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NSIA Banque CI frappe fort avec la première cotation du FCTC Keur Samba sur la BRVM

La finance régionale vient de franchir un cap discret, mais stratégique. Avec la première cotation des obligations de titrisation du FCTC « Keur Samba 7 % 2025–2030 » sur la BRVM, NSIA Banque Côte d’Ivoire confirme une ambition claire : transformer les mécanismes de marché en leviers concrets de financement pour les petites et moyennes entreprises. Derrière cette opération de 52 milliards FCFA, soit environ 92,9 millions de dollars, se dessine une nouvelle manière de soutenir l’économie réelle dans l’UEMOA.

Le mercredi 8 avril, la Bourse régionale des valeurs mobilières, place financière commune aux huit pays de l’UEMOA, a procédé à la double cérémonie de première cotation des obligations du Fonds commun de titrisation de créances (FCTC) « Keur Samba 7 % 2025–2030 ». Avec cette admission à la cote, les titres portés par NSIA Banque CI, en collaboration avec Orabank CI, deviennent désormais cotés et négociables sur le marché financier régional.

À première vue, l’événement peut sembler technique. En réalité, il raconte quelque chose de beaucoup plus important : l’évolution progressive d’une finance ouest-africaine qui cherche à mieux connecter les banques, les investisseurs et les besoins de financement des entreprises locales.

Une opération de marché qui dépasse la simple symbolique

Sous le slogan « une finance engagée au service des PME », l’opération a été structurée par BOAD Titrisation pour un montant global de 52 milliards FCFA, soit environ 92,9 millions de dollars. Les obligations offrent un taux d’intérêt de 7 % et sont accessibles à partir de 10 000 FCFA, un seuil qui participe à la démocratisation de l’investissement et à la promotion de l’épargne populaire.

Ce détail est loin d’être anodin. Dans un environnement où les marchés financiers sont parfois perçus comme réservés à une élite institutionnelle, cette accessibilité envoie un signal fort. Elle montre qu’il est possible de concevoir des instruments sophistiqués tout en gardant une logique d’inclusion financière.

Mais au-delà de l’attractivité de l’offre, l’enjeu fondamental est ailleurs : cette opération permet de transformer des créances bancaires en titres financiers négociables en bourse. Et c’est précisément cette transformation qui ouvre une nouvelle capacité d’action pour les banques.

La titrisation, ou l’art de redonner de l’oxygène au financement des PME

Le principe est clair. En transformant une partie de leurs créances en instruments cotés, les banques peuvent libérer des liquidités et retrouver une marge de manœuvre pour financer davantage l’économie. Dans le cas présent, l’objectif affiché est explicite : renforcer le soutien aux PME et PMI, ces entreprises qui constituent l’un des piliers de la croissance et de l’emploi en Côte d’Ivoire comme dans l’ensemble de l’UEMOA.

C’est là que l’opération prend toute sa portée stratégique. Pendant longtemps, le financement des petites et moyennes entreprises a été identifié comme l’un des maillons les plus fragiles des économies africaines. Besoin élevé de capitaux, difficulté d’accès au crédit, maturités mal adaptées, coût du financement souvent lourd : les obstacles sont nombreux.

Avec le FCTC « Keur Samba », une réponse de marché se consolide. Il ne s’agit plus seulement de mobiliser des ressources bancaires classiques, mais de bâtir un pont entre le bilan bancaire et le marché financier régional. En clair, la titrisation devient un outil de circulation plus fluide du capital.

Une mobilisation réussie qui valide l’intérêt du marché

L’appel public à l’épargne pour les compartiments FCTC Keur Samba NSIA Banque CI et FCTC Keur Samba Orabank CI a d’ailleurs été présenté comme un succès. Les obligations « FCTC Keur Samba NSIA Banque CI 7 % 2025-2030 », émises en vente du 5 au 21 mars 2025, ainsi que celles « FCTC Keur Samba Orabank 7 % 2025-2030 », proposées du 5 au 25 mars 2025, ont permis de mobiliser un montant total de 12,65 milliards FCFA.

Ce résultat confirme une chose essentielle : le marché régional répond lorsqu’on lui propose des instruments lisibles, utiles et alignés sur les besoins de financement de l’économie réelle. Dans un contexte où les États occupent souvent une grande part de l’espace de levée de fonds, voir des opérations adossées au financement des PME gagner en visibilité est un signal encourageant pour la diversification du marché.

