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Eurobond du Gabon : Ziyad Bundhun propulse AFG Capital Mauritius au premier plan avec une levée de 920 millions USD sur les marchés obligataires internationaux

Le Gabon n’a pas seulement levé 920 millions de dollars sur les marchés internationaux. En confiant son accompagnement financier exclusif à AFG Capital Mauritius, Libreville a également consacré l’émergence d’une expertise africaine capable d’intervenir au centre des grandes transactions souveraines. À la tête de cette structure, Ziyad Bundhun transforme trois décennies d’expérience en finance d’entreprise, capital-investissement et banque en un positionnement stratégique : faire de Maurice une plateforme depuis laquelle se structurent les financements majeurs du continent.

Clôturée fin juillet 2026, l’opération marque le retour de la République gabonaise sur le marché obligataire international. Les titres affichent un coupon de 9,375 %, une maturité de sept ans, une échéance finale en 2033 et un différé d’amortissement de trois ans. L’émission, annoncée comme sursouscrite, doit financer des investissements publics et permettre le règlement d’une partie des arriérés de l’État.

Mais derrière le succès de placement se dessine une équation plus exigeante : le Gabon retrouve l’accès aux capitaux mondiaux, au prix d’un financement coûteux, tandis qu’AFG Capital Mauritius gagne une référence susceptible de modifier sa stature dans le conseil souverain africain.

Ziyad Bundhun, une trajectoire construite dans la finance complexe

Ziyad Bundhun dirige AFG Capital Mauritius avec un profil particulièrement adapté aux opérations transfrontalières. Le dirigeant cumule plus de trente années d’expérience dans la finance d’entreprise, le capital-investissement et la banque, avec une expertise couvrant l’origination de transactions, la structuration d’investissements et le conseil en fusions-acquisitions.

Expert-comptable formé au Royaume-Uni et membre de l’Institute of Chartered Accountants in England and Wales, il a travaillé dans l’audit avant d’exercer différentes responsabilités à Maurice, au Moyen-Orient et dans plusieurs marchés africains.

Son parcours comprend notamment la création de New Africa Advisors, des fonctions d’investissement chez MCB Capital Partners et la conduite d’initiatives stratégiques au sein du groupe mauricien Rogers. Il y a participé à des cessions, à des investissements en capital et à la constitution de Rogers Capital, la branche financière du groupe.

Nommé CEO d’AFG Capital Mauritius en 2025, Ziyad Bundhun a reçu pour mission de développer la présence du groupe dans l’océan Indien et de renforcer son positionnement sur les transactions financières africaines.

L’opération gabonaise constitue désormais la démonstration la plus visible de cette stratégie.

920 millions de dollars : le retour du Gabon, mais pas celui de l’argent bon marché

Le montant mobilisé confirme que la signature gabonaise conserve une capacité d’attraction auprès des investisseurs institutionnels. La sursouscription indique que la demande a permis à l’État de sécuriser le financement recherché et de revenir sur un marché dont l’accès reste difficile pour plusieurs souverains africains.

Cette demande ne doit cependant pas être confondue avec une confiance sans conditions.

Avec un coupon de 9,375 %, la République gabonaise rémunère fortement les investisseurs pour le risque pris. Sur un principal initial de 920 millions de dollars, ce taux représente théoriquement 86,25 millions de dollars d’intérêts par an, tant que l’encours reste inchangé.

Le coût est donc significatif. Il réduit l’espace budgétaire disponible et impose que les ressources soient affectées à des projets capables de produire une valeur économique supérieure au coût de la dette.

Le différé d’amortissement de trois ans offre une respiration immédiate à la trésorerie publique. Le Gabon ne commencera pas immédiatement à rembourser le principal, ce qui laisse du temps aux investissements financés pour être engagés. Mais ce mécanisme reporte également l’effort de remboursement vers les dernières années de l’opération.

Le risque n’est pas supprimé. Il est déplacé dans le temps.

Le rôle précis d’AFG Capital Mauritius

AFG Capital Ltd est intervenue comme conseiller financier exclusif du gouvernement gabonais. Sa fonction consistait à accompagner l’État dans la structuration de l’opération, la préparation de son retour sur le marché et la fixation des conditions définitives de l’émission.

Cette responsabilité doit être distinguée de celle des arrangeurs.

Citigroup Global Markets et Cygnum Capital ont assuré l’arrangement de la transaction, notamment sa présentation et son placement auprès des investisseurs. Le cabinet White & Case est intervenu comme conseil juridique de l’émetteur.

Dans cette architecture, AFG Capital se situait du côté de la République gabonaise. Le cabinet devait traduire les besoins de financement de l’État en une opération acceptable pour le marché, tout en défendant les intérêts de l’émetteur dans les arbitrages entre montant, coût, maturité et calendrier.

Cette position est stratégique. Elle donne au conseiller une visibilité sur les contraintes budgétaires, les priorités d’investissement et les attentes des investisseurs. Elle exige également une capacité à coordonner les différents intervenants sans se substituer aux arrangeurs internationaux.

Sous la direction de Ziyad Bundhun, AFG Capital Mauritius démontre ainsi qu’une structure africaine peut occuper une place centrale dans une transaction souveraine, aux côtés de banques mondiales et de cabinets juridiques internationaux.

De Maurice aux marchés africains : une plateforme change de dimension

L’opération revêt une importance particulière pour la place financière mauricienne.

AFG Capital Mauritius est agréée par la Financial Services Commission de Maurice et propose notamment des services de conseil en marchés de capitaux, fusions-acquisitions, capital privé, gestion de patrimoine et gestion institutionnelle.

