Les échanges interbancaires de l’UMOA atteignent 946,8 milliards FCFA en moyenne hebdomadaire dans les données de septembre 2026, en hausse de 12,6 % sur août. Mais les prêts à une semaine reculent en volume, alors que leur taux moyen monte à 3,73 %. Le bulletin BCEAO publié le 6 novembre révèle une recomposition des maturités derrière la progression globale.
Par Nora Kémi
Davantage d’argent circule entre les banques, sans que chaque échéance en bénéficie. Pour un trésorier, cette différence est essentielle : obtenir des ressources jusqu’au lendemain ne répond pas au même besoin que sécuriser une semaine de financement. Le total du marché donne une mesure de l’activité ; sa répartition renseigne sur les durées effectivement négociées.
La hausse du total masque un recul à sept jours
Le bulletin de septembre, mis en ligne le 6 novembre, permet de rapprocher les moyennes hebdomadaires de chaque compartiment. Le tableau 2.2.4.1, page 45 du document, présente les montants en millions de FCFA. Les valeurs ci-dessous sont converties en milliards, en conservant trois décimales.
| Compartiment | Août 2026 | Septembre 2026 |
|---|---|---|
| Toutes maturités | 841,236 | 946,815 |
| Un jour | 111,920 | 163,962 |
| Une semaine | 410,588 | 386,062 |
Calculé sur ces montants par ONLY BENKI, le recul à une semaine atteint environ 6,0 %, contre une progression de 46,5 % à un jour. La part du compartiment hebdomadaire dans le total passe ainsi de 48,8 % à 40,8 %. La période de septembre inclut la semaine du 29 septembre au 5 octobre, telle que retenue par la BCEAO.
Une durée de financement doit correspondre au calendrier des besoins
Ces moyennes ne représentent ni un encours de prêts restant à rembourser en fin de mois ni des crédits nouveaux aux entreprises. Elles décrivent des opérations entre établissements. Un même besoin peut être refinancé plusieurs fois : additionner les transactions successives ne permet pas de reconstituer une ressource durable équivalente.
Une banque qui emprunte à très court terme doit suivre la date à laquelle elle retrouvera ses fonds ou renouvellera son financement. Lorsque les échéances des ressources et celles des emplois diffèrent, le calendrier devient un élément du risque de liquidité. Le développement des compétences en gestion de la liquidité dans l’UEMOA répond précisément à ce type d’enjeu.
Le déplacement observé ne prouve toutefois pas que les banques auraient choisi collectivement de raccourcir leurs financements. Le tableau ne permet pas d’isoler les besoins individuels, les limites de contrepartie ou les décisions de chaque trésorerie. Il décrit le résultat des transactions, sans en établir une cause unique.
Le prix à une semaine remonte sans changement du taux directeur
Sur le compartiment à sept jours, le taux moyen passe de 3,66 % à 3,73 %, soit sept points de base supplémentaires. Le minimum de soumission aux injections de liquidité de la BCEAO reste, lui, à 3 %. Le cadre de taux déjà maintenu en juin et le prix des prêts entre banques relèvent de mécanismes distincts.
Pour une entreprise, cette variation ne se transpose pas automatiquement au taux d’un crédit. La banque mobilise plusieurs ressources et tient aussi compte du risque, de la durée et des frais associés au dossier. La lecture utile consiste donc à suivre ensemble les montants disponibles, leur maturité et leur prix. Une progression de l’activité interbancaire ne suffit pas à conclure à un financement plus abondant pour chaque client.
Photo d’archives : Bamako, vue nocturne comprenant la BCEAO et le pont des Martyrs, mise en ligne en 2006. Johanna Padge, déposée par 33didier33 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0. Fichier réutilisé sans retouche éditoriale ; cette photographie ne documente pas les échanges de septembre 2026.




