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Gambie : InTouch met le suivi des paiements au service du contrôle fiscal des jeux

Le contrat signé le 30 octobre confie à InTouch une plateforme de suivi des paiements des jeux en Gambie. Mécanisme, obligations et résultats à vérifier.

Panorama des immeubles et du littoral de Dakar, photographié en 2008.
Dakar, photographie d’archive de 2008, utilisée à titre illustratif. Crédit : Arensond / Wikimedia Commons, œuvre placée dans le domaine public par son auteur. Redimensionnement automatique par WordPress.
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Signé le 30 octobre 2026, le contrat entre le ministère gambien des Finances et InTouch Solutions Gambia prévoit une plateforme centralisée de suivi des paiements des sociétés de paris, de jeux et de pronostics. Le projet doit aider l’administration fiscale à rapprocher activité enregistrée et obligations déclarées. Son intérêt économique : rendre les flux contrôlables, au-delà de leur simple numérisation.

Une transaction peut être électronique et rester difficile à exploiter pour le contrôle fiscal. Lorsque les données sont dispersées entre opérateurs et canaux de paiement, identifier l’activité taxable exige des rapprochements que la seule dématérialisation ne réalise pas. Le contrat confié à InTouch Solutions Gambia vise précisément ce maillon.

Construire, exploiter, puis transférer

Le ministère des Finances et des Affaires économiques est l’autorité contractante. Le projet prend la forme d’un partenariat public-privé de type Build, Operate and Transfer : construction, exploitation et transfert. InTouch doit déployer, intégrer, exploiter et maintenir la plateforme dans le cadre fixé par l’accord.

Les précisions gouvernementales publiées le 3 novembre ciblent les difficultés de la Gambia Revenue Authority à suivre les transactions d’un secteur aux systèmes de paiement fragmentés et encore dépendant de procédures manuelles. Le dispositif doit améliorer la surveillance, la conformité fiscale et l’administration des recettes.

Ce que les données doivent permettre de vérifier

Le mécanisme attendu repose sur une chaîne de contrôle. Il faut d’abord recueillir des informations cohérentes auprès des opérateurs, puis les rapprocher des déclarations et des paiements dus. Un écart constitue un signal à examiner ; il ne prouve pas, à lui seul, une fraude. Une annulation, un remboursement ou un décalage de traitement peuvent aussi modifier les montants observés.

Pour les entreprises concernées, l’enjeu pratique sera donc la qualité de l’intégration : références de transaction, dates, traçabilité des corrections et disponibilité des historiques. Pour l’administration, il s’agira de transformer les informations reçues en contrôles justifiables. Une plateforme bien alimentée peut réduire le travail manuel ; des données incomplètes peuvent simplement déplacer les difficultés.

La même discipline de lecture des opérations se retrouve dans notre guide sur les demandes de restitution à la CDEC : une démarche enregistrée et un mouvement financier exécuté ne fournissent pas la même preuve.

Un mandat à évaluer sur son exécution

Pour le groupe sénégalais InTouch, cette opération illustre l’élargissement des débouchés de la technologie de paiement vers les systèmes utilisés par les administrations. Elle prolonge un positionnement régional déjà abordé à travers son implantation sur le marché camerounais, dans un cadre institutionnel différent.

La présentation gouvernementale ne chiffre toutefois ni la valeur du contrat, ni la rémunération du prestataire, ni les recettes supplémentaires attendues. Elle ne donne pas davantage de date de mise en service. La signature ne permet donc pas de conclure que la plateforme fonctionne déjà ou qu’elle a amélioré les encaissements.

Les résultats devront être appréciés à partir d’indicateurs concrets : opérateurs effectivement connectés, disponibilité du service, qualité des rapprochements et traitement des anomalies. Le transfert prévu par le modèle contractuel pose aussi une question durable : celle des compétences et des moyens nécessaires pour conserver la maîtrise du système.

Par Ariane Noma

Photo de contexte : Dakar, Sénégal, 2008, lieu d’origine du groupe InTouch ; cette archive ne représente pas la signature en Gambie. Crédit : Arensond / Wikimedia Commons, domaine public.

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