Un dépôt bancaire éligible ne bénéficie pas du même plafond de protection à Abidjan et à Douala. En UMOA, la limite est de 1,4 million FCFA par titulaire et par établissement de crédit adhérent. En CEMAC, elle atteint 8 millions pour une personne physique et 15 millions pour une personne morale. Comparer ces montants exige de regarder d’abord qui détient les fonds.
Par Nora Kémi
Pour un groupe présent dans les deux unions, appliquer une règle unique à toutes les filiales peut fausser la lecture de la trésorerie protégée. Le pays du compte, son titulaire juridique et l’établissement qui le tient précèdent le calcul. La marque commerciale de la banque ne suffit pas à définir la couverture.
Ce comparatif porte sur les plafonds bancaires en vigueur au 4 novembre 2026. Il ne présente pas une réforme annoncée aujourd’hui. En CEMAC, le règlement COBAC R-2025/03 a été adopté le 10 décembre 2025 et prend effet le 1er janvier 2026. En UMOA, la décision fixant les montants date du 30 juin 2017.
Trois plafonds bancaires à distinguer
| Situation du déposant éligible | Plafond | Base du calcul |
|---|---|---|
| UMOA : titulaire dans un établissement de crédit adhérent | 1 400 000 FCFA | Ensemble de ses dépôts dans cet établissement |
| CEMAC : personne physique | 8 000 000 FCFA | Ensemble de ses dépôts éligibles dans le même établissement |
| CEMAC : personne morale | 15 000 000 FCFA | Ensemble de ses dépôts éligibles dans le même établissement |
Les montants de l’UMOA sont exposés par le FGDR-UMOA. Ceux de la CEMAC figurent à l’article 17 du règlement COBAC R-2025/03, également repris dans la FAQ du FOGADAC. Il s’agit de maxima, sous réserve de l’éligibilité du déposant et des fonds, pas d’un remboursement systématique de tout solde bancaire.
Les systèmes financiers décentralisés adhérents de l’UMOA relèvent d’un plafond distinct de 300 000 FCFA. Cette règle ne doit pas être transposée à un établissement de microfinance de la CEMAC. Le tableau compare les dépôts bancaires, sans classer la solidité des établissements ni la qualité globale des deux systèmes de protection.
Une même somme, trois lectures différentes
Prenons un cas pédagogique, sans lien avec une banque réelle : un titulaire possède 12 millions FCFA de dépôts tous éligibles dans un même établissement. En UMOA, le plafond bancaire laisse 10,6 millions hors couverture du Fonds. En CEMAC, une personne physique dispose d’un plafond de 8 millions : 4 millions dépassent cette limite. Une société dotée de la personnalité morale, si elle est elle-même éligible, reste sous le plafond de 15 millions.
Ces calculs illustrent uniquement la couverture maximale. Ils ne préjugent ni du déclenchement de l’indemnisation ni d’une récupération éventuelle des sommes excédentaires dans une liquidation. Ils montrent surtout pourquoi les fonds personnels d’un entrepreneur et la trésorerie d’une société ne doivent pas être confondus.
Ouvrir plusieurs comptes dans le même établissement ne multiplie pas le plafond. En CEMAC, l’article 17 regroupe expressément les dépôts éligibles d’un même déposant. La logique d’agrégation est aussi au cœur des règles d’indemnisation en UMOA. Pour les comptes joints ou les fonds appartenant à des tiers, l’identification des ayants droit impose une lecture spécifique.
Une protection de crise, pas une disponibilité permanente
Le FOGADAC indemnise à la demande de la COBAC, dans les situations prévues par le règlement. L’article 19 fixe un délai de deux mois à compter de cette demande, avec une prorogation possible de deux mois supplémentaires. Le FGDR-UMOA annonce pour sa part trois mois, sauf force majeure. Ces délais ne se comparent pas à un délai habituel de retrait et leurs points de départ doivent être respectés.
Pour une direction financière, la garantie doit donc être suivie séparément de la trésorerie immédiatement mobilisable pour les salaires ou les fournisseurs. Le taux offert et les conditions bancaires répondent encore à une autre question. Un rendement, un plafond d’assurance-dépôts et une disponibilité contractuelle mesurent trois dimensions différentes d’une relation bancaire.
Photo de contexte : quartier des assurances à Libreville. Delrick Williams / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Photo d’archives, non retouchée par ONLY BENKI ; elle ne représente pas un établissement en difficulté.




