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Nomination

Après l’IFC, Charlotte Ndaw Sako est nommée représentante résidente de la Banque mondiale pour le Congo

Par patrick tchounjo3 min de lecture
Après l’IFC, Charlotte Ndaw Sako est nommée représentante résidente de la Banque mondiale pour le Congo

Après trois années passées à Douala à piloter les activités de l’IFC dans cinq marchés d’Afrique centrale, Charlotte Ndaw Sako change de périmètre. Depuis le 1er septembre 2026, l’économiste sénégalaise est représentante résidente du Groupe de la Banque mondiale en République du Congo. Un déplacement institutionnel significatif : elle passe du financement du secteur privé à une fonction où se croisent dialogue avec l’État, réformes économiques, investissements publics et mobilisation du capital privé.

De Douala à Brazzaville, un changement d’échelle institutionnelle

Entre 2023 et 2026, Charlotte Ndaw Sako était représentante régionale de l’IFC pour le Cameroun, la République centrafricaine, le Gabon, la Guinée équatoriale et São Tomé-et-Príncipe. Basée à Douala, elle conduisait la stratégie de l’institution sur des secteurs comme la finance, l’agro-industrie, les infrastructures et les énergies propres.

Sa nomination au Congo modifie la nature de ses responsabilités. Elle devient désormais l’une des principales interfaces du Groupe de la Banque mondiale avec les autorités congolaises et les partenaires économiques du pays.

Le parcours apporte une continuité : plus de vingt ans d’expérience dans le développement du secteur privé et la finance, avec une exposition à des environnements fragiles en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. Avant l’Afrique centrale, elle avait notamment exercé pour IFC en Afrique de l’Ouest et travaillé à l’ONUDC sur les questions de criminalité économique et financière.

Au Congo, la diversification devient le dossier central

Son arrivée intervient surtout à un moment particulier pour Brazzaville. La Banque mondiale considère depuis plusieurs années que la forte dépendance du Congo aux hydrocarbures limite ses perspectives de croissance durable et souligne la nécessité d’accélérer la diversification, le développement du capital humain et l’amélioration des institutions.

Au 1er mars 2026, le portefeuille actif de la Banque mondiale dans le pays comptait 13 projets pour environ 1 milliard de dollars d’engagements, avec près de 68,8 % des montants restant alors à décaisser.

Le sujet n’est donc pas seulement celui de nouveaux financements. Il concerne aussi la vitesse d’exécution des projets et leur capacité à produire des effets économiques mesurables.

Le secteur privé comme trait d’union

C’est ici que le passage de Charlotte Ndaw Sako par l’IFC prend une dimension particulière. Le Congo doit simultanément améliorer ses infrastructures, diversifier son appareil productif et attirer davantage de capitaux privés.

Brazzaville cherche parallèlement à renforcer ses relations avec les marchés financiers internationaux : en avril 2026, les autorités ont rencontré à Washington une trentaine de gestionnaires d’actifs après les opérations obligataires internationales réalisées entre novembre 2025 et février 2026.

La nouvelle représentante arrive donc à l’intersection de trois équations : réformes publiques, efficacité des investissements et mobilisation du secteur privé. Son mandat sera lisible moins dans le volume des annonces que dans la capacité des projets financés à accélérer la transformation économique du pays.

Patrick Tchounjo

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