Georges Nabi renforce BOA-Mali : bénéfice en hausse de 21,4 %, dépôts en forte progression, crédit sous contrôle
Dans un Mali confronté à une combinaison difficile de pressions sécuritaires, énergétiques et économiques, la solidité bancaire se mesure moins à la croissance brute qu’à la capacité de préserver ses fondamentaux. Sous la direction de Georges Nabi, Bank of Africa Mali vient de confirmer cette résilience. Bloomfield Investment Corporation a maintenu les notes A- à long terme et A1 à court terme, assorties d’une perspective stable, pour la période allant de juin 2026 à mai 2027.
La décision traduit une appréciation favorable de la qualité de crédit de l’établissement. À long terme, Bloomfield considère celle-ci comme élevée. À court terme, la capacité de la banque à honorer ses engagements est jugée très élevée, notamment grâce à une position de liquidité considérée comme excellente.
Une rentabilité qui progresse malgré les contraintes
Les comptes 2025 donnent du relief à cette appréciation. Le total bilan de BOA-Mali est passé de 541,5 à 593,5 milliards de FCFA, soit une progression de près de 10 %. Le produit net bancaire s’est également renforcé, passant de 36,2 à 38 milliards de FCFA.
Mais le signal le plus significatif vient du résultat net. Celui-ci atteint 11,08 milliards de FCFA, contre 9,12 milliards en 2024, soit une hausse de 21,4 %.
Pour Georges Nabi, cette progression traduit surtout une capacité à maintenir la rentabilité dans un environnement où le risque opérationnel, le coût de l’énergie et les incertitudes macroéconomiques pèsent directement sur les banques.
Les dépôts bondissent, le crédit recule
Autre élément majeur : la progression spectaculaire des ressources clientèle. Les dépôts ont atteint 502,9 milliards de FCFA en 2025, contre 420,3 milliards un an plus tôt.
Cette hausse de plus de 82 milliards de FCFA suggère une amélioration de la capacité de collecte de la banque et, surtout, une confiance renforcée de sa clientèle. Bloomfield relie cette évolution aux actions commerciales mises en œuvre dans le cadre de la stratégie de BOA-Mali.
En revanche, les crédits accordés à la clientèle ont diminué. Les créances clientèle sont passées de 276,2 à 253,6 milliards de FCFA.
Ce recul peut apparaître paradoxal dans une banque dont les dépôts progressent fortement. Il traduit surtout une politique plus prudente dans l’allocation du risque. Dans un environnement économique fragile, Georges Nabi semble privilégier la qualité du portefeuille et la protection du bilan plutôt qu’une expansion agressive du crédit.
La prudence comme stratégie
Bloomfield ne masque cependant pas les fragilités. L’agence souligne notamment une dégradation du coefficient net d’exploitation, liée à la hausse des dotations aux amortissements, ainsi que les difficultés plus larges du secteur bancaire malien dans un contexte marqué par les crises sécuritaire et énergétique.
Mais plusieurs indicateurs jouent en faveur de BOA-Mali : réduction du coût du risque grâce aux efforts de recouvrement, liquidité significative, rentabilité maintenue et environnement monétaire devenu légèrement plus favorable avec l’allègement des taux directeurs de la Banque centrale.
La lecture stratégique est claire. Georges Nabi ne cherche pas seulement à faire croître BOA-Mali. Il cherche à la rendre plus résistante.
Dans le contexte malien actuel, conserver une notation A-/A1 avec perspective stable, tout en améliorant le résultat net et en renforçant fortement les dépôts, constitue déjà une performance de gouvernance.
La prochaine étape sera plus exigeante : transformer cette solidité en capacité de financement sans détériorer la qualité des actifs.
C’est là que se jouera la véritable mesure du leadership de Georges Nabi.
Patrick Tchounjo
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