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AA/A1 maintenue : Gisèle Gumedzoe/Ouédraogo consolide la puissance de Coris Bank malgré les fragilités du portefeuille

Par patrick tchounjo4 min de lecture
AA/A1 maintenue : Gisèle Gumedzoe/Ouédraogo consolide la puissance de Coris Bank malgré les fragilités du portefeuille

À la tête de Coris Bank International Burkina Faso, Gisèle Gumedzoe/Ouédraogo pilote aujourd’hui l’une des franchises bancaires les plus puissantes du pays dans un environnement économique et sécuritaire toujours exigeant. Le maintien par Bloomfield Investment Corporation des notes AA à long terme et A1 à court terme, avec perspective stable, vient confirmer la solidité du modèle. Mais derrière la notation, les chiffres révèlent une autre réalité : celle d’une banque qui continue de croître fortement tout en devant contenir plusieurs fragilités de portefeuille.

Pour la période allant de juin 2026 à mai 2027, Coris Bank International Burkina Faso conserve une notation AA à long terme et A1 à court terme, assortie d’une perspective stable. Dans l’échelle de Bloomfield, le niveau AA traduit une qualité de crédit jugée très élevée, tandis que A1 indique une capacité très forte à honorer les engagements à court terme.

Pour Gisèle Gumedzoe/Ouédraogo, Directrice générale de la banque, cette confirmation intervient au moment où Coris Bank Burkina Faso franchit un nouveau seuil de taille.

Près de 3 000 milliards FCFA de bilan

Le total bilan est passé de 2 682,8 milliards FCFA en 2024 à 2 997,8 milliards FCFA en 2025, soit une progression de près de 12 %. À quelques milliards du seuil symbolique des 3 000 milliards FCFA, la banque renforce ainsi son poids dans le système financier burkinabè.

La dynamique commerciale est également visible dans les ressources collectées. Les dettes envers la clientèle ont progressé de 1 754,5 milliards à 2 015,3 milliards FCFA, soit plus de 260 milliards FCFA supplémentaires en un an.

Parallèlement, les crédits à la clientèle sont passés de 1 258,9 milliards à 1 327 milliards FCFA. Les créances interbancaires ont plus que doublé, atteignant 270,4 milliards FCFA, tandis que les obligations, effets publics et assimilés ont progressé à 1 070,4 milliards FCFA.

Cette structure confirme la capacité de Coris Bank à mobiliser des ressources et à les déployer entre financement de l’économie, placements et gestion de liquidité.

La rentabilité accélère plus vite que le bilan

Le signal le plus fort de l’exercice 2025 vient toutefois des résultats.

Le produit net bancaire atteint 139 milliards FCFA, contre 133,7 milliards un an plus tôt. Mais surtout, le résultat d’exploitation bondit de 47,8 milliards à 72 milliards FCFA, soit une progression de 50,7 %.

Le résultat net suit la même trajectoire : 65,5 milliards FCFA en 2025 contre 47,9 milliards en 2024, soit une hausse de 36,6 %.

Sous la direction de Gisèle Gumedzoe/Ouédraogo, l’enjeu ne réside donc plus seulement dans la croissance des volumes. Il consiste également à transformer davantage cette croissance en rentabilité.

Une gouvernance et une stratégie qui soutiennent la notation

Bloomfield met en avant plusieurs facteurs favorables : le renforcement du positionnement de la banque, l’évolution de son cadre de gouvernance, la modernisation de son organisation ainsi que la mise à jour du dispositif de contrôle interne.

L’agence souligne également la mise en œuvre du plan stratégique « Agilité et Innovation 2023-2025 ».

Ce point est essentiel. Dans un marché bancaire en mutation, le leadership ne dépend plus uniquement de la taille du bilan. Il repose aussi sur la capacité à améliorer les processus, renforcer les contrôles, accélérer l’innovation et maintenir la qualité de l’exécution.

C’est précisément sur ce terrain que Gisèle Gumedzoe/Ouédraogo devra désormais prolonger la dynamique.

Des fragilités que la croissance ne doit pas masquer

La notation reste toutefois accompagnée de points de vigilance.

Bloomfield relève notamment une hausse de la concentration des 50 plus gros engagements. Cette concentration augmente mécaniquement l’exposition de la banque à un nombre limité de contreparties.

L’encours des créances en souffrance demeure également important, malgré les recouvrements et la reprise des activités de certains clients.

À cela s’ajoute le contexte politique et sécuritaire du Burkina Faso, qui continue d’influencer les conditions d’activité, le risque de crédit et les perspectives économiques.

Autrement dit, la force du bilan ne supprime pas le risque : elle augmente aussi la nécessité de mieux le piloter.

Le vrai défi de Gisèle Gumedzoe/Ouédraogo

La prochaine réévaluation globale de la notation est programmée au 31 mai 2027.

D’ici là, le défi de Gisèle Gumedzoe/Ouédraogo sera clair : préserver la croissance, maintenir une forte rentabilité et réduire progressivement les fragilités de portefeuille.

Avec près de 3 000 milliards FCFA d’actifs, plus de 2 000 milliards FCFA de ressources clientèle et 65,5 milliards FCFA de bénéfice net, Coris Bank International Burkina Faso dispose déjà d’une puissance financière considérable.

La prochaine étape sera plus exigeante : faire en sorte que cette puissance reste compatible avec une qualité de crédit élevée, une gouvernance robuste et une capacité durable à financer l’économie burkinabè.

Patrick Tchounjo

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