L’ESSENTIELBRVM & BVMACRégulationFinancement du développementNominationsClassements
Le média & la rédaction Annoncer avec nous

Que souhaitez-vous comprendre ?

Une banque, un dirigeant, un marché, une décision.

Ma sélection

Vos articles sont conservés dans ce navigateur.

BoursesONLY BENKI

Bourses africaines : la hausse de 49 % ne mesure pas l’argent levé

La capitalisation boursière africaine a progressé de 49 % en 2025. Le bilan OCDE publié le 6 novembre invite à distinguer valeur, financement et liquidité.

Vue du quartier du Plateau à Abidjan et de la lagune Ébrié, en décembre 2020.
Photo de contexte : Abidjan, 16 décembre 2020. Sidkumar23 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Photographie non modifiée.
Lecture

La capitalisation des marchés d’actions africains a progressé de 49 % en 2025, contre 21 % à l’échelle mondiale, dans le bilan publié par l’OCDE le 6 novembre 2026. Cette hausse de valeur ne mesure pas les capitaux nouveaux reçus par les entreprises. Pour apprécier le rôle des Bourses dans leur financement, il faut suivre séparément valorisation, émissions et liquidité.

Par Malik Séna

Une action change de prix ; la société ne reçoit pas nécessairement d’argent. Ce décalage explique pourquoi une place boursière peut afficher une forte progression de sa valeur tout en laissant entière la question du financement des entreprises. Le nouveau diagnostic continental invite les dirigeants et investisseurs d’Afrique francophone à regarder ce qui se passe derrière les indicateurs de taille.

Une progression de valeur, pas une collecte équivalente

Dans la synthèse officielle du Rapport sur les marchés de capitaux en Afrique 2026, l’OCDE relève la résistance des marchés aux chocs récents, mais souligne aussi leur faible liquidité et la concentration de l’actionnariat. Le chiffre de 49 % concerne l’année 2025 et l’agrégat africain présenté par l’organisation. Il ne décrit ni la performance de chaque place ni celle d’un portefeuille individuel en 2026.

La capitalisation rapproche le nombre de titres et leur prix de marché. Elle peut évoluer avec les cours, les admissions ou les modifications du nombre d’actions. Une hausse ne permet donc pas, à elle seule, d’identifier le montant des souscriptions versées aux sociétés. Pour comparer des agrégats internationaux, la monnaie de mesure et le périmètre retenu doivent également rester cohérents.

Le marché secondaire remplit une autre fonction : il permet à un détenteur de céder ses titres à un acquéreur. Dans cette transaction, le paiement revient au vendeur. L’entreprise peut bénéficier indirectement de l’existence d’un marché pour ses actions, mais elle ne perçoit pas le prix de chaque échange.

Au Maroc, deux opérations éclairent la destination des titres

Une émission d’actions nouvelles souscrites en numéraire vise, elle, à apporter des ressources à l’émetteur. La note d’opération de JET Energy prévoit ainsi une introduction par augmentation de capital. Notre suivi de cette offre dont le prix est attendu le 11 novembre distingue le montant prévu des fonds effectivement mobilisés à son terme.

À l’inverse, créer des actions peut aussi rémunérer un apport de patrimoine. C’est le mécanisme du projet Label’Vie–Retail Holding : les titres nouveaux prévus servent à l’échange dans une fusion. Leur émission ne doit pas être assimilée à une collecte de trésorerie du même montant. Ces exemples de 2026 expliquent des mécanismes ; ils ne constituent pas une décomposition de la hausse africaine de 2025.

La liquidité détermine aussi l’utilité du marché

Pour un investisseur, une valeur affichée ne suffit pas : encore faut-il trouver une contrepartie pour négocier la quantité souhaitée. Le nombre de titres effectivement disponibles, la fréquence des transactions et la profondeur des ordres influencent cette possibilité. Une forte capitalisation peut ainsi coexister avec des échanges limités.

Pour un dirigeant préparant une opération, la question devient celle de la demande susceptible de rencontrer son offre : quels investisseurs, quel montant, quels droits et quel suivi financier ? La cotation ne dispense pas d’expliquer l’emploi des ressources et les risques du projet. Elle ajoute une exigence de transparence dans la durée.

Le bilan de l’OCDE remet donc trois mesures à leur place. La capitalisation renseigne sur la valeur boursière ; les émissions sur les opérations de financement, en vérifiant leur nature ; les transactions sur l’activité du marché. Les rapprocher permet d’évaluer une place au-delà de sa hausse annuelle, sans transformer un gain de valeur en preuve automatique d’investissement productif.

Photo de contexte : quartier du Plateau à Abidjan, 16 décembre 2020. Sidkumar23 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Photographie d’archives réutilisée sans retouche éditoriale ; elle ne représente pas une séance de Bourse.

Vous venez de lire une publication ONLY BENKI.

Poursuivre votre lecture

Pour aller plus loin

Le rendez-vous des décideurs

Une longueur d’avance.
Chaque lundi.

Le Brief du Lundi : les décisions, les chiffres et les analyses qui comptent pour la finance africaine.

Annoncez avec ONLY BENKI