est donc moins le chiffre de 300 milliards lui-même que sa capacité à circuler rapidement jusqu’aux acteurs qui en ont besoin.

Youssouf Fadiga positionne la BNI au cœur de l’écosystème

La démarche traduit également une évolution du rôle de la banque.

Aux côtés de Jérôme Ahua, Directeur général adjoint en charge du Commercial, et des équipes spécialisées dans la clientèle entreprises, les institutions financières, les particuliers et le réseau, Youssouf Fadiga cherche à installer la BNI dans une logique d’accompagnement transversal de la filière.

Cette architecture est importante. Le café-cacao rassemble des profils financiers très différents : producteurs, coopératives, exportateurs et entreprises ayant chacun leurs besoins, leur cycle de trésorerie et leur exposition au risque.

Pour la banque, la difficulté consiste donc à financer davantage sans dégrader la qualité du risque. Plus l’enveloppe augmente, plus la sélection des contreparties, la maîtrise des décaissements et le suivi des remboursements deviennent déterminants.

Le véritable test sera l’exécution

C’est ici que commence la lecture analytique du dispositif.

Les 300 milliards de FCFA constituent une capacité de financement. Ils ne constituent pas encore un impact économique.

La réussite de l’opération dépendra de trois éléments : la rapidité avec laquelle les ressources seront effectivement mobilisées, leur répartition entre les différents maillons de la chaîne et leur capacité à renforcer durablement la compétitivité des bénéficiaires.

Sous Youssouf Fadiga, la BNI semble ainsi vouloir dépasser son rôle de prêteur pour devenir davantage un partenaire financier structurant de la filière café-cacao.

Dans une économie où cette activité conserve un poids considérable, l’enjeu est majeur. Financer efficacement une campagne, c’est soutenir simultanément la circulation de la trésorerie, les revenus agricoles, l’activité des entreprises et la capacité d’exportation du pays.

Avec 300 milliards de FCFA mobilisés, Youssouf Fadiga place donc la BNI devant un double défi : apporter davantage de capital à la filière, mais surtout démontrer que chaque franc injecté peut produire davantage de fluidité, de compétitivité et de valeur économique.

Patrick Tchounjo

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