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Babacar Ndiaye, l’ingénieur financier qui structure les ambitions souveraines du Sénégal

Une formation d’ingénieur tournée vers la finance et la stratégie

Babacar Ndiaye appartient à cette génération de cadres africains dont la valeur se construit à la jonction de la technique, de la finance et de la stratégie publique. Formé à CentraleSupélec entre 2004 et 2007, il y obtient un diplôme d’ingénieur généraliste, avec une orientation en stratégie, marketing, finance et technologies de l’information. Cette formation lui donne une approche structurée des problèmes complexes, où l’analyse, la modélisation et l’exécution comptent autant que la vision.

Avant CentraleSupélec, il suit une licence en électronique, électrotechnique et automatique à l’Université de Lille 1. Ce socle scientifique éclaire une partie de son parcours : Babacar Ndiaye n’aborde pas les projets économiques comme de simples dossiers administratifs, mais comme des systèmes à concevoir, financer, organiser et piloter.

Un parcours entre conseil, grands projets et transformation bancaire

Son itinéraire professionnel commence dans le conseil, d’abord chez Ineum Consulting, puis chez A2 Consulting, où il développe une culture de l’analyse, des processus et de la conduite du changement. Cette première étape lui permet d’acquérir une méthode : comprendre les organisations, identifier leurs contraintes, formaliser des solutions et accompagner leur mise en œuvre.

Entre 2012 et 2015, son passage à l’APIX, l’Agence pour la Promotion de l’Investissement et des Grands Travaux, marque un tournant. Il y travaille sur la planification, la coordination, le suivi de projets, les négociations de contrats PPP et la modélisation financière. C’est là que se consolide son expertise des partenariats public-privé, un levier décisif pour financer les infrastructures et les projets structurants au Sénégal.

Il rejoint ensuite Société Générale, où il intervient comme Project Manager Hub Transformation pour l’Afrique subsaharienne. Cette expérience bancaire renforce sa compréhension des processus financiers, de la transformation organisationnelle et des exigences de pilotage dans des environnements régionaux complexes.

Du développement international au capital souverain sénégalais

Son passage par Dalberg et le Programme Alimentaire Mondial élargit encore son champ d’action. Babacar Ndiaye travaille sur des problématiques de stratégie, d’accès des petits producteurs aux marchés, de digitalisation et d’opportunités économiques pour les jeunes en Afrique. Cette séquence ajoute une dimension d’impact à son profil : la finance n’est pas seulement un outil de rendement, mais un instrument de transformation productive.

Aujourd’hui à FONSIS, il évolue au cœur d’un dispositif stratégique pour l’économie sénégalaise. Son rôle s’inscrit dans la maturation de projets d’investissement, la structuration de partenariats et la mobilisation de capitaux vers des secteurs porteurs. Dans un contexte où les États africains cherchent à mieux attirer les investisseurs tout en gardant la maîtrise de leurs priorités économiques, ce type de profil devient central.

Un impact discret, mais stratégique

Babacar Ndiaye ne représente pas le dirigeant financier médiatique. Il incarne plutôt l’architecte de l’ombre : celui qui structure, coordonne, sécurise et rend les projets finançables. Son impact se situe dans cette capacité à relier l’État, le secteur privé, les bailleurs et les investisseurs autour d’opérations crédibles.

À travers son parcours, une conviction apparaît : le Sénégal ne manque pas seulement d’ambitions économiques. Il a surtout besoin de projets bien structurés, bien gouvernés et capables de mobiliser la confiance du capital. C’est dans cette ingénierie discrète, mais décisive, que Babacar Ndiaye construit sa place.

Patrick Tchounjo

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