Maurice cherche depuis plusieurs années à consolider son rôle de plateforme pour les investissements et les opérations financières transfrontalières en Afrique. Son centre financier international accueille des banques, des fonds, des sociétés de gestion, des cabinets juridiques et des prestataires spécialisés dans la structuration de capitaux.

L’Eurobond gabonais donne à cette ambition une traduction concrète.

Il ne s’agit plus seulement d’administrer des véhicules d’investissement ou de faciliter le transit de capitaux. Une institution implantée à Maurice intervient désormais comme conseiller exclusif d’un État africain sur une émission souveraine majeure.

Pour Ziyad Bundhun, la transaction constitue donc plus qu’un mandat réussi. Elle devient une référence commerciale susceptible d’attirer d’autres États, entreprises publiques et grands groupes recherchant une expertise combinant standards internationaux et connaissance des marchés africains.

Investissements publics et arriérés : l’épreuve de l’allocation

Le produit net de l’émission doit financer des projets d’investissement de l’État et apurer une partie des arriérés, conformément à la stratégie budgétaire gabonaise.

Ces deux destinations répondent à des objectifs différents.

Le financement d’infrastructures, notamment dans des secteurs prioritaires tels que l’eau, l’énergie et les équipements publics, peut accroître la capacité productive du pays, améliorer les conditions de vie et réduire les coûts supportés par les entreprises. Les orientations budgétaires gabonaises placent précisément ces secteurs parmi les grandes priorités nationales.

L’apurement des arriérés peut, de son côté, restaurer la liquidité des fournisseurs de l’État. Lorsqu’une administration ne paie pas ses prestataires dans les délais, elle fragilise leur trésorerie, ralentit l’investissement privé et transmet ses propres tensions financières au reste de l’économie.

Mais le recours à une dette internationale coûteuse pour rembourser d’anciennes obligations comporte une limite évidente : il peut résoudre une pression immédiate sans corriger les causes qui ont produit les arriérés.

Le succès économique dépendra donc moins du montant levé que de la discipline d’allocation. Chaque dollar consacré à une dépense peu productive devra malgré tout être remboursé avec intérêt.

Un risque de change à ne pas sous-estimer

La dette est libellée en dollars alors que les recettes publiques gabonaises sont principalement encaissées en francs CFA.

Cette différence de devise crée une exposition au taux de change. Si le dollar s’apprécie face à la monnaie de référence du franc CFA, le coût réel du remboursement augmente lorsqu’il est converti dans la monnaie budgétaire du pays.

Les recettes pétrolières, largement liées aux marchés internationaux, peuvent fournir une couverture partielle. Mais cette protection reste dépendante des volumes produits, du prix des hydrocarbures et de la capacité de l’État à préserver une partie de ses revenus en devises.

Le Gabon devra donc gérer simultanément trois risques : le coût élevé des intérêts, le calendrier d’amortissement après la période de différé et l’évolution du dollar.

Une opération qui redessine le marché du conseil souverain

Pendant longtemps, les États africains ont confié presque exclusivement leurs grandes émissions internationales à des banques d’investissement étrangères. Leur accès aux investisseurs, leur capacité de placement et leur connaissance des marchés mondiaux leur donnaient une position dominante.

Cette transaction montre qu’une nouvelle répartition des rôles devient possible.

Les arrangeurs mondiaux restent indispensables pour distribuer les titres et mobiliser les grands investisseurs. Mais les institutions africaines peuvent prendre davantage de responsabilités dans la préparation stratégique, la structuration et la défense des intérêts de l’émetteur.

Cette évolution possède une portée sectorielle importante.

Elle permet aux cabinets africains de capter une part plus élevée de la valeur créée par les opérations financières du continent. Elle favorise aussi l’accumulation locale de compétences dans les domaines de la dette souveraine, de la modélisation financière, de la documentation et des relations avec les investisseurs.

AFG Capital affirme vouloir devenir un partenaire de référence pour les acteurs publics et privés africains dans la structuration de transactions financières majeures. Le mandat gabonais fournit désormais une preuve tangible de cette ambition.

Le prochain défi de Ziyad Bundhun : transformer une référence en franchise

Une transaction réussie peut changer la visibilité d’une banque d’affaires. Elle ne suffit pas encore à construire une franchise durable.

Pour AFG Capital Mauritius, l’étape suivante consistera à convertir cette opération en nouveaux mandats : émissions souveraines, restructurations de dette, financements d’infrastructures, levées de capitaux et opérations transfrontalières.

Ziyad Bundhun dispose pour cela de trois actifs : une longue expérience des transactions complexes, l’appui d’un groupe financier panafricain et une implantation dans une juridiction spécialisée dans les flux d’investissement vers l’Afrique.

Mais la concurrence sera forte. Les banques internationales disposent de réseaux mondiaux et les cabinets africains spécialisés multiplient leurs offres de conseil souverain.

La différenciation d’AFG Capital devra donc reposer sur sa capacité à rapprocher les priorités politiques africaines des exigences techniques des marchés, sans sacrifier la discipline financière.

De la confiance financière à la transformation économique

Le Gabon a réussi son retour sur le marché obligataire international. AFG Capital Mauritius a réussi son entrée dans le premier cercle du conseil souverain africain.

Ces deux succès restent toutefois conditionnels.

Pour Libreville, le résultat final dépendra des infrastructures construites, des arriérés réellement apurés et de la capacité à rembourser une dette chère sans fragiliser les finances publiques.

Pour Ziyad Bundhun, l’enjeu sera de démontrer que le mandat gabonais ne constitue pas une opération isolée, mais le point de départ d’un positionnement durable d’AFG Capital Mauritius sur les transactions majeures du continent.

Les marchés ont fourni les capitaux. Le véritable bilan se fera désormais dans leur utilisation.

Patrick Tchounjo

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