Anas Regragui-Mazili, la rigueur des marchés au service de l’inclusion financière

Dans la finance, les trajectoires les plus solides ne sont pas toujours les plus bruyantes. Certaines se construisent dans les coulisses, là où se règlent les équilibres de gouvernance, la sécurité des opérations, la discipline financière et la robustesse des institutions. Fort de plus de quinze années d’expérience dans des fonctions financières et de direction, Anas Regragui-Mazili appartient à cette catégorie de dirigeants dont le parcours s’est forgé au contact des infrastructures critiques du système financier marocain avant de rejoindre un terrain plus visible, plus social, mais tout aussi stratégique : la microfinance.
À la tête d’Al Amana Microfinance Maroc depuis le 13 février 2026, il incarne un profil particulièrement adapté aux nouveaux défis du secteur. Al Amana n’est pas seulement un acteur du microcrédit. C’est un instrument d’inclusion financière, un point d’accès au financement pour des microentrepreneurs, des artisans, des travailleurs indépendants, des très petites entreprises et des populations souvent éloignées des circuits bancaires classiques. La question n’est donc pas seulement de distribuer du crédit, mais de construire une finance plus utile, plus organisée et plus durable.
Avant Al Amana, Anas Regragui-Mazili a passé plus de treize ans chez Maroclear, le dépositaire central des titres au Maroc. Ce passage constitue l’armature de son parcours. Maroclear occupe une position stratégique dans le marché financier marocain, au cœur des mécanismes de conservation, de règlement et de gestion des titres. C’est dans cet environnement exigeant, où la confiance repose sur la précision des systèmes et la qualité de la gouvernance, qu’il a consolidé son expertise.
Chez Maroclear, sa progression raconte un profil complet. Analyste financier, auditeur, manager finances et comptabilité, responsable des ressources humaines et des affaires administratives et juridiques, Chief Financial Officer, Secrétaire du Conseil d’administration, puis Chief of Operations and Business Development, il a traversé plusieurs dimensions essentielles de l’institution financière. Le chiffre, le contrôle, la gouvernance, les ressources, les opérations et le développement stratégique structurent ainsi son identité professionnelle.
Sa formation renforce cette cohérence. Diplômé de l’EMLV, École de Management Léonard de Vinci, en finance d’entreprise, corporate finance et audit, il a ensuite complété son parcours au Groupe ISCAE par un Mastère Spécialisé en Droit et Fiscalité de l’Entreprise. Cette combinaison entre finance, audit, droit et fiscalité lui donne une lecture transversale des organisations financières, dans un environnement où la performance doit impérativement s’appuyer sur la conformité, la méthode et la gouvernance.
Son impact potentiel chez Al Amana se situe précisément dans cette capacité à relier deux mondes : la rigueur des infrastructures financières et la mission sociale de la microfinance. Dans un secteur appelé à se digitaliser, à renforcer sa gestion des risques et à mieux accompagner les bénéficiaires, son profil peut contribuer à transformer l’inclusion financière en performance structurée.
C’est là que réside la pertinence d’Anas Regragui-Mazili. Il ne représente pas seulement une nomination à un poste de direction. Il incarne une manière de penser la finance comme une architecture de confiance. Une finance capable de sécuriser les institutions, mais aussi d’élargir l’accès à l’autonomie économique. Pour Al Amana, l’enjeu est clair : faire de la solidité interne le moteur d’un impact plus large, plus mesurable et plus durable.
Patrick Tchounjo



