Les actions cotées détenues par les investisseurs étrangers à Casablanca valaient 220,1 milliards de dirhams à fin 2025, en hausse de 21,2 % sur un an. Leur part dans la capitalisation boursière est pourtant passée de 24,1 % à 21,2 %. Le rapport de l’AMMC publié le 4 novembre 2026 met ainsi en évidence une présence étrangère davantage valorisée, mais moins lourde dans l’ensemble du marché.
Par Malik Séna
Photo de contexte : Casablanca Finance City, 5 août 2023. AyourAchtouk / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Photographie d’archives, redimensionnement WordPress ; elle ne représente pas une séance de Bourse.
Un portefeuille peut prendre de la valeur tout en perdant du poids relatif. C’est le mouvement observé par l’Autorité marocaine du marché des capitaux dans son rapport sur l’investissement étranger en instruments financiers au titre de 2025. Ces données décrivent la situation au 31 décembre 2025, et non les positions détenues en novembre 2026.
La progression des cours explique l’essentiel de la hausse
L’AMMC rattache principalement l’augmentation de la valeur des portefeuilles à l’appréciation des actions, dans une année où le MASI a progressé de 27,57 %. Le gain de valeur des titres déjà détenus peut ainsi augmenter l’encours sans supposer un achat équivalent de nouvelles actions.
Deux taux de 21,2 % figurent dans le constat, avec des significations différentes : le premier mesure la croissance annuelle de l’encours étranger ; le second, sa fraction dans la capitalisation totale à fin 2025. Leur égalité numérique ne traduit aucune identité économique. La baisse de la part relative ne suffit pas davantage à démontrer un retrait net des investisseurs étrangers : le dénominateur, la valeur de l’ensemble du marché, évolue lui aussi.
Une détention surtout stratégique, une activité de marché plus limitée
Les participations qualifiées de stratégiques représentent 89,4 % de l’encours étranger en actions cotées. Le rapport retient pour cette qualification un seuil de détention d’au moins 4 % du capital d’une société. Cette convention statistique ne doit pas être assimilée à un contrôle majoritaire ou à une garantie de détention permanente.
Les investisseurs étrangers ont parallèlement représenté 6,3 % du volume transactionnel de l’année sur les marchés central et de blocs, soit 17,3 milliards MAD. Ce volume additionne achats et ventes. Il ne mesure donc pas une entrée nette de capitaux, et ne se compare pas directement à la valeur du portefeuille conservé à la clôture.
Pour les sociétés cotées, ces deux dimensions répondent à des enjeux distincts : la présence d’actionnaires dans le capital et l’activité des acheteurs et vendeurs dans les échanges. Une forte détention étrangère ne suffit pas à garantir qu’un volume important de titres pourra être négocié rapidement au prix souhaité.
Un périmètre à conserver pour lire les chiffres
L’étude inclut les étrangers résidents et non-résidents ainsi que les Marocains résidant à l’étranger, avec des critères de financement en devises précisés dans sa méthodologie. Elle couvre aussi certaines participations étrangères indirectes. L’expression « investisseurs étrangers » renvoie donc à ce périmètre défini, plutôt qu’à la seule nationalité de personnes négociant quotidiennement en Bourse.
Ce bilan fournit un point de départ pour suivre l’ouverture de la place marocaine. Les opérations de 2026, telles que l’introduction de JET Energy en cours d’exécution ou celle préparée par Laprophan, appartiennent à une période ultérieure. Leurs résultats devront être observés séparément avant de conclure à une modification de l’actionnariat étranger ou de la liquidité du marché.




