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Finance de développement

FONGIP et Banque Outarde mettent jusqu’à 500 millions FCFA de garantie derrière le financement des entreprises

Par patrick tchounjo3 min de lecture
FONGIP et Banque Outarde mettent jusqu’à 500 millions FCFA de garantie derrière le financement des entreprises

Au Sénégal, le débat sur le financement des entreprises ne se limite pas au volume de liquidités disponible dans les banques. Pour nombre de PME et PMI, le verrou se situe aussi dans leur capacité à présenter des garanties suffisantes pour transformer un projet d’investissement en crédit bancaire. C’est précisément sur ce point que le FONGIP et Banque Outarde viennent renforcer leur coopération.

L’accord-cadre signé par Ndèye Fatou Mbodj Diattara, Administrateur général du Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP), et Adama Diouf, Directrice générale de Banque Outarde, prévoit une garantie pouvant atteindre 500 millions FCFA par bénéficiaire, tous engagements couverts par le FONGIP confondus. Les financements concernés pourront s’étendre de 12 à 60 mois, selon les informations communiquées sur l’accord.

500 millions FCFA : la garantie comme levier de crédit

Le mécanisme ne constitue pas un financement direct de 500 millions FCFA accordé automatiquement aux entreprises. Son intérêt économique réside dans le partage du risque entre la banque et le dispositif public de garantie.

En couvrant une partie du risque attaché aux financements éligibles, le FONGIP peut contribuer à réduire l’un des principaux obstacles rencontrés par certaines entreprises : l’insuffisance de garanties acceptables par le prêteur.

Le dispositif cible les PME, PMI mais également les grandes entreprises établies au Sénégal, sous réserve du respect des conditions d’éligibilité. La durée maximale de 60 mois permet par ailleurs d’aller au-delà du seul financement de trésorerie pour couvrir potentiellement des besoins d’investissement à moyen terme.

Banque Outarde renforce son positionnement sur les entreprises

Le choix du partenaire bancaire est cohérent avec le positionnement de Banque Outarde. L’établissement se présente comme une banque sénégalaise principalement tournée vers les entreprises et les entrepreneurs, notamment dans le commerce, l’énergie et l’agro-industrie. Il dispose d’un capital annoncé à 18,7 milliards FCFA et compte parmi ses actionnaires institutionnels la BOAD et l’IPRES.

Banque Outarde figure par ailleurs sur la liste des établissements de crédit opérant au Sénégal.

Pour la banque, le partenariat avec le FONGIP peut donc élargir la population d’entreprises finançables sans faire disparaître les exigences classiques d’analyse du risque de crédit.

Le véritable test sera dans les décaissements

L’enjeu dépasse la signature de l’accord. Un mécanisme de garantie ne produit un effet économique que s’il se traduit par des crédits effectivement accordés, des investissements réalisés et, à terme, une amélioration de la capacité productive des entreprises bénéficiaires.

Le FONGIP multiplie d’ailleurs les discussions avec les acteurs financiers autour du financement du secteur privé. L’institution a récemment engagé des échanges avec la SFI sur de nouveaux mécanismes d’accompagnement des PME sénégalaises à potentiel.

Avec Banque Outarde, la question sera donc mesurable : combien d’entreprises accéderont effectivement au crédit, pour quels montants et avec quel effet sur l’investissement ? C’est à cette étape que la garantie publique passera du statut d’instrument financier à celui de levier économique.

Patrick Tchounjo

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