Le symposium de l’assurance santé tenu les 4 et 5 novembre 2026 à Lomé a débouché sur l’adoption d’une feuille de route 2027-2030. Pour les assureurs africains, le chantier associe deux exigences : élargir la protection et assurer le financement durable des prestations.
Par Nora Kémi
Une couverture médicale ne se juge pas seulement au nombre de cartes distribuées. Elle doit pouvoir payer les soins dans la durée, avec des ressources compatibles avec les engagements pris. À Lomé, les professionnels réunis par la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines et le marché togolais ont donné un horizon commun à cette équation.
Une feuille de route adoptée au terme des travaux
L’adoption est rapportée dans le compte rendu de l’Agence togolaise de presse publié le 5 novembre. Les échanges ont porté sur la viabilité financière de la branche et sur l’accès des populations encore insuffisamment couvertes à une assurance santé. La complémentarité entre régimes publics et assureurs privés figure dans la perspective donnée aux suites de la rencontre.
C’est une évolution par rapport aux travaux annoncés avant les rendez-vous de Lomé. Le livrable prévu a désormais fait l’objet d’une adoption. Son texte final détaillé n’a toutefois pas été retrouvé parmi les documents publics consultés le 6 novembre : les budgets, cibles et échéances opérationnelles ne peuvent donc pas encore être présentés comme vérifiés.
Le déficit technique donne la mesure du chantier
Dans sa présentation préparatoire du symposium, la FANAF évaluait à environ 106 milliards FCFA le déficit technique cumulé de la branche santé dans la zone CIMA sur la période 2020-2024. Ce chiffre porte sur cinq exercices et sur ce périmètre précis ; il ne décrit ni une perte annuelle de tout le continent ni un besoin de financement nouveau annoncé à Lomé.
Le résultat technique rapproche les ressources de l’activité d’assurance des charges qui lui sont associées. Une hausse des primes peut ainsi coexister avec des prestations et des frais qui progressent davantage. Étendre les souscriptions sans ajuster le pilotage peut accroître le déséquilibre au lieu de le résorber.
La tarification n’est qu’une partie de la réponse économique. La qualité des données, le contrôle des facturations et l’organisation des règlements influencent aussi le coût final de la couverture. Pour une compagnie, le suivi des prestations et celui de la trésorerie doivent donc rester liés.
Répartir clairement la prise en charge entre public et privé
L’articulation avec la couverture maladie universelle pose une question très concrète : quel organisme finance quel soin, dans quelles limites et avec quel circuit de règlement ? Pour une entreprise souscrivant une assurance collective, cette lisibilité détermine la portée réelle de la protection proposée aux salariés.
Les termes de référence prévoyaient un travail sur ces relations, ainsi que sur le tiers payant et les échanges de données. Ils constituent le programme préparatoire ; ils ne prouvent pas que chaque proposition a été retenue à l’identique dans la feuille de route finale.
Le mouvement prolonge le débat sur l’assurance inclusive engagé à Cotonou en juillet. Pour en apprécier les résultats, il faudra suivre les personnes effectivement couvertes, la continuité des prestations et l’équilibre financier par marché. La publication des engagements détaillés permettra de passer de l’orientation collective à une évaluation documentée de sa mise en œuvre.
Photo d’archives : hôtel 2 Février à Lomé, 18 mars 2022. Pitamosiz / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Elle ne représente pas les participants ni l’adoption de la feuille de route. Redimensionnement WordPress.




