Le rapport 2025 du COFEB, publié le 5 novembre 2026, fait apparaître une forte progression des participations aux formations destinées aux établissements financiers et aux administrations publiques. Derrière ce mouvement, un enjeu pour les dirigeants de l’UEMOA : associer les nouveaux outils numériques à la maîtrise des risques, de la liquidité et des obligations de contrôle.
Par Ariane Noma
Une plateforme peut être installée avant que l’organisation sache pleinement la piloter. Pour une banque, l’écart se joue dans les équipes : comprendre les risques d’un produit, contrôler une donnée, apprécier un scénario de liquidité ou encadrer un prestataire. La publication du bilan du Centre Ouest Africain de Formation et d’Études Bancaires offre une lecture concrète de ces besoins de compétences.
Les participations externes progressent de 88,52 %
Le rapport d’activités 2025 recense 1 314 participants aux formations externes destinées aux assujettis et aux administrations publiques, contre 697 en 2024, soit une hausse de 88,52 %. Dans cet ensemble, les séminaires consacrés aux innovations et à l’accompagnement des réformes passent de 614 à 1 228 participants.
Ces volumes décrivent l’activité de formation du Centre. Ils ne constituent ni un décompte des recrutements bancaires ni une mesure du nombre de professionnels devenus autonomes sur chaque sujet. Additionner les différents programmes sans vérifier leurs périmètres exposerait également à confondre personnes et participations.
Le numérique reste lié à la gestion bancaire
Les thèmes traités comprennent la gouvernance des systèmes d’information avec COBIT 2019, l’évaluation interne de l’adéquation de la liquidité, les produits de taux, le financement de projet et la finance durable. Le parcours certifiant de finance digitale organisé avec l’ATTF du Luxembourg a accueilli 27 participants externes en 2025.
Ce rapprochement entre technologie et contrôle donne au bilan son intérêt économique. Un projet numérique se juge aussi sur la disponibilité des fonds, la fiabilité du rapprochement comptable et la capacité à traiter un incident. Former uniquement à l’utilisation d’un outil laisserait de côté les décisions qui engagent le bilan et la responsabilité de l’établissement.
Notre guide pour vérifier un prestataire de paiement dans l’UMOA illustre cette articulation : la qualité d’une interface ne remplace pas l’identification des acteurs et des responsabilités. Le développement des paiements transfrontaliers autour du PAPSS ajoute, lui, des questions de change et de liquidité aux enjeux techniques.
Pour les directions, mesurer ce qui change après la formation
L’annonce de publication du 5 novembre souligne aussi la place de l’intelligence artificielle et des travaux sur l’inflation, le climat et la transmission monétaire. Ces orientations concernent des activités réalisées en 2025 ; elles ne doivent pas être présentées comme un nouveau programme ouvert aujourd’hui.
Pour une direction générale ou des ressources humaines, la question utile commence après la participation : quel processus sera amélioré, par quelle équipe et avec quelle preuve ? Une formation à la liquidité peut déboucher sur un exercice de crise documenté ; un programme numérique sur une cartographie des contrôles et des responsabilités. Ce sont des critères de suivi possibles, pas des résultats attribués au COFEB ou à ses bénéficiaires.
La hausse des effectifs accueillis renseigne sur l’élargissement de l’activité. Elle ne démontre pas, à elle seule, une réduction des risques ou un gain de rentabilité dans les établissements. L’enjeu consiste désormais à relier l’effort de formation aux pratiques de travail observables, sans confondre certificat obtenu et transformation achevée.
Photo de contexte : panorama de Dakar, 9 mai 2008. Arensond / Wikimedia Commons, œuvre placée dans le domaine public par son auteur. Redimensionnement WordPress ; cette photographie d’archives ne représente pas une session du COFEB.




