Malya Capital : le feu vert de la COSUMAF place Jean-Claude Ngbwa et Eugène Cissé Kouoh au cœur de la bataille du financement en CEMAC

Quelques mois après leur départ de FedhEn Capital, Jean-Claude Ngbwa et Eugène Cissé Kouoh reviennent sur le marché de l’intermédiation financière avec Malya Capital. Agréée par la COSUMAF, la nouvelle société de bourse affiche une ambition claire : accompagner davantage d’entreprises de la CEMAC dans leurs levées de fonds et mieux orienter l’épargne, notamment celle de la diaspora, vers le financement de l’économie réelle.
L’arrivée de Malya Capital intervient dans un marché financier régional encore largement dominé par le crédit bancaire. Pour de nombreuses entreprises camerounaises, gabonaises, congolaises ou équato-guinéennes, la banque reste le premier réflexe lorsqu’il faut financer une expansion, une acquisition, un investissement industriel ou un besoin de long terme.
Ce modèle montre pourtant ses limites. Les contraintes prudentielles des établissements bancaires, le coût du crédit, les exigences en matière de garanties et la durée parfois courte des financements rendent plus difficile l’accompagnement de certains projets structurants.
C’est précisément sur ce terrain que Malya Capital entend construire son positionnement.
Deux expertises au service d’une même ambition
Le profil de ses fondateurs constitue l’un des premiers atouts de la nouvelle structure.
Ancien Directeur général de la BVMAC, Jean-Claude Ngbwa connaît de l’intérieur l’architecture, la réglementation et les mécanismes du marché financier régional. Il apporte une compréhension fine de ses forces, mais également de ses principales faiblesses : faible nombre d’émetteurs, liquidité limitée et recours encore insuffisant des entreprises aux marchés de capitaux.
Eugène Cissé Kouoh complète cette expertise par une expérience davantage orientée vers la gestion d’actifs et les investisseurs.
Leur association réunit ainsi deux dimensions essentielles du métier : structurer des opérations capables de convaincre les entreprises et mobiliser les capitaux nécessaires à leur financement.
Faire émerger davantage d’émetteurs
Pour Malya Capital, le véritable défi ne sera pas simplement d’exécuter des transactions déjà existantes. Il sera de contribuer à créer de nouvelles opérations.
Cela suppose d’identifier les entreprises susceptibles d’accéder au marché, de les accompagner dans l’amélioration de leur gouvernance et de leur information financière, puis de choisir les instruments les plus adaptés à leurs besoins : emprunts obligataires, augmentations de capital, placements privés ou introductions en Bourse.
Le sujet est central en Afrique centrale. De nombreuses entreprises disposent d’activités solides et de perspectives de croissance, mais restent encore insuffisamment structurées pour répondre aux exigences des investisseurs institutionnels.
La valeur ajoutée de Malya Capital pourrait donc se situer autant dans le conseil et la préparation des émetteurs que dans l’intermédiation proprement dite.
La diaspora comme nouvelle source de capital
Le second axe annoncé concerne l’épargne de la diaspora.
L’ambition est pertinente : transformer une partie des ressources détenues à l’extérieur de la région en investissements dirigés vers les entreprises et les économies de la CEMAC.
Mais la mobilisation de cette épargne reposera d’abord sur la confiance. Les investisseurs devront disposer d’une information financière claire, de produits accessibles, de mécanismes de souscription simples et d’une visibilité suffisante sur les conditions de sortie de leurs investissements.
Le numérique peut faciliter cette connexion. Il ne pourra cependant remplacer ni la qualité des actifs proposés ni la transparence des émetteurs.
Transformer l’épargne en capital productif
L’agrément de Malya Capital ajoute un nouvel acteur à l’écosystème financier régional. Mais sa réussite se mesurera moins à son statut de société de bourse qu’à sa capacité à générer des opérations concrètes.
L’enjeu est désormais de rapprocher trois mondes qui communiquent encore insuffisamment : les entreprises en quête de capitaux, les investisseurs à la recherche d’opportunités et l’épargne disponible dans la région comme dans la diaspora.
Jean-Claude Ngbwa et Eugène Cissé Kouoh connaissent les contraintes du marché financier de la CEMAC. Avec Malya Capital, ils devront désormais démontrer qu’ils peuvent transformer cette connaissance en transactions, en capitaux mobilisés et, surtout, en financement durable pour les entreprises régionales.
Patrick Tchounjo



