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BDEAC–BADEA : 19,7 milliards FCFA pour les PME de la CEMAC, Dieudonné Evou Mekou face au défi du financement de l’économie réelle

Par La rédaction5 min de lecture
BDEAC–BADEA : 19,7 milliards FCFA pour les PME de la CEMAC, Dieudonné Evou Mekou face au défi du financement de l’économie réelle

La Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) et la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) ont signé, le 13 octobre 2026 à Bangkok, un accord de prêt de 30 millions d’euros, soit environ 19,7 milliards de FCFA. Destinée à soutenir les entreprises privées, particulièrement les PME des six pays de la CEMAC, cette nouvelle facilité renforce les moyens d’intervention de la banque régionale. Pour son président, Dieudonné Evou Mekou, le véritable enjeu consiste désormais à convertir ces ressources en financements productifs.

Le financement des petites et moyennes entreprises demeure l’un des principaux points de fragilité de l’économie d’Afrique centrale. Dans une région où la diversification économique dépend largement de l’émergence d’entreprises capables d’investir, d’embaucher et d’accéder à de nouveaux marchés, la disponibilité de ressources financières adaptées constitue une condition essentielle de développement.

C’est dans ce contexte que la BDEAC vient de consolider son partenariat avec la BADEA. L’accord signé le 13 octobre à Bangkok par Dieudonné Evou Mekou, président de la BDEAC, et Abdullah Almusabeeh, président de la BADEA, porte sur une ligne de crédit de 30 millions d’euros destinée aux activités du secteur privé dans les six États membres de la CEMAC : Cameroun, Congo, Gabon, Tchad, République centrafricaine et Guinée équatoriale.

Cette opération élargit les capacités potentielles de financement de la banque régionale. Elle pose également une question déterminante : comment s’assurer que les ressources mobilisées atteignent effectivement les entreprises qui en ont le plus besoin ?

Une nouvelle capacité d’intervention pour la BDEAC

Avec cette facilité de près de 20 milliards de FCFA, la BDEAC dispose d’un nouvel instrument pour renforcer son accompagnement des initiatives privées.

L’opération s’inscrit dans le plan stratégique Azobé 2023-2027, qui structure les orientations de l’institution. Pour Dieudonné Evou Mekou, elle participe d’une stratégie plus large de mobilisation de financements extérieurs, d’appui à l’investissement et de renforcement de l’intégration économique régionale.

Le choix de la BADEA présente un intérêt particulier. Institution multilatérale soutenue par des États arabes et spécialisée dans le financement du développement en Afrique subsaharienne, elle permet à la BDEAC de diversifier ses partenariats financiers.

Cette diversification constitue un levier de gestion important pour une banque de développement. Elle peut réduire la dépendance à certaines catégories de ressources, améliorer la capacité de mobilisation de capitaux et renforcer les possibilités de cofinancement.

Il convient néanmoins de distinguer la signature d’une convention de crédit de la mise à disposition effective des fonds. Les modalités précises de décaissement, les conditions financières et la répartition envisagée entre les pays n’ont pas été détaillées dans le communiqué public.

Le financement des PME, principal test de l’opération

L’intérêt économique de cette enveloppe dépendra moins de son montant nominal que de sa capacité à répondre à des besoins d’investissement clairement identifiés.

Les PME d’Afrique centrale font face à plusieurs contraintes structurelles : insuffisance de fonds propres, exigences de garanties, difficultés de présentation de projets bancables et accès limité aux financements de moyen et long terme.

Ces obstacles compliquent l’acquisition d’équipements, la modernisation industrielle, le développement de capacités de transformation et l’expansion régionale.

La nouvelle facilité peut contribuer à réduire certaines de ces contraintes, à condition que les produits financiers proposés correspondent à la structure économique des bénéficiaires.

Le recours éventuel à des intermédiaires financiers, la sélection des projets, les maturités de crédit et les exigences de garanties seront donc déterminants. À ce stade, aucun dispositif précis de distribution de cette enveloppe aux entreprises n’a été rendu public.

Le défi est également géographique. Dans une région où les capacités entrepreneuriales, les infrastructures financières et les niveaux de développement varient fortement d’un pays à l’autre, l’allocation des ressources devra concilier viabilité économique et objectifs d’intégration.

Pour Dieudonné Evou Mekou, la question de l’efficacité du capital

La signature de Bangkok s’ajoute aux initiatives conduites par la BDEAC pour élargir ses possibilités de financement.

En septembre 2026, Moody’s a maintenu la notation de crédit en devises étrangères de l’institution à Ba3, avec perspective stable. Cette évaluation reflète l’importance de la qualité de crédit dans la stratégie de mobilisation de financements de la banque, même si cette note demeure en catégorie spéculative.

Pour la direction de l’établissement, l’équation est double : mobiliser davantage de ressources tout en maintenant une discipline financière compatible avec la nature de ses engagements.

Un financement du développement efficace ne peut en effet se mesurer uniquement au volume des conventions signées. Il doit également être apprécié à travers les taux de décaissement, la qualité des portefeuilles financés, la capacité de remboursement des bénéficiaires et les retombées économiques des investissements.

Dans cette perspective, les 19,7 milliards de FCFA constituent une capacité supplémentaire plutôt qu’un résultat économique déjà acquis.

Une opération dont l’impact reste à construire

Pour les six économies de la CEMAC, l’accord entre la BADEA et la BDEAC représente une possibilité de financement additionnel dans un environnement où les besoins des entreprises demeurent considérables.

Son succès dépendra désormais de la transformation de cette ligne de crédit en investissements identifiables, suffisamment solides pour créer de l’activité, développer les capacités productives et soutenir l’emploi.

Sous la présidence de Dieudonné Evou Mekou, la BDEAC poursuit ainsi un objectif qui dépasse la seule mobilisation des ressources : démontrer qu’une institution régionale peut jouer un rôle mesurable dans le financement du secteur privé.

La signature est acquise. L’évaluation économique commencera avec les premiers financements effectivement engagés.

Nathanaël M

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