90 milliards FCFA en trois émissions : Kalidou Diallo propulse CGF Bourse au cœur de la finance durable dans l’UEMOA
Le premier coup est parti le 7 septembre 2026. Baobab Côte d’Ivoire a ouvert une émission obligataire de 20 milliards de FCFA. Dans deux semaines, Baobab Sénégal prendra le relais. Puis, début octobre, Shelter Afrique Development Bank entrera à son tour sur le marché avec une opération de 60 milliards de FCFA. Au total : 90 milliards de FCFA à mobiliser en quelques semaines. Derrière cette rentrée financière particulièrement offensive se trouve CGF Bourse et, à sa tête depuis mars 2024, Kalidou Diallo.
Plus qu’une succession d’opérations, cette séquence raconte la stratégie d’un dirigeant qui cherche à positionner l’une des plus anciennes SGI de l’UEMOA au centre d’un nouveau marché : celui d’une finance régionale capable de conjuguer rendement, mobilisation de l’épargne et impact économique.
Et le timing n’a rien d’anodin.
Trois émissions, une même bataille : orienter le capital vers l’économie réelle
Depuis hier, Baobab Côte d’Ivoire sollicite ainsi les investisseurs pour une émission de 20 milliards de FCFA d’obligations liées à la durabilité, rémunérées à 6,80 % brut par an sur cinq ans.
L’enjeu dépasse le rendement offert aux souscripteurs. Les capitaux mobilisés doivent renforcer l’accès au financement des petites et moyennes entreprises, dans une économie ivoirienne où le financement du tissu entrepreneurial demeure l’un des grands défis de transformation.
Le 22 septembre, CGF Bourse remettra la machine en marche avec Baobab Sénégal. Montant recherché : 10 milliards de FCFA, également sur cinq ans à 6,80 %. Cette fois, l’attention se porte notamment sur le financement des activités économiques et l’inclusion des femmes et des jeunes.
Mais le véritable changement d’échelle interviendra le 7 octobre.
Shelter Afrique Development Bank prévoit alors de lever 60 milliards de FCFA pour soutenir notamment le logement abordable et l’aménagement urbain dans la région. L’émission sera répartie entre des maturités de cinq et sept ans, rémunérées respectivement à 6,10 % et 6,30 %.
En moins d’un mois, CGF Bourse aura donc connecté le marché régional à trois problématiques majeures : financement des PME, inclusion économique et logement.
Kalidou Diallo, le pari du changement d’échelle
C’est ici que la personnalité de Kalidou Diallo devient centrale.
Lorsqu’il prend la direction générale de CGF Bourse en mars 2024, il hérite d’une institution historiquement installée dans l’écosystème financier ouest-africain. Le défi n’est pas simplement de préserver cet héritage. Il consiste à lui donner une nouvelle profondeur dans un marché où la différenciation se joue désormais sur la capacité à structurer des opérations plus sophistiquées, à attirer des émetteurs de qualité et à ouvrir de nouveaux compartiments d’investissement.
La série actuelle de 90 milliards de FCFA donne une traduction concrète à cette ambition.
CGF Bourse ne veut plus seulement être l’intermédiaire qui rapproche investisseurs et émetteurs. Elle cherche à devenir l’un des architectes de la transformation du marché des capitaux de l’UEMOA.
Les distinctions obtenues comme Meilleure Société de Gestion et d’Intermédiation de l’UEMOA en 2025 puis en 2026 renforcent cette dynamique. Mais, pour Kalidou Diallo, la véritable mesure du leadership se trouve désormais ailleurs : dans la capacité à transformer cette reconnaissance en volumes, en innovation et surtout en opérations capables de servir l’économie réelle.
La finance durable change de dimension dans l’UEMOA
Le symbole est d’autant plus fort que ces opérations participent à l’élargissement encore récent du marché des obligations vertes et durables de la BRVM.
CGF Bourse avait déjà montré sa capacité à explorer des instruments alternatifs, notamment avec un Sukuk d’État en janvier 2026. La séquence engagée depuis le 7 septembre confirme une stratégie plus large : diversifier les solutions de financement disponibles et faire du marché régional un levier plus direct du développement.
Car derrière les 90 milliards de FCFA se joue une bataille plus fondamentale.
L’UEMOA dispose d’une épargne institutionnelle importante, portée notamment par les banques, compagnies d’assurances, caisses de retraite et sociétés de gestion. L’un des grands enjeux est désormais de transformer davantage cette épargne en capitaux longs au service des entreprises, des infrastructures et des besoins sociaux.
C’est précisément sur ce terrain que Kalidou Diallo positionne CGF Bourse.
À peine plus de deux ans après son arrivée à la direction générale, le dirigeant engage ainsi son institution dans une phase où le leadership ne se mesure plus seulement aux parts de marché ou aux distinctions professionnelles, mais à la capacité d’orienter le capital régional vers les grands besoins de transformation de l’Afrique de l’Ouest.
Avec 90 milliards de FCFA programmés entre septembre et octobre, CGF Bourse ne se contente plus d’accompagner l’évolution de la finance durable dans l’UEMOA.
Sous Kalidou Diallo, elle veut clairement contribuer à en fixer le rythme.
Patrick Tchounjo
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