Africa Diamond Invest, établie à Lomé, est agréée comme Société de gestion et d’intermédiation sur le marché financier régional de l’UMOA. Signée le 27 octobre 2026, la décision de l’AMF-UMOA figure dans le Bulletin officiel de la cote du 2 novembre. Elle autorise l’exercice d’un métier réglementé, assorti d’exigences permanentes de moyens et de contrôle.
Par Ariane Noma
Un nouvel intermédiaire peut élargir les possibilités de contact entre épargnants, entreprises et marché des capitaux. Son agrément constitue le préalable réglementaire à cette activité. Son utilité se construira ensuite dans les services proposés, les frais appliqués et la qualité du suivi des clients.
Une autorisation régionale délivrée à une société basée au Togo
La décision n° AMF-UMOA/2026/338 enregistre l’agrément d’Africa Diamond Invest sous le numéro SGI/2026-02. Elle prend effet à sa signature, le 27 octobre. Sa publication dans le bulletin officiel de la BRVM du 2 novembre permet d’en vérifier le texte. Ces deux dates correspondent à des étapes différentes : l’autorisation n’a pas été délivrée le jour de sa diffusion.
Le dossier avait été déposé le 3 décembre 2025, avant une délibération du comité exécutif du régulateur le 6 octobre 2026. La décision impose notamment le maintien de moyens organisationnels, techniques et financiers suffisants. Les modifications portant sur les éléments caractéristiques du dossier initial doivent obtenir l’approbation préalable de l’AMF-UMOA.
Ce que le statut de SGI apporte aux clients
La présentation des intermédiaires par la BRVM rappelle que les SGI sont habilitées à négocier les valeurs mobilières cotées. Pour un client, la relation passe par un compte et une convention précisant le fonctionnement des services. Un agrément ne détermine pas à lui seul le prix du courtage, le niveau de l’accompagnement ou les modalités d’accès numérique.
Le choix d’un intermédiaire suppose donc de lire ses conditions tarifaires et de vérifier les documents remis après les opérations. L’avis d’opéré permet notamment de rapprocher quantité de titres, cours d’exécution, commissions et montant net. Cette traçabilité rend le service vérifiable ; elle ne protège pas contre une baisse de valeur des titres détenus.
La distribution constitue un chantier distinct de l’autorisation. Notre analyse de Sama Naffa et de l’accès au marché au Sénégal examine précisément la difficulté de transformer une relation financière de proximité en participation durable au marché des capitaux.
L’enjeu sera la profondeur du service offert
Pour les émetteurs, les intermédiaires contribuent aussi au placement de titres, dans le cadre de leurs habilitations et des conventions conclues. Pour les investisseurs, l’élargissement de l’offre ne peut être apprécié qu’à partir de prestations effectivement disponibles. Une nouvelle autorisation ne démontre ni une hausse des volumes traités ni une baisse générale des frais.
Le maillage régional, illustré par l’implantation d’Invictus Capital & Finance à Abidjan, constitue une autre dimension de cette concurrence. Africa Diamond Invest devra, pour sa part, traduire son statut réglementaire en capacité d’exécution et en information utile à ses clients. La décision consultée ne détaille pas de grille tarifaire ni de calendrier commercial.
Photo de contexte : quartier des administrations à Lomé, 28 mars 2006. SebEsteban / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Photographie d’archives non retouchée ; elle ne représente pas les locaux d’Africa Diamond Invest.


