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Fintech

Cameroun : Madica investit jusqu’à 200 000 dollars dans PaySika, un premier pari qui replace l’écosystème local sur la carte du capital-risque africain

Par patrick tchounjo3 min de lecture
Cameroun : Madica investit jusqu’à 200 000 dollars dans PaySika, un premier pari qui replace l’écosystème local sur la carte du capital-risque africain

Le Cameroun entre pour la première fois dans le portefeuille de Madica. Le programme d’investissement spécialisé dans le pré-seed africain a sélectionné PaySika, fintech camerounaise cofondée par Roger Nengwe et Stezen Bisselou, parmi cinq nouvelles entreprises financées en Afrique. Chaque startup pourra recevoir jusqu’à 200 000 dollars, soit environ 110 millions FCFA, et intégrer un programme d’accompagnement de 18 mois.

L’opération est moins importante par sa taille que par ce qu’elle révèle : un investisseur institutionnel spécialisé dans l’amorçage accepte de regarder au-delà des principaux pôles africains du capital-risque pour prendre position sur une entreprise camerounaise.

PaySika, un investissement qui dépasse le seul marché camerounais

PaySika développe une néobanque numérique destinée aux particuliers et aux PME. Son offre comprend notamment des cartes de paiement physiques et virtuelles permettant d’effectuer des transactions internationales. Mais son marché cible dépasse le Cameroun : la société ambitionne de servir plus largement l’Afrique centrale.

C’est précisément cette dimension régionale qui donne une portée particulière à l’investissement. Pour une fintech camerounaise, l’équation consiste à utiliser son marché domestique comme point de départ tout en construisant un modèle capable de fonctionner dans plusieurs économies de la sous-région.

À ce stade, les quelque 110 millions FCFA potentiellement mobilisables restent néanmoins du capital d’amorçage. Ils doivent principalement permettre de consolider le produit, l’organisation et la capacité de l’entreprise à préparer les étapes suivantes de financement.

Madica fait son premier pari au Cameroun

L’entrée de PaySika marque le premier investissement de Madica au Cameroun, simultanément à sa première opération en Algérie avec Talenteo. Le programme finance également ChipMango au Nigeria ainsi que Delta Oil et Bekia en Égypte. Ces entreprises interviennent dans la fintech, les ressources humaines, les semi-conducteurs et l’économie circulaire.

Lancé en 2022 et affilié à Flourish Ventures, Madica se positionne précisément sur des marchés et des fondateurs disposant d’un accès plus limité au capital institutionnel. Son portefeuille compte désormais des entreprises réparties dans plusieurs économies africaines.

Pour le Cameroun, le vrai enjeu commence après les 200 000 dollars

Le financement de PaySika ne signifie pas que le déficit de capital-risque camerounais est résolu. Il constitue plutôt un test de bancabilité pour l’écosystème technologique local.

Madica ajoute d’ailleurs au financement un accompagnement de 18 mois, comprenant mentorat opérationnel, coaching des dirigeants, immersions et accès à son réseau international d’investisseurs.

Pour PaySika, la question sera donc rapidement celle du passage du pré-seed à une nouvelle échelle : acquisition de clients, développement régional, solidité du modèle économique et capacité à attirer des financements supplémentaires.

Pour le Cameroun, l’enjeu est plus large. Si davantage de startups locales parviennent à convertir des premiers tickets internationaux en entreprises capables de lever des tours ultérieurs, le pays pourrait progressivement renforcer sa place dans les circuits africains du capital-risque. Le ticket de Madica est encore modeste ; le signal envoyé au marché, lui, mérite d’être observé.

Patrick Tchounjo

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