Cyrille Bertrand Onana, le stratège camerounais qui veut redéfinir la dette en Afrique centrale

Dans l’univers feutré mais décisif de la finance africaine, certains noms s’imposent avec une discrétion presque paradoxale. Ils ne cherchent pas la lumière, mais deviennent incontournables par la force de leur expertise et la constance de leur action. Cyrille Bertrand Onana appartient à cette catégorie de bâtisseurs dont l’influence dépasse largement les fonctions qu’ils occupent.
Reconnu comme l’un des experts financiers camerounais les plus crédibles de sa génération, il s’est imposé au fil des années comme une figure majeure du développement des marchés de capitaux en Afrique centrale. Aujourd’hui Président du Conseil d’Administration de Horus Investment Capital, société de bourse agréée par la COSUMAF, il incarne une vision stratégique de la finance où la structuration des marchés devient un levier essentiel de transformation économique dans la zone CEMAC.
Dès qu’il est question de dette souveraine, de structuration d’émissions obligataires ou de profondeur du marché financier régional, son nom revient avec une régularité révélatrice. Son parcours porte une conviction forte, presque structurante : sans marchés de capitaux solides, aucune transformation économique durable ne peut s’ancrer dans la sous-région.
Une formation et une vision forgées entre terrain et stratégie
Le socle de cette trajectoire repose sur une formation qui allie compréhension académique et lecture opérationnelle des enjeux financiers. Diplômé de la BGFI Business School et de l’Université de Ngaoundéré, Cyrille Bertrand Onana développe très tôt une capacité à articuler théorie économique et réalité des marchés.
Cette double culture nourrit une vision de la finance tournée vers l’impact. Elle lui permet de comprendre rapidement les limites des modèles traditionnels et d’anticiper le rôle croissant des marchés de capitaux dans le financement des économies africaines.
Des expériences structurantes au cœur des grandes institutions
Avant de s’imposer comme un acteur central des marchés de capitaux en Afrique centrale, Cyrille Bertrand Onana construit son expertise au sein d’institutions de référence. Son passage par BGFI Bourse lui offre une immersion directe dans les mécanismes de marché et les logiques d’intermédiation financière.
Il élargit ensuite son champ d’action à l’échelle continentale à travers la Banque Africaine de Développement, où il se confronte aux enjeux de financement des États et des grandes infrastructures. Cette expérience renforce sa capacité à appréhender les équilibres macroéconomiques et les besoins structurels des économies africaines.
Son parcours se poursuit dans l’univers du conseil et de l’investissement avec Blue Kpital Investment Banking, où il affine sa maîtrise de l’ingénierie financière et de la structuration d’opérations complexes.
Horus Investment Capital, l’aboutissement d’une ambition
C’est en 2020 que Cyrille Bertrand Onana concrétise sa vision en fondant Horus Investment Capital. À travers cette société de bourse, il ambitionne de structurer un acteur capable de connecter les États, les entreprises et les investisseurs autour d’un même objectif : mobiliser des ressources pour financer durablement les économies.
En tant que Directeur Général, fonction qu’il occupe jusqu’en novembre 2025, il pilote la montée en puissance de l’institution. Sous sa direction, Horus contribue à mobiliser plus de 360 milliards de francs CFA sur les marchés régionaux, renforçant progressivement la crédibilité de la BVMAC.
Son accession à la présidence du Conseil d’Administration marque une nouvelle étape. Elle traduit la reconnaissance d’un rôle désormais plus stratégique, au moment où l’entreprise entre dans une phase de consolidation et d’expansion.
Une signature : la structuration à grande échelle
Avec plus de vingt ans d’expérience dans la banque et le conseil financier, Cyrille Bertrand Onana s’impose comme un professionnel capable d’opérer à grande échelle. Au fil de sa carrière, il a contribué à structurer des levées de fonds dépassant les mille milliards de francs CFA au profit d’États et d’entreprises de la sous-région.
Cette capacité à mobiliser des ressources importantes témoigne d’une maîtrise fine des mécanismes de marché, mais aussi d’une crédibilité acquise auprès des investisseurs et des institutions.
La dette souveraine, entre vigilance et stratégie
Au cœur de son expertise se trouve la dette souveraine, un sujet à la fois technique et stratégique pour les économies africaines. Cyrille Bertrand Onana en propose une lecture lucide, rappelant régulièrement que l’endettement, lorsqu’il est mal maîtrisé, peut devenir un facteur de fragilité économique.
Mais au-delà de cette vigilance, il s’inscrit dans une logique de solutions. Il plaide pour une meilleure gouvernance, une discipline budgétaire renforcée et une utilisation plus stratégique des instruments financiers.
Créer des ponts entre finances publiques et marchés
L’une des forces de Cyrille Bertrand Onana réside dans sa capacité à rapprocher des univers souvent cloisonnés. En s’impliquant dans l’organisation du Colloque financier international de la CEMAC consacré à la restructuration de la dette, il participe à la construction d’un espace de dialogue inédit entre États, institutions financières et acteurs de marché.
Cette démarche illustre une vision où la finance devient un outil de coordination, capable de créer des passerelles entre les besoins publics et les mécanismes de financement.
Une ambition pour la finance africaine
Au-delà des fonctions qu’il occupe, Cyrille Bertrand Onana porte une ambition claire. Il défend l’idée d’une finance africaine plus structurée, plus crédible et plus utile à l’économie réelle.
Il milite pour une mobilisation plus efficace de l’épargne locale, pour un accès élargi des entreprises aux marchés de capitaux et pour une transformation progressive des mécanismes de financement dans la CEMAC.
L’empreinte d’un bâtisseur discret
Dans un environnement où la transformation économique dépend de la qualité des outils financiers, Cyrille Bertrand Onana apparaît comme l’un de ces architectes de l’ombre qui façonnent durablement les équilibres.
Son parcours rappelle que la finance ne se limite pas à lever des fonds. Elle consiste à créer des cadres, à instaurer la confiance et à bâtir des mécanismes capables de soutenir le développement sur le long terme.
Et dans cette construction patiente, il s’impose comme l’un des visages les plus crédibles de la montée en puissance des marchés de capitaux en Afrique centrale.
Patrick Tchounjo



