Missa Adjé propulse Baobab Burkina à 1,45 milliard FCFA de bénéfice net, en hausse de 48,4 % en 2025
Il y a des exercices qui valident une stratégie. 2025 ressemble à l’un d’eux pour Baobab Burkina Faso. Près de dix ans après l’ouverture de ses premiers guichets dans le pays, l’institution de microfinance affiche une accélération simultanée de son portefeuille de crédits, de sa collecte de dépôts et de sa rentabilité. Au centre de cette trajectoire : Missa Adjé, Directeur Général de Baobab Burkina Faso depuis octobre 2020, chargé du développement du réseau, du portefeuille, des ressources humaines et de la viabilité financière de l’institution.
Le chiffre qui résume le mieux cette dynamique est sans doute celui du résultat net : 1,45 milliard de FCFA en 2025, contre 977,38 millions un an auparavant, soit une progression de 48,4 %. Mais réduire la performance à ce bénéfice serait passer à côté de l’essentiel. Sous Missa Adjé, Baobab Burkina semble surtout réussir à faire croître son activité sans laisser exploser son risque de crédit.
59,17 milliards FCFA de crédits : le portefeuille accélère
À fin 2025, le portefeuille net de prêts atteint 59,17 milliards FCFA, contre 45,4 milliards en 2024. La progression est de 30,3 % en un an.
Ce rythme traduit une capacité renforcée à financer les particuliers, micro-entrepreneurs et petites entreprises qui constituent le cœur de clientèle de Baobab Burkina. Avec un prêt moyen légèrement supérieur à 1,13 million FCFA, l’institution demeure clairement positionnée sur les segments de financement encore insuffisamment servis par la banque classique.
C’est précisément là que se joue une partie du mandat de Missa Adjé : grandir sans perdre l’ADN de l’inclusion financière.
Depuis son arrivée à la direction générale en octobre 2020, son périmètre couvre autant l’expansion commerciale que la soutenabilité financière du modèle. Les chiffres de 2025 montrent que ces deux dimensions avancent aujourd’hui ensemble.
Les dépôts progressent encore plus vite que les crédits
L’autre indicateur particulièrement significatif se trouve du côté des ressources.
Les dépôts de la clientèle bondissent de 46,1 %, passant de 22,6 milliards FCFA en 2024 à 33,02 milliards FCFA en 2025. Dans le même temps, les emprunts augmentent de 25,4 %, à 21,31 milliards FCFA.
Cette croissance de la collecte est stratégique. Pour une institution financière, attirer davantage d’épargne signifie renforcer sa capacité à financer son portefeuille tout en diversifiant ses ressources.
À fin 2025, le bilan de Baobab Burkina atteint ainsi 66,25 milliards FCFA, ce qui placerait l’institution au deuxième rang des structures de microfinance du pays en termes de taille de bilan, selon les données communiquées.
Les capitaux propres progressent également, à 7,24 milliards FCFA, contre 6,6 milliards un an plus tôt.
Missa Adjé convertit la croissance en rentabilité
La performance devient plus intéressante encore lorsqu’on observe les revenus.
La marge nette d’intérêts passe de 6,63 milliards à 8,85 milliards FCFA, soit une hausse de 33,5 %. Le résultat d’exploitation progresse quant à lui de près de 64 %, de 1,18 milliard à 1,93 milliard FCFA.
Le bénéfice net de 1,45 milliard FCFA est donc moins le résultat d’un événement exceptionnel que la conséquence d’une amélioration plus large de l’activité opérationnelle.
Rapporté aux 7,24 milliards FCFA de capitaux propres de fin d’exercice, ce résultat représente environ 20 % des fonds propres, un indicateur qui donne une idée de la capacité actuelle de l’institution à générer du résultat sur sa base de capital.
Et cette progression intervient malgré une hausse de la fiscalité : les impôts sur les bénéfices atteignent 590,36 millions FCFA, contre 393,58 millions en 2024.
Le vrai signal : un risque à 30 jours contenu à 1 %
La croissance rapide d’un portefeuille de crédit peut devenir dangereuse si elle s’accompagne d’une dégradation de la qualité des remboursements.
Or Baobab Burkina affiche un portefeuille à risque à 30 jours de 1 %.
C’est probablement l’un des chiffres les plus importants du millésime 2025. Il suggère que l’augmentation de 30,3 % des prêts ne s’est pas, à ce stade, traduite par une détérioration massive de la qualité du portefeuille.
Pour Missa Adjé, le prochain enjeu sera précisément de préserver cette discipline à mesure que l’institution prend de la taille.
Près de 60 000 clients : le changement d’échelle devient visible
Baobab Burkina revendique désormais 59 957 clients actifs, 372 collaborateurs, 15 agences et 80 points correspondants.
Depuis la première implantation à Ouagadougou en 2016, le réseau s’est progressivement étendu vers Bobo-Dioulasso, Koudougou, Koupéla ou encore Banfora.
Cette couverture traduit une stratégie qui combine agences physiques et relais de proximité. Elle constitue également une base pour la prochaine étape : élargir davantage la clientèle sans alourdir excessivement les coûts de distribution.
Sous Missa Adjé, Baobab Burkina n’est donc plus seulement dans une logique de croissance. L’institution entre dans une phase où elle doit démontrer qu’elle peut conjuguer volume, rentabilité, proximité et maîtrise du risque.
Avec un bénéfice en hausse de 48,4 %, des dépôts en progression de 46,1 % et près de 60 000 clients actifs, le cap franchi en 2025 est réel.
Le défi de 2026 sera plus exigeant : transformer cette accélération en leadership durable de l’inclusion financière au Burkina Faso.
Patrick Tchounjo
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