NSIA Banque CI affirme une vision de la finance utile

Le sens de l’opération a été résumé avec force lors de la cérémonie. Max Alphée Djecketh, directeur général de NSIA Capital, représentant le directeur général de NSIA Banque CI, a déclaré : « Aujourd’hui, avec cette sonnerie de cloche, nous ne célébrons pas seulement l’admission de nouveaux titres à la cote de la BRVM. Nous célébrons la concrétisation d’une vision : celle d’une finance engagée au service du développement économique, et plus spécifiquement au service de nos PME. »

La formule est forte, et elle donne la bonne lecture de l’événement. Ce qui s’est joué à la BRVM n’est pas uniquement une opération de place. C’est aussi la mise en scène d’une philosophie bancaire : celle d’une finance qui ne se limite pas à la performance comptable, mais cherche à irriguer plus efficacement le tissu productif.

Le même intervenant l’a d’ailleurs précisé sans détour : « pour NSIA Banque CI, cette opération est un levier direct pour amplifier notre soutien aux petites et moyennes entreprises, qui constituent le socle de l’économie ivoirienne ».

Dans une Côte d’Ivoire qui veut renforcer son industrialisation, soutenir ses entrepreneurs et consolider sa croissance, cette orientation est loin d’être secondaire. Les PME ne sont pas seulement une catégorie statistique. Elles sont l’ossature du dynamisme économique, de l’emploi et de l’innovation locale.

Une BRVM qui confirme son rôle dans la modernisation financière régionale

Cette première cotation confirme aussi la montée en maturité de la BRVM comme plateforme de financement régional. Depuis l’introduction des FCTC en 2016, le marché a enregistré 26 émissions, permettant de lever plus de 1 168 milliards FCFA. À l’issue de cette nouvelle cérémonie, la BRVM compte désormais 15 FCTC inscrits à la cote.

Ces chiffres montrent que la titrisation n’est plus un simple objet expérimental dans l’UEMOA. Elle s’installe progressivement comme un mécanisme crédible de refinancement et de mobilisation de ressources. Et cela change beaucoup de choses. Car plus les marchés se diversifient, plus ils deviennent capables d’accompagner les besoins complexes des économies en croissance.

Autrement dit, la finance régionale ne se renforce pas seulement par le volume des capitaux mobilisés, mais aussi par la variété des outils qu’elle met à disposition des banques, des entreprises et des investisseurs.

Une avancée importante pour la Côte d’Ivoire et l’UEMOA

L’intérêt de cette opération dépasse le seul cadre de NSIA Banque CI. Elle s’inscrit dans une volonté plus large de diversifier les mécanismes de financement nécessaires à la croissance des économies de l’Union. C’est un enjeu central pour l’UEMOA, où la solidité du système bancaire, l’approfondissement du marché des capitaux et le financement des entreprises doivent avancer ensemble.

Dans cette perspective, le FCTC « Keur Samba » apparaît comme un outil particulièrement pertinent. Il permet à la fois de valoriser les actifs bancaires, de mobiliser l’épargne, d’élargir l’offre de titres sur le marché et de rediriger des capacités de financement vers les segments les plus productifs de l’économie.

La force de l’opération est précisément là : elle relie plusieurs ambitions en une seule architecture. Une banque qui refinance son activité. Un marché qui s’étoffe. Des investisseurs qui accèdent à un produit attractif. Et des PME qui, en bout de chaîne, peuvent espérer un meilleur accès aux ressources.

Une finance plus intelligente pour une économie plus robuste

Ce type d’opération rappelle une vérité trop souvent négligée : les grandes transformations économiques ne reposent pas uniquement sur de grands discours ou de grands montants. Elles reposent aussi sur l’intelligence des mécanismes. Quand la finance parvient à mieux circuler, à mieux se structurer et à mieux servir les entreprises, elle devient un véritable moteur de développement.

Avec la première cotation des obligations de titrisation « FCTC Keur Samba 7 % 2025–2030 », NSIA Banque CI ne signe donc pas seulement une réussite de marché. La banque contribue à crédibiliser un modèle où la sophistication financière peut être mise au service des besoins très concrets de l’économie réelle.

Et c’est peut-être là le plus important. Dans un espace UEMOA en quête de financement plus profond, plus diversifié et plus inclusif, cette opération montre que l’innovation financière régionale peut cesser d’être abstraite. Elle peut devenir un outil tangible de transformation.

Une sonnerie de cloche qui résonne bien au-delà de la BRVM

À Abidjan, la sonnerie de cloche du 8 avril n’a donc pas seulement marqué l’admission de nouveaux titres à la cote. Elle a signalé l’entrée dans une phase où la titrisation s’affirme comme un levier plus visible du financement des PME dans la région.

Pour NSIA Banque CI, l’opération est un moyen d’amplifier son engagement envers le tissu entrepreneurial ivoirien. Pour la BRVM, c’est une preuve supplémentaire de sa capacité à accueillir des instruments plus sophistiqués et utiles à l’économie. Pour l’UEMOA, c’est une pièce de plus dans la construction d’un marché financier plus mature.

Patrick Tchounjo

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