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GIC Rating : Pr Viviane Ondoua Biwole entre au cœur de la nouvelle bataille de la souveraineté financière en CEMAC

L’arrivée de Pr Viviane Ondoua Biwole comme administratrice indépendante de GIC Rating dépasse la simple nomination. Elle intervient au moment où l’Afrique centrale tente de résoudre l’une des faiblesses structurelles de son marché financier : mieux mesurer le risque pour mieux orienter le capital.

Selon les éléments communiqués, GIC Rating a obtenu le 7 août 2026 l’agrément de la COSUMAF, après une procédure engagée en 2025. Encore en phase d’agrément en juillet, l’agence préparait déjà un Comité de notation des dettes souveraines couvrant les six États de la CEMAC.

L’enjeu est considérable. Au 12 juin 2026, la BVMAC affichait 1 398 milliards FCFA d’encours obligataire, pour une capitalisation globale d’environ 1 703 milliards FCFA. Les émissions souveraines occupent une place majeure dans cet écosystème : le seul emprunt gabonais introduit en mai représentait 106,5 milliards FCFA. Mais aucune transaction n’avait été enregistrée lors de sa première séance de cotation, illustration d’un marché qui progresse en taille mais reste confronté au défi de la liquidité.

C’est ici qu’une agence régionale peut devenir stratégique. Une notation crédible permet de différencier davantage les risques entre États, banques et entreprises, d’améliorer la transparence des émetteurs et, à terme, de faciliter une tarification plus fine du crédit. Elle pourrait surtout offrir aux PME et aux entreprises régionales une passerelle vers le marché obligataire, aujourd’hui largement dominé par les souverains et les grands institutionnels.

Viviane Ondoua Biwole, un choix de gouvernance

La nomination de Viviane Ondoua Biwole prend alors une autre dimension. Professeure titulaire à l’Université de Yaoundé II et spécialiste de la gouvernance, elle dirige depuis 2024 le Programme de formation en Gestion de la politique économique. Elle siège également comme administratrice indépendante dans l’univers BGFI.

Son principal capital chez GIC Rating sera moins académique que réputationnel. Car la véritable bataille de la nouvelle agence ne sera pas d’attribuer des notes, mais de convaincre investisseurs et émetteurs que celles-ci sont indépendantes.

Le risque est évident : une agence régionale trop conciliante avec les souverains ou dépendante économiquement des entités qu’elle évalue perdrait rapidement sa valeur. L’indépendance des comités, la robustesse des méthodologies, la gestion des conflits d’intérêts et la transparence seront donc déterminantes.

GIC Rating peut devenir une pièce importante de l’architecture financière de la CEMAC. Mais la souveraineté financière évoquée par Viviane Ondoua Biwole ne se décrète pas. Elle se construit par une institution capable de dire le risque avec la même rigueur lorsque la note est favorable que lorsqu’elle dérange.

Patrick Tchounjo

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